LES NUITS BLANCHES DE VILLA
Vmtpk». Phânis déméiu^ s
LaÎMBiJe en paû luie vo]fage»
Babatta-voiu «or le gaaoo.
On gaion, cuapé ■ânvag«,
Des foneis de riiiimam lignage
Ett un poiasant conliepoiion.
Pour en eveir bien ni Tosage,
On chante encore en vîenx langage
Martin et radroite Aliaon.
Ce n*eit pmurtaot pas que je doute
Qa*nn bean joor qoi aem bien noir.
Le panne aolefl ne a'encvoéte
En nona diaant, Meanenn, bonaoir;
Chercbex, dana la oâeate ^te.
Quelque aatre qui voua fane voir.
Pour moi j'en ai fait mon dcToîr,
Et moi-nijême ne vois plus goutte :
Encore un coup, Messieurs, bonsoir;
Et peut-être, en son désespoir,
Osera-t-il rimer eu oute ,
Si quelque déesse n'écoute.
Mais sur notre triste manoir
Combien de maux fera pleuvoir
Cette céleste banqueroute I
On allumera maint bougeoir
Mds qui n'aura pas grand pouvoir :
Tout sera pèle-mèle , et toute
Société sera dissoute.
Sans qu'on dise jusqu'au revoir.
Chacun de l'étemel dortoir
Enfilera bientôt la route,
Sans tester et sans laisser d'hoir;
Et ce que bien plus je redoute,
Chacun domandcra l'absoute,
£t croira ne plus rien valoir.
BPtTRB A LA HABÉGHALB.
Si ce jour-là, lecture faite de Tépître improvisée» la maréchsde demeura aussi coquettement polie que de coutume pour le poète inspiré par elle, Thistoire ne le dit pas; mais on peut croire que les encouragements furent ménagés avec uue parcimonie qui désolait Voltaire, à en juger par les vers que le poète adressa cette fois à la belle dame elle-même.
X M"* LA M ABéCBALB DB VILLABS.
Divinité que le ciel fit pour plaire.
Vous qu'il orna des charmes les plus doux.
Vous que l'Auiour prend toujours pour sa mère. Quoiqu'il sait bien que Mars est votre époux ; Qu*avec regret je me vois loin de vonsl Et quand Sully quittera ce rivage, Ou je devrais, solitaire et sauvage.
Loin de vos yeux vivre ju8qa*au cercaeil, Qu*avec plaisir, peut-être trop peu sage,
1C2 ÉPÎTIŒ À LA MARECHALE.
Xirai chez vous , sur les bords de TAncadl,
Vous adresser mes vœux et mon hommage Cest là que je dirai tout ce que vos beautés Inspirent de tendresse à ma muse éperdue ; Les arbres de Villars en seront enchantés.
Mais vous n*en serez point émue.
N'importe, c'est assez pour moi de votre vue, £i je suis trop heureux si jamais Tunivers
Peut apprendre un jour dans mes vers Combien pour vos amis vous êtes adorable, Combien vous haïssez les manèges des cours , Vos bontés , vos vertus, ce charme inexprimable, Qui , conmie dans vos yeux , règne en tous vos discours. L'avenir, quelque jour, en lisant cet ouvrage. Puisqu'il est fait pour vous , en chérira les traits : Cet auteur, dira-t-on, qui peignit tant d*attraits,
fTeut jamais d*eux, pour son partage , Que de petits soupers, où 1 on buvait très frais,
Mais il mérita davantage.
Ce fut peut-être par compassion pour ces peines échappées du cœur, et, daus tous les cas, spirituellement et correctement exprimées, que 1 aimable et fine maréchale, toujours gracieuse avec mesure, mais an fond pas innnmaine, et charmée des hommages d'un homme comme Voltaire, qu'elle voulut garder dans son servage , lui confia quelques emplois d'intimité, comme
MtRB à la MABiCHALB, 16S
d*écrire en son nom à difiërentes amies» et
même d adresser, à divers personnages des petits vers familiers, supposés venaol delà marécliaie; mais, hors de là, elle se tint constamment sur la réserve, n outrepassant jamais ces légères privautés; et Voltaire comprit quii ne devait rien espérer au delà. 11 avait aimé, soupiré, attendu , perdu beaucoup de temps. Il es prit spn parti, et, sans chasser de son cœur une image qui lui lut toujours chère, il reprit sa liberté ^ ou du moins il se flatta de la reprendre.
' Je n*ai tenu aucan compte d'une grossie anecdote
rapportée par Bacliaumont et reproduite par Wagnière (I, p. aoi), à propos d un vers corrigé de la Marianuie de Voltaire. Ce conte absurde n'a pas d'autre origine que les oisivetés parfois gravdeuses du café Procope, où le
bon goût n'était pas toujours préduuiinant.
LE MÂRéCHAL BT VOLTAIRE.
J'ignore si Villars eut connaissance de lepilre de Veltaire i la maréchale. Dans tons les cas, il n'en fui point jaloux, car il est à remarquer que la jalousie du maréchal ne fut jamais, même dans ses paroxysmes des premiers temps, qo*une jalousie in abslracto; soit fierté de sa part, soit manque d*objet précis, cette Jalousie ne fut jamais individualisée. Les empressements visibles du jeune Arouel ne furent donc, en aucun temps, un sujet de crainte pour le maréchal , pas plus qu'un motif d'éloigner de sa demeure le brillant et hardi poète. Tout au contraire, le maréchal parut charmé que Voltaire se trouvât agréablement chez le duc de Villars; il entra même en commerce épistolaire avec Ârouet, et conçut pour lui un sentiment particulier de bienveillance. Une épitre familière de Voltaire au maréchal est assez connue, et le maréchal y répondit en une prose qui ne laisse