‹ La maréchalerie; ou, Ferrure des animaux domestiquesChapitre 3 sur 58 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

PHYBIOIiOGIB BU PIED.

Connaissances nécessaires.— Deux points essentiels

sont à considérer, quant à la physiologie de l'appareil anatoniique décrit dans le chapitre précédent, au point de vue de l'art du maréchal; mais ils ne sont pas cependant d'une égale importance.-

Le premier de ces points, relatif au mode de production delà corne, peut être sans Inconvénient examiné d'une façon sommaire. Il suffit de savoir comment s'opère Taccroissement de Fongle en sa totalité, sans aller jusqu'à étudier comment les cellules épidermiques s'ajoutent et se disposent pour constituer les fibres cornées ou les lames écailleuses de la paroi, de la sole et de la fourchette.

Il en est autrement pour le fonctionnement de la région du pied, envisagée comme colonne de soutien du corps. Ici les conditions normales sont indispensables à connaître, car la pratique de la ferrure ne peut cesser d'être nuisible à la conservation de l'organisme dont il s'agit que si eUe a pour efiet de maintenir ces conditions dans toute leur intégralité.

Je ne crains pas de dire qu'elles sont presque généralement ignorées, au grand détriment des services que l'on peut at-

PHYSIOLOGIE BU PIËD.

teiidie des chevaux surtout , sous les rapports de la durée et de l'efficacité.

Et dans le sujet, on ne se tronve pas seulement en face de r ignorance. Si les maréchaux ne se proposaient que d'empêcher Tiisiire de la corne, par son frottement sur le sol, il n'y aurait qne demi-mal. Mais la maiëchalerie a été enrahie, en ces derniers temps surtout, par une nuée d'opinions physiologiqueSy sur le fonctionnement du sabot, qu'il s'est agi de faciliter. Jamais on n'avait yn semblable zèle orthopédique.

Toutes ces opinions ont eu leur source dans Texagération, suivant l'usage ^ d'une théorie sur l'élasticité de ia paroi du sabot, qui s'ouvrirait et se refermerait dans la marche. Oette théorie fut imaginée, au commencement de ce siècle, parle célèbre Bracy-Clark. Ce ne serait pas ici le lieu de la discuter. Nous nous bornerons à exposer les conditions réelles du fonctionnemeut nunnal du pied, autant qu'elles nous sont connues. Cela suffira ; j'espère, pour mettre le lecteur en garde contre les opinions imaginaires et contre les systèmes de ferrure qui eu découlent, au grand dommage des chevaux.

Mais il importe beaucoup, à cause de cda même, de ne

rien négliger dans notre exposition. Ceci est la base fondamentale de toute la niaréchalerie éclairée. Quiconque l'ignore n'a du maréchal que le nom : c'est un simple manouvrier, dont l'emploi cause un préjudice, au lieu de rendre des ser- TÎcefi^ à moins que ce ne soit un théoricien à contre-sens, ce ' qui est encore bien pis.

Les connaissances nécessaires, que nous avons à rassembler ici, compreiment donc le mode de pousse de la corne, et les conditions de direction ou d'aplomb (suivant le terme usité ) des diverses parties du sabot.

Le 'problème de la ferrure consiste, ainsi que nous l'avons dit en commençant, à prévenir l'usure exagérée de la surfiMse plantaire du pied, tout en conservant intactes ces con-

22 LA MABÉCHALERTFi,

ditions d'aplomb. Il &ut évidemment les comiaitre, pour être en mesure de les consenrer.

Mode de production de la corne. — Autour des petits oi^anes du bourrelet et des tissus tégumentaires, podophyl-

leux et veloutés, les cellules cornées se produisent incessam- i ment et se soudent aux précédentes , en se disposant de façons différentes, comme nous Tayons déjà diU En s'ajoutant les unes aux autres, elles allongent d'autant Torgane dont elles font partie, ou Tépaississent, selon qu'elles s'accumulent dans le sens de la longueur de la couche ou dans celui de son épaisseur.

Dans l'ongle des animaux qui nous occupent, le premier cas est celui de la corne de la muraille ou paroi; le second, celui de la sole et de la fourchette.

Les choses étant ainsi, il va de soi, de toute nécessité, qu'à son extrémité libre, la corne de la paroi doit s'user d'une quantité égale à celle qui est ajoutée à sa base par rincessante production ; sinon l'ongle ne conserverait pas des dimensions invariables.

' Un excédant d'usure raccourcit le sabot outre mesure, et

peut nuire aux conditions normales de l'aplomb ; toutefois, cela ne cause point une souffiunce directe, à moins que l'usure n'aille jusqu'à priver les parties vives contenues dans la boîte cornée de leur revêtement protecteur, la come étant elle-même une matière inerte et par conséquent insensible, ainsi que nous nous en apercevons bien en limant ou en coupant nos propres ongles.

Une usure insuffisante laisse le sabot s'allonger démesnr rément et dérange toujours,, au delà de certaines limites, les conditions du Taplumb, comme nous le veiTons bientôt.

Ceci n'est dit eu ce moment que pour faire sentir la nécessitéde surveiller la pousse de la corne, le cas des animaux ferrés étant le plus cuimiiun , et par conséquent celui dans

lequel la corne ne s'use pas, protégée qu'elle est par le fer. C'est donc moins Fusore propre de celle-ci qui doit guider dans le choix du moment où il y a lieu de renouTeler la ferrure, que l'examen de la longueur du sabot.

U serait bien impossible de poser une limite de temps fixe pour cela. L'intensité de la pousse de la corne varie avec les individus, et aussi avec les conditions dans lesquelles ils vivent. On pourrait donn^ une moyenne, et c'est ce qni a été déjà fait. On a évalué en millimètres la quantité moyenne dont la corne de la paroi s'accroît en longueur, par vingtquatre henres. Mais» sans méconnaître Futilité des calculs en pareille matière, à un autre point de vue, il faut bien convenir qu'on n'en saurait tirer des préceptes pratiques pour tons les cas y et c'est précisément ce qu'il nous faut ici.

