‹ La maréchalerie; ou, Ferrure des animaux domestiquesChapitre 2 sur 58 · FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES · texte numérisé non relu

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES

Il y a des choises qu'il n'est point néo^saire de définir^ pour Tezcellente raison qu'elles sont connues de tout le monde. La ferrore des animaiix est an nom* bre de ces choses.

Chacun sait qu'elle consiste en une armature de &r, adaptée à la smface plantaire du pied, chez les animaux qui marchent au moyen de l'appui d'un ou de plusieurs ongles sur le sol. Persomie n'ignore qu'elle a pour objet dç s'opposer à l'usure exagérée de la corne de cette surface plantaire.

Dépourvue de son armature, la boite cornée ou l'ongle ne résisterait pas suffisamment aux frottements sur les routes dures où les animaux, pour satisfaire à nos besoins, sont obligés de cheminer. C'est un fait . d'obsenration journalière, sur lequel, par conséquent^ U serait superflu d'insister.

2 AVANT-PBOPOS.

L'utilité et l'importance de la ferrure, à ce point de vue, ne 'se discute pas. Personne ne les conteste. Elles sont évidentes.

Mais si les avantages de la pratiqne dont il s'agit ne sont pas contestables ; s'il est adnûs ananimement que le cheval, par exemple, ne pourrait pas être utilisé sans elle dans nos sociétés modernes, on ne paraît pas moins d'accord pour admettre qu'elle a des inconvénients qnî lai sont inhérents, inévitables dans nne certaine mesure , et que les progrès de l'art doivent avoir pour but de réduire à leur plus simple expression.

Cette manière d'envisager la ferrore a été, dans ces derniers temps, le sujet de très grandes préoccupations. Elle a donné lien à nne multitude de recherches, dont l'effet a été l'invention ou le rajeunissement d'innom* brables systèmes, au milieu desquels il est bien diffi* cUe de se reconnaître.

Je ne me propose point d'entreprendre une étude critique de ces systèmes si multipliés et si divers. On m'a demandé seulement d'exposer les principes fondamentaux de Tart du maréchaUferrant, de façon qu'il pût trouver ici des préceptes précis, pour le guider dans l'exécution de son travail, et aussi afin que les propriétaires d'animaux qui l'emploient soient mis en mesure de contrôler et d'apprécier son aptitude.

La ferrure est une des parties importantes de l'hy* giène des animaux, par conséquent de la zootechnie. Elle n'est pas généralement appréciée à sa juste valeur. Pratiquée, dans les campagnes surtout, par des ouvriers

ignorants et inhabiles, la maréchalerie occupe partout, dans la série des arts et métiers, un rang inférieur. C'est une injustice qui a sa source dans une insuffi- ^te appréciation des connaissances et du tact qu'exige la ferrure pour être bien exécutée. Lorsque ceux qui exploitent le travail des chevaux en seront arrivés à comprendre combien elle influe sur la conservation de ces derniers, ils mettront plus de soin à s'initier aux exigences de sa bonne exécution, et ils se montreront plus difficiles dans le choix des artistes auxquels ils la confient.

Je dis artistes, et je maintiens le mot, sous la condition qu'il ne s'applique point à . tous les maréchaux indistinctement. Fort peu le méritent, en vérité.

La principale raison en est, sans aucun doute, que dans rétat actuel des choses, T exercice du métier exige avant tout une qualité qui ne paratt pas ordinairement compatible avec la culture intellectuelle, qui fait le véritable artiste. Je veux parler de la force physique, dont une dépense considérable est nécessaire pour forger le fer qu'il s'agit ensuite d'adapter à la configuration du contour plantaire du pied.

Il y a là, véritablement, deux fonctions distinctes, qui seraient avantageusement séparées, et qui le soot d'ailleurs en certains pays, et même chez nous dans certains ateliers des grandes villes. Les ouvriers y sont distingués en forgeurs et en ferreurs. H semble que la première de ces fonctions doive être bientôt supprimée, ou toutefois rendue moins pénible. La fa-

4 AVANT-PEOPOS.

brication mécanique des fers à cheval a déjà fait de grands progrès, et leur forme a été beanconp simplifiée, en même temps que leur poids s'est réduit. Il est permis de prévoir, pour un temps prochain, — que j'appelle, quant à moi, de tous mes rœux, — Taffranchissement du travail si pénible et purement machinal de la forge. Alors, je n'en doute pas, l'art du maréchal, réduit à celle de ses parties qui exige les aptitudes les plus distinguées, où l'intelligence a pins de part que la force brutale, montera dans la considération publique et pourra être mieux exercé.

