CAMPAGNE DE
La guerre de la succession d*Ëspagne commençait en Italie. Villars y avait fait une courte campagne^ il s'apprêtait à y retourner, quand la sagesse prévoyante de Louis XIV en décida autrement, et ouvrit à Villars les grandes portes de la fortune militaire, en lui confiant un commandement en chef sur le Rhin. Cet honneur ne fut pas sans nuage pour Villars, car il fut f objet dune amertume pour Catinat, que Villars respectait profondément. Mais cette frontière était, de toutes, la plus mal défendue. Il fallait de f audace pour y remplacer la force réelle qui manquait, surtout en face du plus renommé capitaine de TEmpire, en ce moment, le prince Louis de Bade. Il fallait surtout tendre une main résolue à l'électeur de Bavière, qui venait de se déclarer pour la France. La prudence et l'âge de Catinat semblèrent peu propices pour ce coup de hardiesse, dont Texécution fut confiée à Vil-
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mil II I
CAMPAOMB DE 1702. 17
lars. Ce fut comme Fessai d'un nouveau clief de guerre. La confiance du roi fut justifiée par la
victoire de Friediingen (i4 oclobre 1702)»
brillant fait d'armes qui fut foccasion d*une scène renouvelée de Thistoire romaine; car Tarmée française, dans l'enthousiasme d'un succès sai* sissant, proclama Viliars maréchal, par une immense acdamation, sur le champ de bataille; • acclamation que Louis XIV eut le bon goût de ratifier immédiatement, et qui mit un glorieux trophée aux pieds de la jeune et belle épouse de Viliars, laquelle venait de lui donner un héritier, après moins d'un an de mariage.
C'est alors que M*"* de Grignan écrivait de Marseille , le 5 février 1 y o3 , à M'" tic Cou langes :
«Comment gouvernez-vous le maréchal de « Viliars? Vous n'auriez pas mal marié M"* votre «nièce, si vous en aviez été la maîtresse; le u commandement des armées vaut bien la solidité « des châteaux du comte de Tillières; on pouvait « même en faire l'horoscope sans témérité : il a « toujours pris la route et le vol de tous ceux « qui arrivent. »
 quoiM*"' de Coulauges répond en mai 1 7 o3:
a Que dites-vous du parfait bonheur de M. le