En admettant que le calcul fût bon, qu'il eût été fait en tenant compte de tous les éléments d'une question si complexe, par cela seul qu'il ne conduirait qu'à une moyenne, il laisserait en dehors de l'exactitude toutes les unités ou tous les individus compris entre cette moyenne et les deux extrêmes du nombre total d'où elle aurait été déduite. Qr, c'est ce qu'il ne faut pas, en feit de préceptes de conduite.

Dans les questions du même ordre, on abuse trop souvent de œ calcul des moyennes, qui ne leur est pas applicable. Les formules ne valent que dans leur domaine , qui est celui de l'abstrait ou de l'absolu. Les appliquer sans contrôle aux ihits usnels, c'est se préparer des échecs certains.

Il n'y a donc qu'à observer directement les individus, en prenant pour point de comparaison les dimensions que nous indiquerons tout àl'heure comme étantcelles qui réalisent les oonditions normales de l'aplomb.

Parmi ces individus, les mis dépassent plus tôt ces dimenriona» les autres plus tard. Encore une foi% il n'y a rien de fixe. Cela dépend de l'activité de la production, qui est en lapport, du reste, avec les conditions de santé de l'individu,

LA MARÉCHALEHiE.

non senlement ponr la quantité de la oome^ mais 6nco!re pour sa. qualité.

DausTétat physiologique, la qualité de la corne est d'autant meilleure, que sa production est plus dctire. Elle est

d'une nuance vive, brillante à sa surface, et en réalité recouverte d'un vernis que lui fournit le périople. Hygrométrique, ell^ est élastique et se laisse &cilement entamer par les instruments tranchants, sans se déchirer.

^ La corne terne, sèche, duré et cassante, au contraire, indique à coup sûr une soaffiraaoe du pied an moins. Elle est le produit d'une activité lente et souvent amoindrie ou suspendue , ce qui se manifeste par la présence de sillons ou cercles horizontaux autour de la paroi, dont les dimensions sont le plus souvent réduites, vers la région des talons surtout. La fourchette, alors, est ordinairement atrophiée en partie et très dnrcie elle-même.

Les vices de la production cornée, ainsi caractérisés , sont le plus souvent des résultats de pratiques intempestives dans Texécution de la ferrure.

Conditions de l'aplomb. — Il est nécessaire , en ce moment surtout, de se bien rappeler la constitution anatomiqne des diverses parties qui composent la région dn pied. Étant solidaires dans le fonctionnement de cette région , Taltération d'une seule entraîne nécessairement celle de toutes les autres. Elles sont admirablement disposées pour le but commun, qui est de supporter la fraction du poids du corj^s dévolue à chaque pied, en amortissant, pour ainsi dire, la réaction du sol sur lequel Tanimal chemine. Oela se réalise par une décomposition des pesées et une répartition exactemeut pondéiée des léBiBtoaces. Les diyenes parties du pied ne se peuvent donc conserver intactes qu'au prix d'une sorte de concert toujours hannonique.

Ce sont les conditions de direction dans lesquelles le poids

Diyilizea by GoOglc

du corps est ainsi réparti au prorata des résistances normales, que Ton considère comme étant ceUes àeï aplomb. Le

mot n'est pas irréprochablement exact, mais il est admis; il est admissible, au reste, en tant qu'il signifie équilibre entre divers oi^anes mécaniques concourant à un but

commun.

Établissons d'abord que les parties constituantes du sabot, la paroi, la sole et la fourchette, ne peuvent consOTrer leur direction et leur fohne normales qu'autant que rap[)ui de la surface plantaire se fait sur le sol avec une égale intensité pour tous les points saillants de cette surface, particulièrement pour le contour plantaire de la paroi , depuis la pince jusqu'aux talons. Vérité assez généralement méconnue jusqu^à ces derniers temps, et que Texpérience, cependant, aurait dû mettre plus tôt en évidence.

Dès que, par exemple (ce qui est le plus commun à observer), Tappui se &it plus fortement dans la r^on de la pince, par suite d*un défaut de hauteur des talons, ou par toute autre cause indépendante des dimensions du sabot, oelui-ci ne tarde pas i se rétoéoir dans ses régions postériemnes ; la direction des fibres cornées de la paroi y subit une déviation, elle devient plus oblique d'arrière en avant; les talons se rapprochent l'un de l'autre et compriment la fourchette, qui s'atrophie entre les aros-boutants. Il se pro» duit ce qu'on appelle le resserrement des talons, et à mi degré plus avancé,. Vencasielure,

FÎur ce seul fait, et sans parler encore des conséquences (jui en résultent pour le fonctionnement des articulations de la région du pied, on comprend sans peine que les parties vives contenues dans la boite cornée sont comprimées pliLS bu moins, suivant le de^^ré du resserrement, et qu'elles subissent une souf&ance en raison même de la sensibilité exquise dont elles sont douées par la richesse de leur organisât ion. Depuis la simple hésitation dans la marche aux

Diyi

< LA MARÉCHALEHTE,

allures vives jnsqu^à la boiterie plus oa moins intense, les effets de la compression sont faciles à saisir pour Tobservateur attentif.

Et c'est ici que se présente à examiner la fameuse question de Télasticité du sabot.

Dans l'appui normal du pied sur le sol, le poids du corps fait-il écarter les talons d'une quantité appréciable ?

Cette question a été le sujet de beaucoup de dissertations. Eu ne considérant que celles émanant d'hommes autorisés par leur science et qui Tout résolue par Taffinnative, on sera forcé de convenir qu'ils se sont fondés bien plus «ur des inductions que sur des expériences précises et exécutées 4ans de bonnes conditions. U suffirait du reste de constater que, parmi les savants sérieux, elle est au moins un sujet de controverse, pour avoir le droit de conclure, sans autre examen, que si rélasticité existe réellement^ elle est fort difficile à apprécier. On ne discute pas tant et si longtemps sur des ol)jets bien clairs.

