FERRURE A GLACE
aperçûmes que nos mulets, sortant de leurs écuries, tombaient à chaque pas, par suite d^un verglas survenu dans la nuit. Il fallut aviser au moyen de partir cependant, Fautorité militaire, si intelligente qu'elle soit, n'ayant point prévu de telles causes de retard dans la maitïhe de ses troupes, et mettre en réquisition tout ce qu'il j avait à 8aint- Ëtienne de clous à glace et de maréchaux, afin de suppléer à Finsuflteance de ceux dont nous étions pourvus*
Cette circonstance surtout m'a fait acquérir une certaine expérience personnelle de la f^mre à glace, et je puis, pour ce motif, en parler en parfaite connaissance de cause. J^ai pu voir là, bientôt après notre départ, qui s^était effectué à une heure fort avancée de la journée, puisque nous n^étions point arrivés avant minuit à Bourg- Argental, de l'autre uLé de la montagne dite de la République; j'ai pu voir, dis-je, que nos mulets étaient plus souvent tombés que deboQt. Les clous à glace n'avaient eu qu'une très faible efficacité.
Mais lorsqu'il est permis de pratiquer à loisir la ferrure
dont il s'agit, au lieu d'extraire inopinément les quatre clous ordinaires pour les remplacer par des clous à glace faisant saillie, on a coutume d'y joindre de forts crampons pointus, à chacune des éponges du fer, et aussi parfois au milieu de la pince. Ce dernier crampon, usité surtout dans l' Allemagne du l^ord, est en acier trempé. Il est connu sous le nom de grappe.
Dans ces dernières années, on a imaginé de fixer aux teanches du fer, au mojen de vis ou de simples trous, des crampons mobiles de diverses formes.
Comparés à la fermre à glace usuelle, ils n'ont au plus que l'inconvénient d^étre beaucoup plus compliqués et plus coûteux. Aussi n'ont-ils pas encore franchi les limites de la simple expérimentation, et ne sont-ils point passés dans la pratique courante, en dehors des pays du nord de l'Europe.
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En admettont que Tavantage de leur durée et de leur efficacité directe plus grandes soit suffisant pour compenser les
difficultés de leur application, dans un pays où les routes ne sont jamais intenables pour les pieds des cheyaux^ même avec la ferrure ordinaire, au delà de quelques jours par année ; en admettant cela, il resterait enoore à ei;aminer si de tels moyens, en faussant les conditions de Tappui, ne portent pas à la conservation des membres un préjudice qui peut être évité par d'autres procédés.
C'est ce dont on peut se convaincre, en songeant aux raisons qui rendent difficile, avec la ferrure usitée, Tappui du pied sur les sols glissants.
La principale de ces raisons, ou })]utôt riinique, est le peu d'étendue de la surface d'appui , rendue glissante elle-même par sa nature métallique et par le poli que bientôt lui donne le frottement du fer.
Avec la ferrure usuelle, ce fer seul porte sm* le sol. Ija fourchette et la sole n'y atteignent point et n'y ont par conséquent aucune prise.
Il n'est pas nécessaire de faire remarquer que les surfaces glissent d'autant plus facilement les unes sur les autres, qu'elles sont plus dures et qu'elles ont des points de contact moins étendus. C'est une vérité vulgaire en mécanique, où il en est fait un grand usage pour économiser les dépenses de force.
On a déjà deviné, d'après cela, que la meilleure de tontes les ferrures à glace est la ferrure périplantaire, pour les motifs que nous avons fait valoir en exposant ses avantagée «généraux. Elle a, sur ce point comme sur tous les autres , fait ses preuves expérimentalement.
Aucun système de clous, de crampons fixes ou mobiles ^ ne saurait offirir à l'appui du pied une base plus solide que ne Test celle fournie juir la sole et par la fourchette, dont la consistance et l'élasticité multiplient les contacts et pro-
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dnisenfc une adh^nœ inuuédiate. Pour le comprendre aussitôt , il suffit d'avoir marebé soi-même sur un parquet ciré,
par exemple, avec de petits chaussons à semelle mince et flexible, et avec des souliers ferrés, surtout sur un carrelage, ^ns résistant que le parquet en bois.
La feiTure périplantaire a donc, et bien au delà, tous les • avantages des ferrures à glace les plus perfectionnées, sans avoir aucun de leurs inconvénients. Son adoption les rend tontes inutiles, et avec elle on ne court jamais la chance d'être pris au dépourvu, quelque température qui survienne inopinément.
Il a été constaté, nous le savons, que Tun de ses premiers effets est de permettre au cheval de mieux tenir le pavé en toutes saisons.
En définitive, nous considérons, sans qu'il y ait lieu d^al-
longer ce chapitre par un examen plus détaille des systèmes de ferrure à glace légués par la tradition ou imaginés récenmient, que la ferrure pâiplantaire a pour résultat certain de les remplacer tous avantageusement.
C'est uu bénéfice de plus à porter à son compte, et qui contribuera, je Tespère, à la faire adopter.
CHAPIÏB.E XL .