Nonobstant, il importe de ne pas piéconnaître les services que rend cet art dès à présent, non plus que les dommages qu'il cause. Pour bénéficier des uns et pour éviter les autres, il n'est qu'un moyen : c'est d'en étudier les principes, dont la connaissance est aussi indispensable à ceux qui ont recours aux maréchaux qu'aux maréchaux eux-mêmes. Le présent ouvrage, en conséquence, s'adresse à la fois aux uns et aux autres, du moins en ce qui touche à sa partie fondamentale.

A ce point de vue, il ne sera que le développement de rtin des chapitres de l'ouvrage complet que j'ai publié sur la zootechnie (1). Et c'est là une preuve de ce que je disais plus haut sur l'importance de la ferrure.

(1) A. âAMSON, Traité de zootechnie^ ô vol. iii<18 avec figures, à la Librairie agricole de la Maison rustique; prix : 17 f r. 60.

Seulement, ayant de plus à formuler des règles et des préceptes concernant son exécution, à l'adresse de ceux-là mêmes qui la pratiquent, nous entrerons dans les détails du métier proprement dit, en tftchant d'é-

; lagaer toutes les dissertations superflues.

I Le pied du cheval a eu, dans ces dernières années, beaucoup trop de protecteurs étrangers à la physiologie, de correcteurs de la nature, qui ont encombré Faraenal du maréchal de procédés orthopédiques dont le moindre défaut est d'être absoluQient inutiles. Les bases de la ferrure hygiénique ne se peuvent tirer que d'une connaissance exacte du fonctionnement normal de la boîte cornée, et de la disposition anatomique des parties qui composent le pied. C'est donc par l'exposé des éléments de cette connaissance qu'il £Euit conmiencer, pour passer en revue les diverses opérations par lesquelles il y a lieu de procéder, pour arriver à l'exécution d'une bonne ferrure, chez les espèces animales auxquelles elle s'applique. Nous en signalerons les diflScultés et les accidents possibles, en indiquant les moyens de vaincre les unes et de remédier aux autres, en demeurant toujours sur le terrain de la pratique, que notre but est d'éclairer par la science.

Je n'ai pas l'intention de faire œuvre d'érudition. L'histoire de la ferrure, intéressante à certains égards,

serait oiseuse pour notre objet. En écrivant ce livre, mon seul déëir est de satisfEÛre le maréchal qui sent la nécessité de se perfectionner dans son art, en le

« AVANT-PKOPOS.

conformant aux principes de la science ; il est aussi de répondre en môme temps au vœu du possessear d'animaux à ferrer qui voudrait se mettre en état de discerner, parmi les maréohanx auxquels il peut s V dresser, celui qui est le plus digne de sa confiance.

On ferre le cheval, Taue, le mulet et le bœuf, qui sont les animaux employés comme moteurs. Les trois premiers présentent une conformation à peu près égale de Tongle, en tons cas une construction anatomique exactement semblable. Pour ce motif, nous la décrirons en prenant celui du cheval pour type, sauf à indiquer les particularités de forme propres aux deux autres, et nous ferons de même à l'égard de la fermie. Le bœuf, au pied fourchu, pourvu de deux onglons, impose des conditions toutes différentes, et comporte une ferrure spéciale : il sera considéré à part, non pas toutefois en ce qui concerne l'anatomie de son pied,, qui, par ses dispositions fondamentales, peut être ramenée à celle du cheval, mais quant aux procédés de ferrure qui lui sont applicables.

Nous poserons les principes scientifiques de l'art da maréchal, puis nous indiquerons ses moyens d'exécution.

LA

MARÉGHALERIE,

OU

ÏERRURE DES MIMAUX DOMESTIQUES.

GHAPITEE PREMIER.

ANATOMIE DU PIED

Connaissances nécessaires. — Kappelous Tobjet de la ferrure; cela est indispensable, au commencement de ce chapitre, afin de faire bien sentir Futilité des connaissances

dont nous allons nous occuper, et de marquer exactement les limites dans lesquelles nous devons nous maintenir.