Ce que je puis dire, pour mon compte, c'est qu'à ma connaissanoe il n^existc pas une seule expérience instituée d'une manière iiTéproclial)le, qui ait mis en évidence la moindre dilatation de la paroi, dans la région du talon, loi-s de la marche du chevid. J'ajouterai qu'eu égard à la dispositon des parties, je ne comprendrais pas qu'elle pût se ])roduire, une fois que cette région a atteint ses dimensions et sa direction normales.

Les gidmes de la fourchettte et les parties recouvertes de peau qui correspondent à l'extrémité postérieure des cartilages latéraux de l'os du pied, exécutent évidemment, lors de l'appui sur le sol, un mouvement d'expansion, pour revenir à leur position première, lorsque le membre est levé. Ces organes situés dans l'ouv^ure postérieure de la paroi cornée, sont véritablement élastiques, et par le tissu qui les compose et par leur forme même, mais non la paroi, d'uii

tissu qui ne s'y pià;e point , et, engrenée intimement d'ailleuiB par toute sa snrfoce interne avec les fines lames du

tissu |)odophylleux, iiuilement élastiques non plus.

Un &it incontestable a qndquefois illusionné les esprits prévenus en fayeur de Télasticlté de la paroi des talons : c'est celui de la gêne ou de la buiterie, qui se produit dans le cas où les clous du fer sont implantés dans cette paroi. On Fa attribué à Tobstacle qu'ils mettaient à l'élasticité, tandis qu'il est bien plus exact d'en conclure qu'ils seiTent de trop près alois les parties vives , en raison du peu d'épaisseur de la corne dans k r^on.

En définitive, au point de vue pratique, un mouvement d'expansion des talons, en admettant qu'il se produisît, serait si minime , qu'il n'y aurait point lieu de s'en préoccuper. La feiTure usuelle n'y mettrait obstacle en aucune façon. Ce n'est point par là qu'elle laisse à désirer, et toutes les tentatives faites pour l'amâiorer à cet égard sont des tentatives absolument vaines, attestant une absence complète de connaissances physiologiques.

Le fait important à connaître et sur lequel nous insis* tons, c'est que le sabot se resserre en arrière, à partir des quartiers jusqu'aux talons, lorsque ces parties de l'ongle ne supportent point la part de poids qui lemr est dévolue, dans les conditions normales de l'aplomb. La preuve en est que le meilleur moyen de faire cesser le resserrement, quand il s'est produit, consiste, ainsi que nous le verrons, à rétablir ces conditions, que nous aUons maintenant déterminer.

Nous avons établi en théorème de mécanique animale que pour remplir leur fonction dans une complète harmonie, tous les leviers osseux du squelette dirigés dans le même sens doivent être exactement parallèles entre eux, et qu'ils doivent rencontrer ceux dirigés en sens inverse, en formant avec eux, au point d'intersection, des angles

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«28 LA MABÉGHALEBIE.

droits (1). C'est une loi qui se yériâe aussi bieu pour la statique de la machine animale que pour 8a dynamique,

c'est-à-dire pour les aplombs réguliers des membres envisagés comme colonnes de soutien, comme pour rexécution des allures.

De cette loi, il résulte que pour satisfaire aux conditions normales de parallélisme des leviers et de similitude des i angles, les os obliques doivent être indinés sur le plan ho- 1 rizontal exactement de 45 degrés.

Pour la région qui nous occupe, M. H. Bouley, en précisant une idée de Bouigelat, a donné du levier phalangieii des constructions graphiques que nous allons repro- I duire. Elles fournissent une démonstration palpable de la vérité de la loi dont il s'agit* On y constate de la manière la plus évidente les effets de surcharge produits sur les puissances ligamenteuses et tendineuses surtout qui maintiennent Faille de Tarticulation du boulet, par les modifications de forme ou les déviations de direction imprimées au sabot.

En considérant un membre isolément, et la portion du

corps qu'il supporte, ou conçoit sans peine que dans la région du métacarpe ou du canon, cette portion de poids tombe vers le sol suivant Taxe longitudinal de l'os qui est vertical. Dans Tarticulatioii du boulet, Taxe devenant oblique jusqu'au sol, qui réagit contre ce poids ^ la réaction engendre des composantes, dont une est dirigée dans le sens de la flexion du boulet , contre laquelle réagissent à leur tour les puissances ligamenteuses et tendineuses que nous avons décrites. Ce sont ces composantes dont Tint^té relative peut être exactement mesurée par la longueur des lignes dans les constructions graphiques de M. H. Bouley, donnant la théorie du levier phalangien.

(.1) Yoy. A. Sakson, Traité de zootechnie, édition, t. L

Ou ne sera pas effrayé 9 je pense , de ce langage géométrique» an demeoiant fort simple, dans la ciioonstance. H est d'aillems le seul propre à donner une idée nette et précise des conditions de raplomb. A ce titre, il mériterait bien que Ton fit an besoin qndques efforts pour le comprendre.

Dans la figure 5, qui représente le profil de la région du

Fig. 5. Levier phafangten nomiaL

pied , la ligne brisée ABC est le levier fictif de Bonrgclat ; B

est le point d'appui de ce levier, au centre de Tarticulation du boulet, où vient aboutir la pi^ession du canon, avec Tintensité entière du poids des parties supérieures; AB est le bras de levier de la résistance, représenté par les tendons qui glissent sur la face postérieure des grands sésamoïdes; enfin BC, celui de la puissance ou du poids à supporter, qui , par la réaction du sol, fait antagonisme aux tendons. Ceci posé, sachant que dans un levier brisé la mesure de

. la longueur des bras est donnée par la perpendiculaire abaissée d'un point de la direction de la force sur le point d'ap-

pui , l'on a dans BD la longueur réelle du bnis de levier delà puissance à laquelle les tendons doivent résister. Et il devient évident^ par la constractian même , que c^te longueur est en raison directe de l'obliquité de Taxe des phalanges, et aussi en raison de sa propre longueur. C'est oe qui fait

Fig. 6. — LeTier phalaiigieu trop long.

que chez les chevaux long-j&intèsj chez ceux dont les talons

sont trop bas par rapport à la pince , ou le pied trop lon<: dans toutes ses parties, les tendons et le boulet se fatiguent outre mesure et sont bientôt le siège d'altérations plus on moins prononcées, telles ([ue la nerf-feTrurc, la houJeture, qui est la conséquence d'une létiaction des tendons, cales moUettes.

