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journée du lendemain, voyant des ofBciers que préoccupait la réputation du prince Louis de Bade, général des Impériaux, il répondait gaîment : «Ne craignez rien, je Taî toujours battu « au piquet, n Assaisonnant son jeu d'un esprit incomparable, il fit aimer Thombre, le brelan et le piquet, à ladolcsccnt royal , habituellement triste et morose, et, le piquant de Thumeur militaire aidant le beau joueur, il se fit rechercher
du roi pour le jeû, par où, jadis, à la cour de
Vienne, il s'était acquis une considération di-. plomatique. Devant la table à jeu, sa parole vive et prompte trouvait roccasion de tout faire entendre, sinon de tout dire. De cette époque date l'amitié de Villars et de l'évêque de Frëjus, empressé de favoriser un penchant de son royal pupille; le Régent lui-même, en présence de cetter fayeur inattendue, revint à de meilleurs procédés envers Villara, et s'excusa galamment d'avoir retardé la réintégration du maréchal dans son logement au château. La maréchale prit sa part de ce retour d'amabilité. Un soir, au bai masqué, le jeune roi vint s'asseoir auprès d'elle, mais ne t;rouva. pas un mot à lui dire, et la maréchale le laissa discrètement dans son
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embarras. Elle seconda, d*ailleurs, le maréchal avec une active et coDstante intelligence dans celte nouvelle et délicate campagne.
L affection du roi pour Viilars était en effet extraordinaire. Jamais prince n avait été plus mal préparé aux inouvemenU du cœur. Le maréchal de ViHeroi , préposé par Louis XIV à la garde personnelle de son petit-fils, le nourrissait de délations et de méfiances. De là le caractère sournois et dissimulé de lenfant royal auquel on montrait des pièges et des périls devant tous ses pas. Deux personnes parurent exceptées de cette suspicion générale : c^était levêque de Fréjus, qui attendait modestement son jour de crédit, et le duc d'Orléans, régent, dont 1 esprit aimable et ouvert captiva le jeune roi, et qui conserva la confiance de Tenfaut royal , quoiqu'on eût tout fait pour l'ébranler. Au delà de ces deux personnages, c*était Tinscnsibilité, lennui, l'indiliérence pour tout le monde, un esprit récalcitrant, et ime sorte de mépris précoce pour rbumanité. La scène touchante de la grâce du déserteur, préparée par le Régent , et qui anima le jeune roi, est restée isolée dans la vie privée de Louis AV. On ne pouvait lui
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arracher une |)arole pour les ambassadeurs étraugers, et Villars lui-même y échoua. La méfiance hii fermait la bouche. Il ne fit aucune objection à la disgrâce foudroyante de son vieux gouverneur Villeroi, et il le reçut quelques années plus tard avec une insensibilité accablante pour le vieillard. Il vît partir avec indifférence la jeune infante d'Espagne avec laquelle il vivait comme avec sa compagne future. La cour en fut stupéfaite; c'était le prélude de la dureté qu'il montra plus tard en maintes circonstances pour la reine son épouse. La sécheresse du jeune roi était désespérante. Après la mort du cardinal Dubois, le duc d'Orléans dit à son pupille, majeur alors: «Je ne vois personne plus « en état que moi de remplacer le cardinal pre- «mier ministre auprès de Votre Majesté.» Le roi se contenta d'approuver par un signe de tete. Après la mort subite du duo d'Orléans, Fieury lui présentant le duc de Bourbon pour l'emploi de premier ministre, Louis XV accepta le remplaçant par un léger mouvement d'adhésion silencieuse, et Ton sait comment il disgracia deux ans après ce prince qui l'avait marié. Il ne retrouvait des émotions sensibles que lorsqu'il s*a-
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gissait de FIcury, son précepteur. Au lit de justice du 18 mai 173a» il donna un spectacle singulier au public. Sitôt que le premier président du parlement eut commencé i lire ses Remontrances, le Régent dit plusieurs fois au roi, à Toreille : dites : C'est assez. Le roi ne voulut jamais faire taire le magistrat, et, sur cela, le Régent prenant la parole, dit au premier président : Vous avez de la peine à lire^ donnez les Remontrances. Le garde des sceaux les prit, et Ton donna jour au pariemeDt pour venir recevoir la réponse, qui fut : Le roi veut être obti. Vingt ans plus tard, Loub XV sut bien dire, à Marly, en pareille rencontre , au premier président : Taisez^as, L'éducation de Louis XV fut doue détestable, bien différente de celle de Henri IV, qui dut aux circonstances de sa jeunesse ses grandes qualités de souverain : bien diilérente surtout de celle de Louis XIV, qui, quoi quon en ait dit, fut redevable à sa mère, Anne d'Autriche, et à Mazarin, d*un entourage amable, politique et confiant.
Admis dans la familiarité du jeune roi, lui donnant quelquefois, avec la libre franchise d'un vieux soldat, des conseils de conduite qui