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modernes était complètement inconnu. La politesse de l'esprit surpassait de- beaucoup, au xvif siècle, la délicatesse matérielle des habitudes et des mœurs.
Les assemblées de Vaux-Villars étaient charmantes. La maréchale y conviait la meilleure et la plus aimable compagnie. Toutes les grandeurs de la France y étaient appelées, celles des lettres autant que celles de la naissance et des charges publiques, et la maréchale, ainsi que le héros son époux, en rendaient les honneurs avec une noblesse exquise , dont jamais la dignité ne compromit l'agrément. Les gens desprit, les délicats, les grands du monde, se partageaient, à vrai dire, entre la cour de Sceaux et les réunions de Vaux-Villars, chacune de ces sociétés ayant des attraits particuliers.
C 0 m m ent le temps se passait-il à Vau x-V i I ! a rs ? Les divertissements y étaient très variés. On y jouait la comédie, et, si la maréchale ny déployait pas la même habileté que la duchesse du Maine k Sceaux, elle avait d'autres grâces, d autres enchantements, dont ses hôtes se montraient fort satisfaits. Avec moins de prétention au bel esprit, et plus de solidité dans
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les exercices de l'intelligence, on trouvait à Vaux le plaisir des grandes réunions, militaires et politiques, et les avantages d'une magnifique hospitalité. Les ministres, les ambassadeurs, briguaient des invitations è Villars. Les princes et princesses de toute r£urope y affluaient, n en était tel bruit à la oour, que le jeune roi lui-même souhaita un jour dy être reçu , et une grande cabale d*envieux s'organisa pour l'empêcher. Les conversations , les lectures , y étaient pleines d'intérêt, et la maréchale répaodait un esprit supérieur et piquant sur toutes les matières en discussion. Il y avait, comine à Sceaux , des naiis blanches , mais avec un caractère particulier, dont Voltaire hii-même nous a laissé un ravissant crayon. A Sceaux, celait le plus souvent un des conviés qui prenait à sa chaige l'emploi de la nuit blanche, à la belle étoile, dans la saison convenable ^ A Vam^, les maîtres du logis, groupant autour d'eux leur assemblée, n'abandonnaient à personne le soin des divertissements, et les inventions de l'esprit ou de la
* Voy. Dangeau, X^^ pn^c 289. «On ne sait point t encore qui a donné la dernière (nuit blanche), ni 1 celui qui doit la donner mercredi, t
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galanterie, stimulées par leur ingénieuse impdi* sion, communiquaient à tous ies invités une active et agréable participation à Tintérêt général de la soirée ou de la nuit^.
' Saint-Simon, toujours malveillant, a beaucoup
parlé des exactions de Villars, dans la guerre d'Allemagne, au mojen desquelles le maréchal aurait acquis la (acuité de fournir à ses dépenses au château de Vaux«- Mais il faut rabattre de ces dénigrements. La fortune de la maréchale était considérable, et les pensions de son époux ne Tétaient pas moins. Toutefois il est certain que Viiiars a dû tirer de gros bénéfices des contributions levées en 1708 et en ijoà^ sdion ies usages du temps, qui se sont, hélas! perpétués jusqu'à nos jours. Les mêmes usages autorisaient Tatlribution au général en chef d*une part des sommes obtenues , et des produits des sauvegardes. VUlars rég^t compte à cet égard avec le roi, et l'on en trouve la preuve dans une lettre à M"" de Maintenon, que je regrette de ne pouvoir rapporter ici. (Voy. la collection de La Beaumdle, t. VII, p. 269.)
Je reviendrai plus tard sur la fortune dea Villars.