En efiPet, supposons l'obliquité de Taxe des phalanges comme B'C (fig. 6) ; il est évident que B D' est plus grand que BD (fig. 5)| et que par conséquent A'B' étant égal à AB, la résistance de T' devra être plus gmnde que celle de T.

PHYSIOLOaiE DU PIED.

ai

Supposons, comme dans la figure 7, des longueurs du sabot de pins en plus grandes limitées par les lignes horizontales ON, O N', 0"N les peipendiculaires DC, D'C, D"C^ montrent non moins évideumient que la longueur du bras de levier de la puissance s'aocrof t à mesure et devient comme BD, BD' et BD".

Supposons, au contraire, que par une moindre obliquité

de l'axe ou par un raccourcissement artificiel du sabot, la longueur de ce bras de levier diminue, bomme dans BD ' (fig. 8) ; alors la résistance des tendons est déchargée, mais c'est au détriment des rayons osseux, et on s'en aperçoit bien au trouble des allures et aux réactions duies qu'elles occasionnent.

La théorie mécanique démontre, et Texpérience confirme, répétons-le, que dans le fonctionnement de la région du pied.

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92 Là MABÉGHALEBIE.

les lésistances au poids ne sont normalement réparties entre les tendons et les os qu'à la condition d'un axe phalangien

incliné tout juste de 45 désirés sur le plan horizontal, lors de Tappoi franc du sabot sur le sol. Il faut pour cela que la distance du point central de Tarticnlation du bonlet à Tex* trémité de Taxe phalangien soit telle, que cet axe repré-

Fig. 8. — Levier ithâlaiiglen trop oonrt.

sente exactement la diagonale d'un carré parfait, comme on le voit dans la figure 5, tandis que dans tontes les autra

gravures suivantes, elle est celle d'un parallélogramme rectangle.

L'extrémité inférieure de l'axe correspond à l'angle de Té- 1

chanerure de la sole, dans lequel se trouve logée la pointe de la fourchette. Si elle tombe plus en avant, c'est que la pince a été artificieDement trop racoonicie ; si elle tombe plus en an-ière, c'est que la pince est devenue ou a été lais- i sée trop longue, ou 1^ talons trop bas. Dans les deux cas,

les conditions normales de l'aplomb sont faussées. Dans le sabot conformé pour remplir exactement ces conditions (fig. 9), la hauteur de la paroi, à la région du talon, est sensiblement moitié de celle de la pince. Plus ou moins haute, il en résulte une déviation préjudiciable de Taplomb normal. Chez le cheval vivant en liberté, sans ferrure, chacun des

Fig. n. — rietî «le cheval uormal.

points du contour plantaire de la paroi portant sur le sol avec la même intensité subit également Tusure. Celle-ci, comme nous l'avons dit, est insuflSsante ou excessive, suivant la dureté du sol sur lequel Tanimal se déplace.

Le parfait équilibre se réalise bien rarement entre la pousse de la corne et son usure. Mais l'important à considérer est que, dans l'état physiologique, cette usure, qu'elle soit insuffisante ou excessive , s'effectue toujours par tous les points à la fois. Il en résulte une notion théorique que l'art doit se proposer de réaliser, puisqu'il a poiu' objet , en préservant

34 LA MABÉCHALRRTF»

le sabot des atteintes diiectes d'un sol trop résistant, en égard à sa ràsistaoïce propre, de le ramener à des dimensions normales, dès qu'il s'en est écarté par la pousse naturelle

de la corne.

Telles sont les conditi(ms natorelles de la r^on du pied des monochctyles, et en particolier du cheval. S'il ne s'^V sait que de déterminer le mode de ferrure méritant la qua- 1 lification d'hygiénique, en d'autres termes celui qui serait le [)lus propre à maintenir pour le sabot et pour les autres | parties de la région Tétat physiologique plus liant indiqué, en vérité la question serait fort simple. Les principes scientifiques de l'art de ferrer les anîmaux se déduisent sans difficulté des considérations que nous venons d^exposer.

Mais ce n*est pas tout à fait ainsi que cette question se pose, dans l'état des choses. H faut, pour être pratique, tenir compte k la fois et du passé et du présent de l'art dont nous av(ms à nous occuper. Il faut ccmsidérer que la routine et les faux systèmes, même Tempirisme le plus raisonné, ont fait du sabot du cheval, dans le plus grand nombre des cas^ une chose artificielle par sa forme, qu/il y a lieu de ramener ordinairement à son état naturel.

Le plus souvent, et pendant longtemps encore, sans doute, c'est de la ferrure orthopédique que devra faire le maréchal qui Voudra rentrer enfin , en s'inspirant des no* tiens scientifiques, dans les véritables principes de son art. Assurément, U rencontrera bien peu de pieds à ferrer pour la première fois sauf ceux qui ne Tauraient jamais été , dont les dimension^s et la forme soient telles que les indiquent la théorie de hac fonctionnem^t*

La ferrure usuelle, que nous allons décrire en faisant ressortir ses principaux défauts, a pour effet obligé de les altérer tonjouis plus ou moins. Oa a coutume de mettre BUT le courte de» inconvéniente inhérente à la pnOi^ même de ferrer le pied des animaux les altérations si nom-

ZEBRURE USUELLE. U

bieiues qni se font observer. J'espève qu'il ne me sera pas Ken difficile de démontrer qu'elles doivent être plus justement imputées au désaccord qui existe entre les pratiques généralement usitées et les nécessités du fonctionnement physiologique du pied.