Une description anatomique complète du pied serait superflue, en effet, si elle n'est pas nécessaire pour initier suffisamment aux principes de Tart de la ferrure.

Les animaux sont ferrés, avons-nous dit, pour éviter l'usure exagérée de la corne de leurs ongles , (|ui protè^^e la sensibilité des parties vives dont ces ongles sont le revêtement. Cette usure exagérée se produirait infailliblement sur les routes empierrées des campagnes et sur les pavés des villes, si l'armature de fer ne s'y opposait.

Diyiliz

LA MARÉCHALEEIE.

Mais celle-ci s'y oppose au point de la rendi*e tout à fait nulle, ce qui est contraire àTordie naturel des chosesy ainsi que nous le vendons. Le premier résultat de la feiTure est donc de modifier, dans une mesure quelconque, cet ordre naturel, qu'il importe dès lors de bien connaitre, ponr apprécier les modifications qu'il peut subir et savoir les réduire à la proportion qui est inévitable.

Ces modifications ne se bornent pas à Tongle lui-même, dont elles influencent les dimensions. L'ongle fait partie d'un appareil compliqué, dont les organes sont solidaires dans .raccomplissement de sa fonction. L^un d'eux vientil à changer de forme ou de direction, les rapports de Pensemble sont rompus, l'équilibre détruit et les résistances normales dépassées. L'appareil se détraque d'autant plus tôt que la déviation est plus grande.

Il s'agit ici de ce qu'en anatomie l'on appelle la région du pied, dont^ la portion ongulée n'est que l'extrémité libre et terminale, et qui commence, chez les quadrupèdes, audessous des articulations du jaiTet et du genou.

U n'est pas possible de posséder les notioi^ fondamentales de l'art du maréchal, si l'on ignore les points essentiels de l'organisation de cette région. En leur absence, la piutique ne peut plus être qu'une routine aveugle, tout au plus un empirisme habile, mais bien insuffisant.

La corne sur laquelle opère l'ouvrier, et qui est elle- :|nême une matière organique inerte, un produit, recouvre des tissus vivants et sensibles, qui peuvent être blessés par les instruments ou froissés par les moyens d'attache dont l'ouvrier se sert pour fixer le fer au contour plantaire de la boîte cornée.

Pour éviter autant que possible les accidents du genre de ceux dont nous voulons parler, il doit connaître au juste la limite qui sépare les parties inertes des parties vives. Il les évitera d'autant plus facilement, qu'il aura sur toutes

Diyilizea by GoOglc

ANATOMIE DU PIED. 9

ces choBes des connaissances plus précises, sinon quant à leur organisation et à leurs propriétés, — dont l'étude approfondie n'intéresse que ranatomiste, — du moins quant à leurs dispositions principales. " '

Il est donc facile de comprendre, d'après cela, que les notions anatomiqnes indispensables pour apprécier les bonnes conditions de la ferrure et pour en ex^nter la pratique liabilement, se bornent aux dispositions des os, des ligaments, des tendons de la r^on du pied, et à celles des parties de la boite cornée et de son contenu. •

Nous allons les décrire sommairement.

CheYaL — L'ostéologie

de la région du pied comprend d'abord le mètaca/rpien principal ou ob du canon  ^ (fig. 1), situé immédiatement au-dessous du genou ^ dans le membre antérieur, et du jarret dans le membre postérieur ; puis les métacarpiens rudimmiaires , placés en 'arrière du principal, auquel ils sont accolés de chaque côté de sa face postérieure], en laissant entre eux une sorte de gouttière qui loge le ligament suspenseur du boulet, dont il sera parlé wg. i. - Anrtomie du pied.

plus loin.

Les métacarpiens rudimentaires représentent deux petites tiges, qui s^étendent jusqu'au quart inférieur environ de la

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LA MAKÉCHALEBIE.

hauteur du principal^ où ils se terminent par un petit renflement, sorte de bouton, pris souvent à tort pour un 9uro%, tumeur lorsqu'il fait saillie sous la peau du canon.

Par son extrémité . inférieure, le métacarpien principal s'articule avec la 'prmXkm phalangey ou os du paturon. En arrière de Tai-ticulation, qui est appelée articulation du boulet, ou houM tout court, se trouvent situés les deux os grands sésamdîdes, îiccolés l'un à Tautre, et qui la complètent au moyeu d'un appareil ligamenteux, qu'il est bon de connattre sommairement.

