‹ La maréchale de Villars et son tempsChapitre 18 sur 91 · L'ÉLECTEUR DE BAVIERE · texte numérisé non relu

L'ÉLECTEUR DE BAVIERE

En outre, une grave mésintelligence ne larda pas à ëdater entre Viilars et rËlecteur, au sujet de la direction de la guerre; Viilars voulant s'avancer rapidement sur Lintz et sur Vienne, rÉlecleur voulant se borner h chicaner le terrain, sans mouvements extraordinaires, eflrayé des projels de Viilars qui dépassaient la mesure où désirait se maintenir la maison de Bavière à l'égard de la maison d'Autriche. Cette dissidence était bien connue à Versailles; mais on y soutenait mollement les hautes visées de Viilars, de peur douvrir le jour à rupture avec la Bavière, par une trop forte pression exercée sur cet allié douteux. Le public, ignorant ces secrètes dispositions des esprits, et témoin des hésitations dune armée en campagne, qui courait risque d'être prise entre deux feux, accusait encore de cette inaction le jaloux maréchal , irrité, disait-on, du refus opposé au voyage de la maréchale en Bavière.

53 L^BLBGTBUR DB BAVlèRE.

Viliars était désespéré, il écrivait au prince de Coati : uje sais que, sur les terrasses de «Versailles et de Marly, moi pauvre diable, on «me traite d'extravagant, ou par Tamour, ou par a Tavarice, ou par la vanité. J'ai ouï dire qu'il n y u avait que ces trois petits points dans mon pro^ «cès; c*est bien assez pour faire pendre un « homme. »

Ce fut bien pis lorsqu'il fut connu que Ton

prendrait, de nouveau, quartier d'hiver en pleine Allemagne. Le désappointement fut au comble, surtout lorsque le bruit s'accrcdita que la maréchale viendrait de Strasbourg à Ulm et même à Munich. On en tressailHt à Versailles; et, en présence d'une espèce de clameur du parti hostile h Viliars, M. de Ghamillard adressa au maréchal, par ordre du roi, la lettre qu'on va lire, et dont bien peu de monde a en communication alors , quoique le fonds ait transpiré vaguement.

LËTÏBE DE M. DË CUAMILLARD.

0 Je commeDce à croire. Monsieur, que celui « qui a su passer le Rhin , dans le temps qu on « devait moins i' espérer, battre le prince de Bade, «après ravoir forcé d abandonner ses retran« « cbements, rétablir la tranquillité dans la basse <r Alsace , prendre KeU , au mois de février, forcer tt les passages des Montagnes Noires par sa fer- «meté, servant de guide et animant jusqu'aux tt moindres soldats par son exemple , pourra dans a peu faire trembler Vienne. Ne croyez-vous pas « que tous ces prodiges suffisent pour en imposer «aux malveillants? Les gazettes, quoique infi- «dèles, ne vous refuseront pas la justice qui « vous est due, et je ne vois, dans la suite d*une «aussi glorieuse carrière, rien à craindre pour « vous que la timidité des ennemis , qui vous déroftberont, autant quils le pourront, les occasions «brillantes de la guerre, en s*éloignant d*une a armée victorieuse, qui portera partout la ter-

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