CHAPITRE II
psrr la fidélilç, par l'altachement que lu me
portes !
• — Eh bien ! vous serez contente," je ne dirai
que ce que vous voulez qui soit dit.
— Puis, tu ramèneras au château par la petite porte du parc; tu l'introduiras dans le pavillon de l'ancienne chapelle. . . on mettra les chambres de ce pavillon à sa disposition. Je donnerai des
. ordres en conséquence. Demain , tout sera fini ; demain , il sera à l'abri dès perquisitions, car qui ^'aviserait d'en faire dans ce château ? Si les soldats s'y présentaient avec celle intention , eh bien! on leur fermerait les portes... on résisterait! ce serait moins difficile, crois-moi , d'appeler mes domestiques, mes vassaux, de leur crier : Aux armes! défendez-le! que de le dire ce que , déjà , je l'ai dit : Va le chercher et amène-le ici!
Et en effet, cette parole avait brisé ses forces. Elle laissa retomber sa tête sur ses oreillers, ferma les yeux, et son visage, un instant animé par Texaltalion de son âme , devint pâle comme auparavant.
Doloride s'empressa auprès de la maréchale, elle versa dans un verre quelques {jouîtes d'une potion calmante et la présenta à sa maîtresse. I H
Puis , voyant que madame de Saint-André avait besoin de repos , la fidèle camériste sortit de Talcôve sur la pointe des pieds, laissa retomber les épais rideaux, et se plaça sur un fauteuil , Toreille appliquée à la mobile et flottante cloison qui la séparait de sa maîtresse.
Le silence régna de nouveau dans la chambre ; le vent seul murmurait aux fenêtres , et de temps en temps un gémissement étouffé, un nom prononcé faiblement , annonçaient que là ^ derrière ces riches draperies, la passion et Iji douleur s'agitaient dans une longue insomnie. •
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Le lendemain , le pajje se leva de grand malin : ayant encore à cœur la mésaventure de la veille, il voulait se prouver à lui-même que son faucon était bien dressé. Pour le faire chasser plus librement, il franchit Tenceinte du parc, et s'avança à grands pas dans la plaine. C'était |)ar inie fraîche et joyeuse matinée, une de ces matinées qui étonnent par leur éclat, par leur suavité, et tranchent d'une manière toute délicieuse sur ces jours de pluie et de vent dont s'attriste Tautomne. Alors la nature se ranime comme une pauvre jeune fille attaquée
d'une maladie de poitrine : hier elle rfdait Tagonie; elle prend aujourd'hui sa plus belle parure, réunit ses derniers atours, et voyant son ciel si bleu , son soleil si chaud , ses arbres encore si feuillus; en entendant chanter les oiseaux dans les haies, consme la jeune malade qui veut rassurer ses compagnes et sa mère , elle semble dire : Pourquoi pleurez-vous quand je souris? Le page marchait toujours, ayant à sa gauche la rivière qui fuit sous les saules , à travers les prés , et qui brille comme un joli miroir dans son encadrement de glaïeuls, de roseaux, de nénuphars : c'est TEure, âme de cette gracieuse vallée si profondément creusée entre les falaises qui la côtoient , qu'on dirait quelquefois un ravin frayé par un grand fleuve que le temps aurait réduit à un simple filet d'eau. Et, comme pour utiliser cet espace resserré, les peupliers, les saules , les aunes , les frênes s'y pressent , s'y mêlent, s'y élancent à l'envi , ainsi que les chênes d'une haute futaie. De temps en temps une jolie clairière , avec ses beaux lapis de prés, laisse voir, là, le moulin et l'écluse où Teau bouillonne et blanchit; ici, le colombier de la ferme dont la pointe supporte le pigeon en terre de Fermincourt; plus loin , le pont de pierre à