Get appareil se compose^de deux li^ments latéraux très solides, qui vont du métacarpien principal à la phalange, et qui sont en forme, de bandes courtes et épaisses, fixées par chacune de leurs extrémités anx deux os qu'ils maintiennent unis; d'un ligament membraneux antérieur, fermant rartioulation de ce côté; enfin d'un ligament postérieur, déjà signalé BOUS le nom de lïgamsnt suspmssur du boulet B.

Ce ligament,' qui est une forte lanière de tissu fibreux blanc, part de la face postérieure de l'articulation du genou ^ dont il continue le ligament propre ; de là il s'étend-, ainsi que nous Pavons dit, entre les deux métacarpiens rudimentaires, jusqu'à la face postérieure de l'articulation du boulet, où il se divise eu deux branches , qui se fixent solidement au sommet de chacun des deux grands sésamoïdes, unis euxmêmes entre eux et à la premi^ phalange, au moyen de six ligaments qu'il serait ici supei'flu de décrire : il suffit de les indiquer, pour qu'on soit bien en état de comprendre le mécanisme de l'articulation, dont nous nous occuperons ultérieurement.

Oe mécanisme est le point fondamental, dans les principes scientifiques de la fermre. Nous en âiumérons seulement en ce moment les organes.

La première phalange s'appuie, par son extrémité infé-

ANATOMIE DU PIED

rieurey sur la âmimèm» phalange ou os de la eaurmne, os presque cubique, appuyé luî-méme sur la troisième phalange ou oê du pied, avec lequel il est contenu dans la boite cornée. Le dernier os est encore connu sons le non de phalange unguéale. Il a la forme d'un tronçon de cône imparfait dans sa face postérieure, sur laquelle est fixé transversalement le ppfii sémmcïde ou os naviculaire (en forme de navette); évidé à sa base en une sorte de voûte, son bord périplantaire est mince, tranchant, finement dentelé; ses surfaces non articnlaireB sont criblées de trous qui livrent passage à une multitude de vaisseaux sanguins : à chaque extrémité de son bord supérieur, se trouve fixé un fibro-cartilage, dit eartUage latéral, qui le prolonge en arrière , et qui a un r61e à jouer dans l'élasticit(^' des régions postérieures du sabot.

Les articulations interphalangiennes n'ont pas d'intérêt pour notre sujet. Ajontons seulement, comme remarques complémentaires, que Fos du pied postérieur est plus étroit, à bord plantaire moins voisin du cercle que celui du pied antérieur, et que le cartilage latéral y est moins étendu. *

Après l'appareil osseux et l'appareil ligamenteux de la légion du pied, vient l'appareil tendineux, qui n'a pas moins d^importance pour nous.

On sait que cha(iue tendon, connu du vulgaire sous le nom impropre de nerf, est une sorte de corde inextensible, qui transmet le mouvement on la force résultant du raccourcissement du muscle, produit par la contraction des fibres de -celui-ci. On n'ignore point , sans doute , que les muscles sont les parties du corps dont l'ensemble compose ce qui est appelé la viande, chez les animaux qui se mangent.

Les tendons sont donc à la machine animale ce que les

couiToies ou les câbles de transmission sont aux machines brutes, à manège, à vent, à force hydraulique ou à vapeur.

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LA. MABÉCHALEBIE.

Cela bien compris, décrivons maintenant Tappareil tendinenx du pied, en n'insistant que sur ce qui est vraiment

important. Le lecteur est prié de suivre sur la figure 1 les indications que nous allons donner.

On voit d'abord, en arrière de la région du canon, les tendons réunis des deux fléchisseurs des phalanges. C'est de ces tendons qu'on veut parler, lorsqu'on dit qu'un cheval a le tendon bien ou mal détaché, net ou engorgé ; ce qui veut dire que ces cordes tendineuses, étroitement accolées l'une à l'autre, sont éloignées ou rapprochées de la face postérieure du métac%rpien principal ; que le tissu qui les unît est exempt de matières épanchées, ou qu'il en est plus ou moins pourvu, ce qui arrive dans le cas de nerf-ferrure, à la production duquel le sujet qui nous occupe n'est pas étranger.

