LES NUITS BLANCHES DE VILLARS
Da soleil, par yous si ooonu,
Ne savez vous point de nouvelles?
Pourquoi, sur un char tout saagiant,
A-t-il commencé sa carrière?
Pourquoi perd*il, pâle et tremblant.
Et sa grandeur et sa lumière?
Que dira le Boulainvilliers
Sur ce terrible phénomène?
Va-t-il à det peuples entiers
Annoncer leur perte prochaine?
Verrons nous des invasions ,
Des Édits, des guerres sanglantes,
Quelques'nouvelles Actions*
Ou le retranchement des rentes?
Jadis, quand vous étiez pasteur,
On vous eût vu sur la fougère,
A ce changement de couleur
Du dieu brillant qui nous éclaire.
Annoncer à votre bergère
Quelques changements dans son cœur;
Mais, depuis que votre Apollon
Voulut quitter sa bergerie
Pour Euclide et pour Varignon,
Et les rubans de Cdadon
Pour Fastrolabe d*Uranie , *
Vous ne parlez que le jargon
De calcul , de réfraction.
Or daignes un peu, je vous prie.
Si vous voules parier raison.
LES NUITS BLANCUËS DE VILLAAS. 159
Nous rhabiller en poésie;
Car sachez que, dans ce ciinton,
Un trait d'imagination
Vaut cent pages d'astronomie ^ »
* La réponse de Fontenelle ne se fit pas attendre;
iiialgrc ses négligences, elle n'est pas inférieure au feu roulant d'esprit du jeune auteur d Œdipe. Fut-eiie lue en entier par les dames ? Je Tignore. La voici :
Vous dites donc , gens de villl^ ,
Que le soleil à rhorizon
A voit asaei mauvait visage.
Ehl bien, quelque subtil nuage
Vous avoit lait la trabiaon
De défigurer tcn image. *
Il ctoit là comme en prison
D'un air malade, mais je gage
Que le drôle, en son bant étage.
Ne craignoit pas la pâmoison.
Vous n'en saurez pas davantage.
Et void ma péroraison.
Adka : votre jeune saison
A tout antre soin vous engage;
L'ignorance est son apanage.
Avec les plaisirs à foison , •
G<mvenable et doux assemblage*
J*avoarai bien» et j*en enrage,
Qne le savoir et la ration
Ne sont ansn qn*an badînage,
Rbls badînage de grison:
U est des hochets pour tout Age.
Qne, dans son briUânt équipage,
Toujours de maison en maison