Nous ayons négligé à dessein d'indiquer en particulier ces nécessités pour le bœuf. Elles n'ont pas à beaucoup près la même importance que pom* les monodactyles, et il y a de cela bien des raisons sur lesquelles il serait superflu d'insister. La principale est que la carrière du bœuf se réduit de plus en plus, et que sa fonction de moteur s'accomplit dans des modes beaucoup plus restreints. Il sera temps â'en dire quelques mots lorsque nous nous occuperons de la ferrure qui lui convient.

CHAPITEË III.

FERRURE USUELLE

En quoi elle consiste. — Nous appelons ferrure usuelle la fermre dite française, telle qu'elle est généralement pratiquée dans les meilleurs ateliers de maréchalerie. Avant de nous occuper de son manuel , il convient de dire en quoi elle consiste, de décrire la forme des fers usités dans sa pratique, les préparations qu'a subies le sabot pour leur application, et les clous employés pour les attacher aux pieds

Fer ordinaire. — Voici la description qu'en a donnée M. fi, Bouley. Nous ne saurions mieux faire que de la citer textuellement. C'est l'œuvre d'un mattre en la matière ;

86 LA KâBÉCHALEBIE,

« Le fer le plus nsaelleiueiit employé reçoit le nom de mUnairê, à éhmnt on à dêrrièrê, snirant les pieds sous

lesquels il est destiné à être fixé. Le fer ordinaire à devant^ tel qn'on le foige anjonrd'hni^ représente nn croissant ( fig. 10 ) , dont les dimensions sont telles en longnenr et en largeui', qu'il couvre tout le bord plantaire de la paroi, jnsqne même un peu au delà des arcs-bontants, et tout le limbe de la sole, dans sa partie releyée en bord de dodie, de telle sorte que quand ce fer est appliqué sous le pied, la fourchette seule et la r^on centrale de la plaque solaire n'en sont pas revêtues. Du reste, la couverture du fer, dit

ordinaire, est chose très variable, suivant les sujets, leur taille, leur poids, la configuration de leurs pieds, et la nature de leur service. Rien à cet égard ne saurait être déterminé rigoureusement ; la pratique indique dans quelles limites, à cet égard, les dimeiisiou< . Fig. lu. — Fer ordinaire doivcnt Varier suivant les exigences des

cas mdividuels. Les etampures du fer ordinaire à devant, équidistantes sur chacune des branches, sont généralement plus rapprochées sur celle du dedans qik sur celle du dehors, de tcdle sorte que sur celle-là, la dernière de la série ou la quatrième se trouve plus écartée dt Véponge que sur celle-ci. Dans tous les cas, cette dernière étompure est rarement placée au delà, en amère, de b moitié du quartier auquel elle correspond; toujours, constquemment, le tiers postérieur des branches du fer n'est que supeiposé au bord plantaire du sabot, et entre les deux il n'existe pas d'attache par le moyen des clous. L'épaisseur du fer ordinaire est généi-alement égale dans toute son étendue; quant à sa couverture, communément celle de sa branche interne dépasse un peu celle de rexteme ; puis elle diminue graduellement, dans l'une et dans Tautre, jns-

Diyiiized by Googic

FEEBT7BE USUELLE. 87

qu'aux éponges qui conflervent assez de longueui* pour garnir de chaque côté les aros-boutants sur lesquels Téponge doit porter à plat.

« Le fer ordinaire à derrière (iig. 11) est différent de celui de devant, par sa forme moins ciroulaiie ; son épaisseur est plus forte en pince que dans les branches où elle diminue graduellement jusqu'aux éponges; les étampures, distribuées également sur les deux branches, laissent en pince un espace plus làrge, qui permet d'y établir un pinçon. Les branches sont différentes l'une de l'autre, par leur forme, leur longueur, leur épaisseur. L^exteme, plus longue et plus épaisse que l'interne, diminue insensiblement de largeur jusqu'à l'éponge, qui est repliée de dessus en dessous, à angle droit, pour former un crampon. L'interne, plus petite, moins épaisse et moins large, se tennine ng. n. - Fer ordipar nue pomte mousse que Ton rabat sur la face inférieure du fer, pour former un petit crampon, quadnfadé comme la tête d'un dou à cheval, et auquel on donne le nom de mouche (l). »

Tel qu'il a été préparc pour être attaché au pied, le fer comporte ce que l'on appelle une ajusture. Ce mot signifie que son contour externe suit assez exactement celui du bord plantaire du sabot, sauf dans les régions du quartier et du talon, qu'il déborde plus ou moins, surtout du côté externe, à partir de la mamelle. O'est ce qui a reçu le nom de ffoimi' tare. En outre, sa face supérieui-e a été martelée <t de manière à lui imprimer, dans le sens de sa largeur, depuis la pinoe jusqu'au niveau de la moitié des branches, une incurvation à peine sensible, de laquelle il résulte cependant que

(1) Nowéau DieUonnaire pratique de médecine^ de chirurgie et hygiène vétérinaires, par H. BOTJLET et Betnal, article Ferrwrc^ t. VI, p, 628.

Diyilizea by ^OOglc

88 LA MAEÉGHALESIE.

sa rive exfcçme est au pea saréleyée par rapport à rinteme^ quand le fer repose sur un plan par sa &oe inférienie, et

que y couâé(^uemmeut^ cette deruière est très légèremeut couvexe, tandis que celle qni lui est q>poBée présente au oon^ traire une concavité à peine marquée. Mais cette incurvation de la couverture du fer ne doit exister que dans sa partie antérieure; la face inférieure des branches» en arrière^ doit toujours rester absolument plane.. »

Ces conditions, décrites par M. K. Boulej, sont considérées conmie parfaites dans la ferrure usuelle. U est bien rare qu'elles soient réalisées» C'est seulement dans quelques ateliers bien dirigés des graudes villes qu'où les rencontre. Le plus souvent Tajustuie est forcée ; la couverture du fer, c'est-à-dire Pétendue en larç^eur des branches , depuis lapince jifcqu'aux éponges ou extrémités, est fortement incurvée, et dans le sens de leur longueur les branches du fer suivent une courbe plus ou moins prononcée; de telle façon que leur ùjcq inférieure, eu anière, ne reste point absolument plane* Les fers ainsi préparés sont dits afuêté^ en bateau, ce qui s'oppose, comme on le comprend bien, à ce que l'appui du pied se fasse avec une égale intensité par toutes les parties à la fois du contour plantaire : premier manquement aux conditions physiologiques de l'aplomb»

Mais les conditions parfaites du fer usuel fussent-elles réalisées, il a par lui-même des défauts que nous devons fedie ressortir: Us sont en même temps économiques et phjsiolo* giques.