Le premier de ces tendons est celui du fléchissewr super- JkM ou perforé G. U est ainsi nommé, parce qu'en arrivant en arrière de l'articulation du boulet il s'élargit , se divise en deux branches, dont chacune va s'insérer d'abord sur le grand sésamoïde correspondant, puis sur le côté de l'extrémité supérieure de la première phalange, en formant par sa bifurcation une sorte de pont sous lequel passe le second tendon.

Celui-ci, qui est le tendon du fléchisseur profond ou perforant J), reçoit, vers le milieu de la région du canon, une forte bride fibreuse E, provenant du ligament postérieur de l'articulation du genou ; plus bas, il s'engage sous la division terminale du perforé, glisse en s'élargissant un peu sur la face postérieure des grands sésamoïdes, qui est pourvue à cet effet d'un revêtement cartilagineux lisse et lubiéfié par de la synovie, sorte de poulie de renvoi ; s'infléchit en avant vers la face postérieure de la première phalange, où il glisse de même, étant maintenu de chaque côté par une lame fibreuse F, qui provient de la face anté-

AKATOMIE DU PIED.

rieuFe dn bonlet ; enfin s'élargit en membrane pour glisser

encore sur Tos navieulaire, s'infléchir de nouveau et venir s'insérer à la face inférieure de Tos du pied, où il forme ce qae les anatomistes appellent V(y9onivrase planùxirê,

dont la lésion est toujours grave dans le cas de clou de rue.

Les tendons des extenseurs des phalanges, situés en ayant

de la région que nous examinons, n'offrent aucun intérêt, à notre point de vue. Nous pouvons donc sans inconvénient les passer sous silence, pour arriver tout de suite à ce qui concerne les dispositions anatomiques de l'ongle. Ici encore la gravure facilitera considérablement notre tâche.

Les organes producteurs de l'ongle sont des dépendances de la peau. Nous pouvons ajouter qu'ils ne sont que des modifications de ceux qui produisent l'épideruxe, les poils etles crins.

En arrivant à la région de la couronne, la peau forme un renflement arrondi, qui contourne Tos du pied, en s'amindssant à mesure qu'il gagne les régions postérieures» vers lesquelles il se dirige obliquement d'avant en arrière et de haut en bas. Ce renflement, appelé bourrelet ou cutidure 6, est à proprement parler la matrice de la partie essentielle de la botte cornée.

Immédiatement au niveau de Tarticulation de la deuxième avec la troisième phalange, le bourrelet se termine d'une façon brusque. La peau, amincie et réduite à ses éléments essentiels , revêt les surfaces antérieures et latérales de l'os du pied. Elle s'y dispose à la manière des feuillets d^un livre, en lames minces et rapprochées» très riches en vaisseaux et en nerfs.

Les anciens maréchaux avaient donné à ces lames H le nom de feu/UMs de chair. Les anatomistes les appellent tissu 'podoflixjTleux. C'est, pour Tanimal, en même temps un organe de sensibilité tactile, dont il importe essentielle-

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LA KA&ÉCHALERIË.

ment de respecter la susceptibilité très grande, dans Topération de la f ermie.

En passant de ces surfaces à la surface plantaire, la peau s'étale en membrane mince et finement tomenteuse , hérissée de houppes ou villoBitéfi, àla manière des filaments da velours. Là elle recouvre, entre les extrémités écartées des bords de Fos du pied, un coussinet fibro-graisseux, élastique, disposé en forme de Y allongé, à branches arrondies à leur surface, qui est le eammiêt planiairê ou corps pyrami^ dal. Cette membrane est ce que les anciens maréchaux appelaient la 9oU de ehair, nommée à présent liêêu vêlouU.

Ainsi, l'appareil producteur de la botte cornée on du sabot se compose de trois parties : le bourrelet ou cutidure, les feuillets de chair on tissu podophyllenz, ei la sole de chair ou tissu velouté*

Sans entrer dans des détails qui seraient déplacés ici , sur la constitution intime de chacune des substances cornées qni correspondent à ces trois organes, nous dew>ns nous borner à dire qu'elles affectent des formes différentes, parfaitemeut appréciables à Tœil nu, dans certains cas.

