‹ La maréchale de Villars et son tempsChapitre 51 sur 91 · LB CHÂTEAU DB VAUX · texte numérisé non relu

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droite du château. Le mobilier de Fouquet avait disparu à cette époque. On en peut rétablir la consistance par l'inventaire de la confiscation déposé aux archives de Versailles. Ui^ nombre considérable de statues et d'objets dart ou curiosités du château de Vaux ont décoré plus tard , et décorent encore le parc ou le château de Versailles ^ Mais les plafonds de Lebiiin se peuvent admirer encore aujourd'hui an château de Vaux, dont le propriétaire actuel, M. Som* mier, s'applique à raviver Tancien lustre avec un goût judicieux, et dans la mesure du possible.

A l'extrémité de Taile gauche, dans un cabinet qui a dû être celui de 1h maréchale de Villars, on peut admirer encore, encadrée dans les lambris, une magnifique toile de Jean- Baptiste Vanloo. G*est le portrait de la maréchale. £lle y est représentée de grandeur naturelle et en pied , entourée d*emblèmes et d'attributs mythologiques, entre autres de l'oiseau de Junon. Elle est dans tout Téclat de sa beauté,

* Voyez-en le détiil curieux et généralement ignoré, dans le Bulletin de la Société de l'histoire de Paris et de vile de France, 7* année, mars-avril 1880, p. ài et

suiv. , travail fait sur pièces authentiques.

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une cithare dans les mains, et paraissant vouloir inspirer le goût des arts à un bel adolescent, son fils, debout i eôté d*elle, en costume et attributs d'Apollon. C'est probablement le seul portrait en grand qui existe de la maré* cbale. Son regard est à demi voilé, le&pression est ravissante, et i*on songe involontairement aux jalousies du maréchal, en contemplant ce tableau qui est dun grand effet.

On se demande, en visitant aujourd'hui le château de Vaux, dont les opulents possesseur font les honneurs avec une grâce parfaite, comment s'y pouvaient héberger les nombreuses compagnies que le maréchal et la maréchale de Villars entraînaient après eux, dans cette résidence princière. On se demande surtout comment ont pu se loger les milliers dmvités de toute condition que Fouquct a conviés à la fête célèbre offerte, en 1661, à Louis XIV. Il ne faut pas, à cet égard, juger des habitudes du xvii'' siècle par celles de notre temps, et nous en avons la preuve dans un monument irrécusable. Qui ne connut les Plaisirs de l'Ue enchantée, dont nous devons la description à Molière, et les divertissements que Louis XIV

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oflrit à sa cour à cette occasion, en i66hf Le château de Versailles , où la fête se passa , était loin d'avoir, à cetle époque, les dimensions que lai donna plus taitl le grand roi. Cëtait alors un château ei^igu, dont le dessin et les proportions nous ont été conservés par Israël Silvestre , et la cour était hien plus à son aise à iSaint- Germain , qu'elle ne pouvait Vétte dans le triste château construit par Louis Xill.

Cependant Louis XIV, ayant choisi Versailles pour le théâtre de ces divertissements , qui devaient trouver une place dans l'histoire de son règne, autant par leur magnificence que par le concours des lettres et des arts, y put entasser six à sept cents invités, qui se logèrent comme ils purent, pendant les trois journées de la fête, dans un lieu où cent personnes auraient été fort à f étroit, à tout autre moment. M""" de Sévigiié, renseignée par Bussy, qui était de la partie, mandait à Olivier d*Ormesson que tous les courtisans étaient enragés d*impatience, car le roi ne prenait d*eux aucun souci, et que MM. de Guise, dElbeuf, etc., avaient à peine un trou pour se mettre à couvert. (V. Molière, Hachette, IV, 108.)

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Ainsi durent faire évidemment un grand nombre des invités de Fouquet, qui peut-être n*ëtaient conviés qu*au plaisir de la promenade dans le parc» pour voir jouer les eaux, comme nous allons aujourd'hui nous en donner la récréation à Versailles, à certains jours. D auti'es ont pu prendre ^te dans les hangars des ouvriers , ou dans le village de Maincy, sans compter ceux qui ont trouvé un abri dans les greniers ou dans les communs. Le reste se tirait dafTaire comme il pouvait, fort honoré d avoir reçu seulement une carte d'invitation. La tradition porte que Fouquet avait établi des tentes dans les premières cours, pour recevoir bon nombre de ses hôtes.

Quant aux invités du maréchal, et surtout de la maréchale de Villars , pendant son veuvage » ils n'atteignirent jamais les proportions des invités de Fouquet, ni celles des invitations de 1664, à Versailles. Mais, dans cette limite même, il y a lieu de constater la différence des usages de ce temps, oh Von campait plutôt qu'on ne logeait dans les châteaux; et la différence est bien autre encore si Ton remonte au moyen âge, oix le confortable des temps

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