L'objet de la ferrure étant seulement de prévenir rusare* du bord plantaire de la paroi, de manière à ce que les parfciecp vives ne soient pavS atteintes aux points de jonction de la sole avec celle-là, tout ce qui, dans la couverture du fer, dé* passe la limite de l'épaisseur de la parOi devient superflu» Les maréchaux anglais semblent l'avoir compris, en donnant à leurs fers beaucoup moins de couverture que n'en ont en

FERRURE USUELLE

! gàiàul les fers français. Par là, mais par là seiilemenfc, la ferrare anglaise a un avantage marqué sur la ferrure usuelle ; française.

Il y a donc d'abord, dans la confection du fer pour celleci, une consommation de matière absolument inutile, et par conséquent une perte sèche. La durée du fer, à qualité I égale de cette matière, donnant la mesure de sa résistance ' à rtumre, n'est point en raison de Tétendue en surface de sou contact avec le sol, mais bien en raison de Tépaisi senr.

Le fer étroit dans tontes ses parties remplit donc, au point , de \Tie économique, toutes choses étant d'ailleurs égales, le môme office que le fer èouvert. U permet une diminution de î>oids, qui n'a pas pour seul avantage de réduire à la fois ia quantité de matière employée à sa confection , et le temps et la force de l'ouvrier qui le confectionne à la forge, de diminuer par là son prix de revient ; il épargne en outre au cheval qui le porte une dépense de travail tout à f:iit inutile, sans parler des tiraillements continus qu'un fer trop lourd fait subir à la corne, chaque fois que le pied se lève , par i'intermédiaire des clous qui le fixent au sabot.

Cette dernière considération a été beaucoup trop négligée, au grand dam des chevaux. Nous avons fait avec M. H. Bouley un calcul qui peut en donner une idée assez juste, et quelesavant maître a communiqué à la Société impériale et centrale de médecine vétérinaire.

Supposons, a-t-il dit, que le ]^oids d'un fer ordinaire soit de 1,000 gr. Cette supposition n'a rien d*6xcessif; elle est bien souvent dépassée dans la pratique usuelle. H n'y a rien d'excessif non plus à admettre qu'un cheval qui trotte fait I un pas .par seconde, ou 60 par minute. Donc, ce cheval déi)ense, en somme, en une minute, la force nécessaire pour élever à une hauteui* déterminée soixante fois le poids d'un kilogramme pour chacun de ses membres, soit 60 kilogr.

LA HABÉGHâLEBIE.

Pour évaluer la force en kilogrammètres, il faudrait déterminer la hanteur.à laquelle s'élève le fer entraîné par le pied ;

mais la donnée dont il s'agit n'est pas nécessaire à notre raisonnement, non plus que celle de la multiplication que fait snbir au poids soulevé sa présence à Textrémité d'un bras de levier défavorable à la puissance.

Ce poids, pour les quatre membres, est représenté par 60 X 4 = 240 kilogr., en une minute ; en une henre, 240 X 60 = 14,400 kilo^'. ; en une journée de travail d'un cheval d'omnibus , considéré dans le calcul, laquelle est de quatre heures, 14,400 X 4 = 57,600. O'est donc Ténorme somme de force nécessaire pour soulever 57,600 kilogr. que le cheval d'omnibus aura dû dépenser pendant la durée de son service journalier, par le seul fait de la présence d^uu fer sons chacnn de ses pieds, indépendamment des efforts qu'il aura dû faire pour monvoirson propre corps et entraîner la charge à laquelle il est attelé.

Oette somme de force dépensée, il faut qu'elle se retronve. Elle n'a pu être produite qu'aux dépens de l'appareil musculaire, où elle a occasionné une dépense qui se traduit, en définitive, par de la nourriture consommée, s'il y a en réparation , ou par une usure plus prompte de la machine animée, dans le cas contraire. Le tout aboutit à une consommation de capital, qui doit être, en saine économie, ramenée à la quantité strictement nécessaire pour que soit atteint le but de la ferrure.

On sent à merveille, d'après cela, combien il importe de réduire autant que possible le poids des fers. Quelques grammes de plus ou de moins, par la répétition des actions influencent la somme des efforfcs d'une quantité toujours considérable, et qui ne peut dès lors être négligée. Nous verrons plus tard que la réduction peut aller sans le moindre incouvénient, dans la plupart des cas, jusqu'à la moitié. Pour le cheval d'omnibus pris en exemple, comme base de calcul,

Diyilizea by GoOglc

FEBBXTBE TTSTTELLE.

e'est donc une économie de près de 80,000 kilogr. de poids à déplacer en une journée de travail.

Appliquez le même calcul au cheval de gros trait^ travail* lanb an pas dorant tont le jonr, vons arriverez an même {ésultaty* car la donnée fondamentale dn chemin parconra ne varie pas ; le temps change seul ; la durée de la dépense de force a été senlement plus longne*

Un des d^uts habituels dn fer ordinaire, surtout du fer à derrière, est la différence d'épaisseur qu'il présente dans ses diverses parties. Nous avons vu que € son épaisseur est plus • forte en pince que dans les branches, où elle diminue graduellement jusqu'aux éponges. » Cela ne contribue pas peu à augmenter la dépense de force qui vient d'être calculée, car le plus fort poids de fer est ainsi placé àPextrémité du levier qui le soulève.

Mais les inconvénients d'une telle pratique sont encore plus saisissables dans Tappui , au point de vue des conditions de

l'aplomb, sur lesquelles nous n'avons pas à revenir à ce propos.

