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La maréchale de Villars et son temps

Ce n'est pas seulement en ce monde que vous attirez rattention. On s'occupe aussi de vous, par anticipation, en Tautre monde, où M"^ de Chantai et de Miramion ne tarissent pas, dit*on, sur votre compte; et voilà ce qui vous vaut aujourd'hui une visite de revenant.

Ce revenant, c'estla maréchale de ViUars, dont la curiosité a été provoquée par les

propos des morts, et qui, hal)ituée jadis de votre bel hôtel, revient, en esprit familier, promener son ombre légère à la rue de Varennes pour tâcher de vous connaître au passage, et pour se faire connaître elle* même, à la dérobée. Cest là que je Tai rencontrée, à la brune, au sortir de chez vous, et que la belle dame, qui fit toiu^ner tant de tètes et sut si bien garder la sienne , m'a intéressé à son destin, en m'inspirant la pensée d'ébaucher son histoire et de vous en o£Brir Thommage.

Elle lut YoUe voisine pendant plus de quarante années, et, de sa demeure seigneuriale, jadis habitée par rbonnète M*"^ de Navailles, elle put voir, à travers les vastes jardins qui l'entouraient alors, un habile architecte constiuire votie hôtel, et, à l'honneur de son génie, élever cet admirable monument de Tart de se loger à Paris au xviii^ siècle, chef-d'œuvre d'architecture privée , dont la conservation ainsi que la décoration, honore aujourd hui votre goût.

 peine achevé pour le prince de Tingri ,

rédilice de Cortone passa, peut-être à l'iustigation de la maréchale, entre les mains d un jeune et brillant ollicier, Jean-François- Léonor de Matignon, d'une grande famille d'épée, qui comptait deux maréchaux de France, et qui avait recueilli Théritage avec rbéritière des Grimaldi , par où le nom et la principauté de Monaco sont entrés dans la vieille race des Matignon, qui les porte et possède encore aujourd'hui.

Le comte de Matignon fut Tun des lieutenants les plus attachés & Villars, sous lequel.il avait servi avec distinction, en Flandre et siu* le Rhin. 11 était à coté du maréchal à Denain, à Douai, au Quesnoi, à iioucbain, à Landau, à Fribourg; et quand, à la paix, il rentra dans ses foyers, il resta lun des fidèles du vieux guerrier et des allidés de son hôtel. Lors donc qu'après son mariage avec l'héritière de Monaco, il put offrir une splendide hospitalité à la société parisienne, la maréchale de ViUars fut un

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