‹ La maréchale de Villars et son tempsChapitre 69 sur 91 · LE SALOM DE U"** DE LAMBERT · texte numérisé non relu

LE SALOM DE U"** DE LAMBERT

avec Perrault et Desmarest, et qu*a réchauffée,

dans une phase plus récente, au coaimencemeat du xYiii* siècle, le conflit de deux nouveaux .athlètes, à savoir Lamotle-Houdar et iM'"^ Dacier. Cette seconde période de let lutte a été signalée par plus de courtoisie que la première , quoique non moins vive et tout aussi animée. L'histoire de cette grande dispute, où la sagacité française a devancé, en quelques points, la hardiesse érudile de TAllemagne, au xix* siècle, en ce qui touche le personnage d'Homère et Tunité de son œuvre , a été savamment traitée par un professeur, dont la perte prématurée est bien regrettable, Rigaud^; je ne la reproduirai point ici. La question qui semblait se dégager, en fin de compte, était celle de la prééminence de iesprit moderne sur l'esprit ancien i Lamotle a été le principal guerroyeur de cette dernière campagne, où les sentiments du public sont restés assez divisés. On connaît la célèbre Lettre à

* UHistoire de la querelle des anciens et dus modernes comprend le 1*' volome des Œuvres de M. Rigaud , Paris , 1839, U voL in-8*. Ce travail est très approfondi. Je lai

reprocherai pourtant d'avoir laissé dans l'ombre le salon de M""* de Lambert Cf. les Œuvret^ÛA cette dernière.

LE SÂLO.N DE M ' DB LAMABRT, 193

V Académie de Fénelon; l'illustre prélat s est porté comme médiateur, mais avec quels ménagements, on le sait. M"* de Lambert a essayé du même rôle, avec la même propension secrète pour Lamotte, dont les qualités personnelles excitaient plus de sympathies encore que son esprit. Il désarma, par son aménité, M"**Dacier« L*opinion compétente demeura presque partagée, malgré le triomphe piquant de quelques publications \ entre autres du fameux Chefd'œuvre d'an inconnu f qui obtint un si grand succès, et dont Fauteur, Thémiseul de Samt- Hyacinthe , devint un des amis de M'^de Lambert.

Cependant nentrait pas qui voulait dans ce salon de la marquise de Lambert. L'application de la nohle dame aux choses de l'éducation où elle excellait; la tradition de Fénelon qu'elle avait recueillie et conservée avec soin , tout avait concouru au maintien dune sorte de discipline dans sa société, où ne pénétra jamais, par exemple, M*^ de Teocin , malgré tout son esprit. Avec une suprême politesse, M""' de Lambert

' Voy. la liste (incomplète) des ouvrages publiés pour et contre , daos la Bibliolhèqm françaut de l'abbé Goujet, t. IV, pag. A8 et suiv.

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