L'une, celle qui provient du bourrelet, est disposée en faisceaux analogues à des poils agglutinés , qui donnent à la corne une texture fibreuse, mise en évidence lorsqu'une macération quelconque les désagrège, comme dans le cas de cette maladie du pied qu'on appelle le crapaud, par exemple ; l'autre, celle qui provient du tissu podophylleux, disposée comme lui en feuillets, est formée de lamelles juxtaposées, donnant lieu à un tissu corné dit Icèraphyllmx, qui s'engrène par ses sur&ces libres avec le tissu podophylleux et se confond par ses bords adhérents avec la substance fibreuse ; la dernière enfin, produite par le tissu velouté, s'étale en lames plus ou moins compactes, plus ou moins spongieuses, formées, elle aussi, par juxtaposition de cellules cornées ou épidermiques.

ANATOMIE DU PIED

Dans la boite cornée ou sabot, la corne du bourrelet censtitae les parties extérieures de hb paroi on muraille I et de

ses dépendances ; celle du tissu podophylleux, ses parties intérieures ou tissu feuilleté J ; celle du tissu velouté, la sole et la fmrehettê.

ha roi (fig. 2) est donc formée extérieurement de fibres cornées soudées ensemble dans le sens longitudinal ; intérieurement, elle présente une succession de feuillets disposés dans le même sens, et qui s'engi'ènent avec ceux du tégument de Tos du pied. La corne de la paroi est généralement d'un

Pig. 2, — Paroi du sabot» ooiipée pour kuaser voir ton intécienr.

gris noirâtre à l'extérieur; intérieurement, elle est toujours d^un blanc jaunfttre; quelquefois, cette corne est même jaunâtre dans toute son épaisseur : c'est lorsque la peau du bourrelet est dépourvue de pigment.

A son bord supérieur A, la paroi , considérée isolément^ paraît taillée en biseau évidé en gorge, de l'intérieur à Textérieur. Ce biseau, exactement moulé sur le bourrelet, semble criblé de petites ouvertures, qui correspondent chacune à la base d'une fibre cornée, naissant de Torgane engagé dans son intérieur. Le bord inférieur B, ou plantaire, est formé par Textiémité libre des fibres cornées. C'est ce bord qui s'use sur le soL

Le point médian G de ce bord est appelé piîice; celui qui

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Tient après, de chaque côté» est appelé mamelle^ le suivant

E, quartier; plus en arrière enfin, la paroi se replie en dedans pour se prolonger en retour oblique vers son centre de figure. Le repli F s'appelle talon; le prolongement Qt, iaurre ou arc'houtant.

La disposition nomiale de tous ces points est très importante à connaître. Elle est indispensable au fonctionnement régulier de l'appareil, et par là même k la conservation des autres organes que nous avons déjà décrits.

Fig. 3. — 8(de déteoliéeâititlMtfe.

La soh (fig. 8) est une plaque de corne représentant un disque fortement échaucré. Par sa Êtce supérieure, elle est légèrement bombée pour se mouler sur la surfkce inférieure de Tes du pied, muni de son coussinet et de son organeé producteur. Pai sa face inférieure, elle présente à Tétatnormaldes écailles de corne qui tendent à se détacher, à mesure qu'elles i sont chassées par une pousse indiscontinue de corne de non- i velle foi-mation. Par son contour, elle se soude avec le bord plantaire de la paroi et avec les proiongements rentrants de celle-ci, que nous connaissons séus le nom de banes on d'arcs-boutants.

lA/ourc^ieite (fig. exactement moulée sur le corps py-

ANATOMIE DU PIED

ramidftl dn oonasinet plantaiie, oœape Péchancsnire de la

sole, qu'elle remplit à la manière d'une softe de coin, étant comprifie toatef ois entre les deux arcs-boutauts. A Textérieur, on 7 lemarqne un ooips et deoz branches, qui continuent le corps en divergeant. Elles sont séparées par une lacune médiane plus ou moins profonde. Elles ne sont soudées aux aics-bontants que par une partie de leur bord externe, laissant, entre leur surface arrondie d'un côté à l'autre et Tarcboutant, un vide appelé iacwwe latérale*

A l'extiémité postérieure de chacune des branches, où s'ouvre la lacune médiane, un renflement arrondi A porte le

Fig. 4. — Fourchette et périople.

nom de glôm de la fonrdiette. Il est revêtu d'une petite

plaque de corne fil >reiise , provenant de la peau du talon , d'où part une bande étroite de corne luisante, appelée périople B, et qui s'étend sans interruption tout autour du bord supérieur de la paroi , immédiatement au-dessous du bourrelet. Cette bande semble former un lien pour soutenir les glômes de la fourchette.