Le motif qui a fait donner au fer cette forme est, en vérité, spécieux. Dans le fer ordinaire à derrière, c^est la région de la pince qui s'use la première , et c'est pour cela qu'on a cru devoir la renforcer. En réalité , elle ne s'use seule que parce qu'elle est la plus épaisse, et parce que Tappui s'y fait à peu près exclusivement, au détriment de la forme normale de Tongle et de la conservation des tendons. La mou« che et le crampon des éponges nY remédient que dans une très faible mesure , sinon pas du tout. Les principes physiologiques indiquent^ pour les meilleures conditions de l'appui, ime égale épaisseur de toutes les parties du fer à derrière, comme de celles du fer à devant.

Il n'y a aucune raison non plus pour justifier l'habitude de laisser aux branches d^in^ales largeurs, d^ikmper la branche interne à maigre, c'est-à -dire de manière à ce que le bord de Tétampure affleure sa rive externe, et la branche

LA HARÉCHALEBIE.

externe à gras , à partir de la mamelle, eu s'éioignaut de plus en plus de. la rive^ ponr qne la face Bnpérienre de Jà •branche puisse déborder le sal>ot et former garniture. C'est affaire de routine et de coup d'œil, l'ouvrier abattant d'au conp de lime Taréte qoi fût saillie, pour loi donner nn aspect brillant appelé bord d argent, dans les ateliers.

Pour les chevaux qui portent, ou qui tirent attelés à des véhicules légers, aux aliores vives sortont, Tinégalité d'épaisseur des fers n^a qne des inoonvéniente. Ponr les chevaux de . gros trait, obligés de se cramponner eu quelque sorte au sol, danslenrs efforts de traction, en l'attaquant d'abord par la pince, on comprendrait jusqu'à nn certain point qu'il y eût lieu de renfoncer celle-ci, afin de communiquer au fer plus de résistance à F usure. Mais il est douteux que le faible avantage d'une dnrée de quelques jours de pins, ponr le fer, puisse compenser la dépense de force perdue, occasionnée à la fois par raccroissement du poids à soulever et par la dé- .viation des aplombs, sans parler des altérations qne oette déviation entraîne infailliblement dans le sabot.

Aspect du pied paré. — On dit qn'un pied est paré pour

la ferrure usuelle, lorsque sa surface plantaire a subi les préparations qui permettent d'y attacher le fer, au moyen des dons qne nous décrirons plus loin.

Encore ici , pour bien indiquer les conditions généralement . considérées comme étant les meilleures, en ce qui concerne k forme qne doit avoir le sabot paré, noua ne saurions mieux ^ faire que d'en emprunter l'exposé an travail déjà cité de M. H. Bouley, en faisant remarquer toutefois, afin d'éviter tonte méprise, qne depuis la rédaction de ce travail, le savant maître s'est rallié à d'antres principes, pins conformée aux lois physiologiques.

La forme qne le sabot doit présenter, avant l'appUcation du fer, avait-il dit, est la forme naturelle, celle qne le sabot

FEBBTJBE USUELLE.

luirait priae de Im-méme., si naturellement il avait frotté et s'était usé sur le sol. C'est fort juste ; mais l'auteur poursuivait avec moins de vérité (et l'un pense encore généralement Oûmme il pensait loi-même alon à cet égard) de la manière suivante : « Pour la connaître (cette forme) , on n'a qu'à observer Tétat des sabots sur les chevaux qui marchent pieds nus dans les pâtures. Sur ces pieds, l'usure se caractérise par des effets toujours plus sensibles sur la partie antérieure de Tono^le que sur les talons; et, sur sa partie antérieure, elle est toujours plus manifeste depuis la pince jusqu'au delà de la moitié antérieure du quartier externe , que sur la mamelle et le quartier internes ; en sorte que cette dernière mamelle est notablement pins saillante qne l'autre ; que le quartier An dedans conserve plus de hauteur que celui du dehors; que les talons., enhn, s'abaissent moins suils Tinflnence des frottements qne la partie antérieure dn sabot. Tels sont les effets de Tusore naturelle r ils témoignent évidemment que, dans les conditions de nature, le cheval appuie davantage sur la pince que sur les talons, sur le côté externe des sabots qne sur Finterne^ et tend davanti^ à les user* « Eh bien! ce pied ainsi usé par le frottement naturel doit servir de modèle an maréchal; c'est sa fonne qu^il doit imiter ; en d^antres termes, le sabot qui sort de ses mains et qu'il vient de réduire à sîi longueur normale par l'action de ses instruments tranchants, doit avoir absolument la même . configuration que s^il s^était usé naturellement Donc il iaut que le maréchal ait le soin, en raccourcissant et en parant le pied, de ménager plus de hauteur an quartier et à k mamelle internes qu'à la mamelle et an quartier externes , et d'abattre plus la pince que les talons, car lorsque le pied use naturellement, il se raccourcit bien plus en avant qu'en arrière, et plus aussi endebors qifen dedans (1). »

(1) Loc dmi. 641«

LA. KABÉGHAUBBIE.

Ces préceptes sont oonfomes aux pratiques usitées depuis

longtemps dans les meilleurs ateliers de Paris. Le sont-ils éofalemcîit à la réalité des choses naturelles,' d'où ils semblent déduits ? C'est ce qu'il n'est pas possible d'admettre, quand on a eu roccasiou de voir un ^nd nombre de chevaux n'ayant jamais subi ropération de la ferrure.

J'ai, pour mon compte, vécu durant six années consécutives au milieu d'un pays peuplé de juments employées à la production des mulets, et dont la plupart n'avaient point connu le fer sous leurs pieds ; j'ai vu fréquemment arriver dans un dépôt de remonte, où ils étaient ferrés pour la première fois, de jeunes chevaux de troupe venant de leurs prairies natales ; je ne reconnais pas, dans les indications données plus haut, la représentation exacte de ce qu'il wlk été possible d'observer.

Certes, ces indications ont été plutdt induites des faits considérés comme constants par les mattres autorisés de la maréchalerie , que déduites de l'observation directe. Il n'y faut voir, évidemment, qu'une explication après coup des idées traditionneUes sur la forme à donner au sabot , pour la bonne ferrure usuelle.

