‹ La maréchale de Villars et son tempsChapitre 48 sur 91 · LE CHÂTEAU PE VAUX · texte numérisé non relu

LE CHÂTEAU PE VAUX

l'harmonie est du plus heureux effet. Cette

gi illo donne accès dans une prenaière cour de belle proportion, bordée à droite et à gauche par des pavillons et des portiques conduisant • aux communs du château, et guidant les yeux sur le château lui-même dont ils loruient comme deux ailes détachées, i travers lesquelles se déploient des tapis de verdure, des jels d'eau, des ornements du meilleur goût. La seconde cour est bornée par les fossés du château remplis d'une eau vive et abondante, quon traverse sur un pont d*un sfyle noble et élégant.

Une seconde grille de plus bel aspect donne entrée dans cette magnifique cour d*honneur qui mène le voyageur au pied d'un perron assez élevé, distribué en plusieurs repos, et dont la montée fait pénétrer dans le château par une porte de riche architecture, soutenant un fron* ton qui décore le pavillon central du château. Cest une maison royale où vous pénétrez par un vaste vestibule, ouvrant sur une magnifique rotonde surmontée d*un dôme majestueux; on l'appelle la salle des gardes*, elle prend jour sur d'immenses parterres, prolongés jusquà un château d'eau, adossé à une colline qui

iàà LE CHiTBAU DB TAUX.

borne rhorizon de ce côté, et que Ton gravita

par des perrons grandioses autant que gracieux; le tout accompagné de bassins, de pièces d*eau, et jadis peuplé d*un monde de statues ou d objets de curiosité, et encadré dans un parc de cinq à six cents arpents, fermé de murs, comme un jardin.

Le château est un des beaux ouvrages d architecture du XYif siècle. Il est, à l'extérieur, du plus beau stjle et du plus grand goût. La vue en est ravissante, de quelque coté que se place le spectateur. C'est un des plus remarquables monuments de Tart français.

Après qu'il eut épuisé ses fantaisies à Saint- Mandé, pour s'y créer une résidence de luxe auprès du château de Vincennes, Fouquet avait dirigé du côté de Fontainebleau, près d'une autre résidence royale, sa passion pour les constructions monumentales. Le fastueux manoir de Vaux, en son état actuel, ne donne qu*une faible idée de ce quil fut dans sa splendeur primitive. Inspiré par le génie de l'art autant que par celui de la prodigalité, le surintendant rasa trois villages, aplanit des montagnes, et mit à contribution tous les talents pour embei-

LE GHItBAU D£ vaux.

lir sa demeure. Le célèbre ai*chitecte Levau éleva le château, Le Nôtre dessina le parc* les parterres et les jardins, que Puget, Auguier et leurs élèves embeilirent de leurs ouvrages, sans parler des sculptures antiques que la curiosité y vint accumuler. Lebrun couvrit les plafonds et les panneaux de ses peintures, et les Gobelins naissants furent occupés à y étaler leurs plus riches tentures de haute lisse. Dixhuit cents ouvriers travaillèrent pendant plusieurs années à celte construction féerique, dont la merveille était si éblouissante que Fouquet lui-même dut s'appliquer plusieurs fois à en dissimuler leclat accusateur, qui révélait trop ouvertement ses coupables dilapidations ^.

Ce que Fouquet a dépensé à Vaux est difficile à calculer. On ne saurait pourtant Tévaluer à moins de trente millions de notre monnaie actuelle. Le malheureux provoquait aveuglément par ses folies une disgrâce à laquelle tout

^ Voyes Chéruel , Mémoires ior la vie pubUqae et priv^ de Foaqaet, i86a, a vol. în-8*; P. Clément, Histoire de

Colbert, etc.; Grésy, Château de Vaux- le- Vicomte , Melun, 1861, in-8° de 36 pages, extrait des Archives de l'art français, t VI; Mouxaneati de Seine^t-Mame, i845 , in-f^.

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