La surface supérieure de celle-ci , détachée du pied, reproduit en creux lesformes quenous venons de voir en relief. A la lacune médiane conespond une arête à sommet arrondi , d'autant plus épaisse qu'on la considère plus postérieurement ; aux branches, des gouttières profondes et divergentes.

Diyi

LA TtfATyfemrAT.igRTig,

qui se terminent en arrière par des sortes de cupnles correspondant anx glômes.

Les diveraes parties composantes du sabot étant ainsi connueSy il ne nous reste plus qu'une remarque à ftire, mais importante y au point de vue des nécessités de la ferraie. dette remarque, la Toici : c'est que la paroi ou muniille est d'autant moins épaisse qu'on la considère en un point plus rapproché du boniielet* Sa partie feuilletée, dite tissu kéraphyl* leux , affecte une disposition inverse, en sorte que les parties vives du pied s'éloignent de la surface extérieure à mesure qu'on envisage la paroi plus près de son contour plantaire.

Cette disposition est facile à voir sur les coupes du sabot représentées dans les figures 1 et 2.

Ane et mulet. — Les seules différences qu'il y ait à signaler dans la constitution anatomique de la région du pied, chez l'âne et le mulet, par rapport à celle du cheval, sont relatives à la forme du sabot. Oette forme qui, chez le cheral, est celle d'un tronçon de cône allongé, coupé obliquement suivant deux lignes oonveigentes en airière, se rapproche beaucoup, chez Tftne et le mulet, de celle d'un tronçon de cylindre, à coupes beaucoup moins obliques. Il en résulte que la région des talons est relativement beaucoup plus étendue en hauteur et que la surfece plantaire est plus restreinte, et plutôt elliptique que circulaire. La courbe des quartiers est plus allongée; la fourchette, par conséquent, moins yidumineuse. En outre, la corne, dans toutes ses parties, est plus dure. Les animaux dont il s'agit ont en général, bomme on le sait, le pied plus sûr que le chevaL

Du reste, à part les questions de volume relatif, Fanatomie de la région du pied est identique chez tous les monodactyles, c'est-à-dire chez les animaux à un seul doigt. On peut donc sans inconvénient prendre pour t^rpe celle du cheval que nous avons décrite.

ANATOMIE DU PIED. 19

Bœuf. — A notre point de vue, il serait sans. importance de décrire en détail les appareils osseux , ligamenteux, tendineux et cutanés de la région du pied, chez le bœuf. Pour s'en faire une idée assez juste , il suffit de supposer une division longitudinale du pied du cheval, à partir surtout de Tarticulation du boulet. Le pied du bœuf est , en ce sens^ un pied fourchu de cheval.

Seulement, id, il n'y a pas de fourchette, et la paroi de l'ongle ne se comporte pas de la même façon. Ân lieu de se replier en arrière , dans la région du talon , pour envoyer le long de la lacune latérale son prolongement en arc-boutant, c'est dans la région de la pince divisée que le repli se produit.

La paroi de dbacun des onglons, en ce point, se coude brusquement et va, suivant une courbe légèrement rentrante, se prolonger jusque vers la moitié de la longueur de cet onglon, formant quelque chose d'analogue à rarc-boutant. Là, elle se soude en s'amincissant avec de la corne semblable à celle des glômes de la fourchette et du périople , qui occupe respace interdigité^ lequel espace représente assez bien, en arrière, la lacune médiane de la fourchette du chevaL

D'ailleurs, pour chacun des onG:l()ns, la partie saillante, arrondie et élastique de la surface plantaire, reproduit assez exactement Tune des branches de la fourchette. Elle recouvre, comme celle-ci, le corps pyramidal du coussinet plantaire ; comme elle aussi, elle se loge dans une échancrure de la sole, qui figure exactement la moitié de celle du cheval.

En somme, Tonglon du bœuf ne diffère donc d'un demiongle de cheval qu'en raison de ce que la paroi, au lien de se replier brusquement dans la région du talon, se replie dans celle de la pince, où elle se met ainsi eu rapport , pai* sa &ce externe^ avec la.paroi de Tonglon opposé, également repliée.

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20 LA MAKÈCHALE&IE.

La corne de l'ongle du bœuf est partout moins épaisse et moins dure que celle de l'ongle du cheval. C'est ce qa'il est bon de ne pas oublier, lorsqa^il s'agit d'y appliquer la ferrure.

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