La vérité est que chez les chevaux vivant dans les pâturages , ou maidiant sur la terre meuble des chemins ruraux, le sabot dépourvu de fer, si ranimai a des aplombs réj^uliers, s'use paiement par toutes les parties de son contour plantaire, lorsqu'il s'use, ce qui n'est pas le plus ordinaire, du moins suffisamment pour que le pied conserve sa longueur normale.

L'opinion que nous dierchons à réfuter, et qui est la pins

répandue parmi les maréchaux, qui est trop commune, malheureusement, tient à une fausse notion de la hauteur normale des talons, et de la direction de la paroi, vers leur région, dans le sabot bien conformé. L'habitude vicieuse de &ire déborder le quartier externe par la rive du fer, tandis

Diyilizea by GoOglc

FEBBXniE UBUELLE

que le quartier mteme l'affleure exactement» de ferrer juste

en dedans et de donner de la garniture en dehors, a seule fait prendre aux sabots ferrés depuis uii certain temps la |onae indiquée, qui est artificielle, et non pas du tout naturelle. Dans le sabot yraiment à Tétat de natoxe» les mamelles, les quartiers et les talons sont égaux en hauteur et eu direction; ils ne 8*u8ent ni plus ni moins que la pince, lorsque le sabot foule un sol asseas résbtant pour les user d*une quantité équivalente de celle que fournit leur pousse naturelle.

Lorsque Tusiire est intermittente, c'est-à-dire lorsqu'elle se produit après que le sabot a pu acquérir bien au delà de sa longueur normale, alors évidemment les conditions sont changées. L'aplomb n'étant plus rentier, par l'allongement du levier phalangien, c'est la pince qui subit les plus grands frottements et qui s'use davantage, à coup sûr, dans la marche sur un terrain dur. De là est venue, probablement, Terreur que nous signalons.

Il est recommandé, dans la pratique de la feiTure usuelle, de parer le pied à fond, ce qui signifie que le bord plantaire de la paroi doit être rogné aussi près que possible de la ligne de jonction entre la sole et cette même paroi, sans toutefois arriver jusqu'aux parties vives sous-jacentes. On peut formuler comme un aphorisme, dit M. H. Bouley, que plus les pieds du cheval sont courts , mieux il est dans son aplomb et plus à Tabri des fatigues qui résultent des disten- -aions outrées de l'appareil suspenseur du boulet, ligaments et tendons.

• « Trop souvent, ajoute-t-il, la ferrure, telle qu'elle est pratiquée par le commun des ouvriers, pèche par un double défaut, à ne considérer les choses qu'au point de vue exclusif de l'actiou de parer. D'une part , les sabots sont ménagés trop longs, en général ; et de l'autre, ce fait est encore exagéré par la prédominance de la longueur de la pince sur celle des talons, en sorte que le levier phalangien est toujours

LA MABËCHAIiE&IE.

plus grand qu'il ue deTiait l'être^ après le renouvellemeut de la fermre, et qaè conséquemment le poids da corpe se trouve départi en trop grande quantité sniTappareil tendineux suspenseur (1). i>

Mais» en revanche, si le contour plantaire de la paroi eot généralement trop ménagé par les ouvriers marécliaux, il n'en est point de même du reste de la surface plantaire. Préoocnpés de &ire ce qu'ils appellent € de la belle ouvrage, » du travail propre, ils ont une insurmontable tendance à parer abusivement la sole, la fourchette et les arcs-boutants, à les < blanchir. » Pour les demiers, il arrive mémé souvent qu'on les détruit presque complètement en creusant les lacunes latérales de la fourchette et eu faisant cesser leur continuité avec la paroi.

C'est ce que Ton appelle <t ouvrir les talons. »

Ceci est le résultat d'une idée systématique raîsonuée, mal raisonnée par quelques-uns, mais appliquée d'une façon routinière par la plupart.

Ceux qui la raisonnent croient que c'est un bon moyen de &voriser resqurnsion des parties postérieures du sabot, dans l^ypothèse de leur prétendue élasticité.- H ne sera pas nécessaire d'insister maintenant, après ce que nous avons dit dans le chapitre précédent sur la physiologie du pied, pour âire sentir à quel point cette idée est erronée. Nous savons que la fonction normale des arcs-boutants est de servir à l'appui sur le sol, comme toutes les autres parties de la surface plantaire, afin que la pression du poids du corps se répartisse exactement, suivant sa loi naturelle, entre toutes ses parties. La forme normale du sabot ne se peut conserver intacte qu'à cette condition.

Il n'y a aussi que des inconvénients à diminuer l'épaisseur .naturelle de la sole et de la fourchette, qui sont faites pour

(1) Loc. cit., p. 642.

FEEEUEE USUELLE,

toucher le sol dans l'appui du pied; la fourchette surtout, donfc l'élasticité, vers l'extrémité de ses branches, amortit le choc et consolide l'appoL L'habitude videiise de réduire artificiellement son volume la fait bientôt dessécher et l'empêche tout au moins de remplir son office.

Quant à la sole^ son amincissement ne peut que oontri» bner au resserrement de la paroi , par la dessiccation qu'il provoque, en mettant au contact de l'air la corne spongieuse et humide qui constitue ses couches profondes. Ces couches doivent demeurer protégées par les couches plus superficielles et plus anciennes, qui se détachent spontanément et tombent, sons formes d'écaillés^ lorsqu'elles ne sont plus utiles. Les laisser subsister sous le pied paré ne peut donc avoir que des avantages, à tous les points de vue.

Mais ces considérations relatives à la sole et à la fourchette sont peut-être celles que l'on méconnaît le plus souvent, dans la pratique de la feiTure usuelle. Les ouvriers maiéchauz croiraient avoir laissé leur besogne Men incomplète, avoir fait un travail bien peu propre, s^ils ne nettoyaient, comme ils disent, le dessous du pied. Cette préoccupation va parfois jusqu'à entraîner des lésions graves, dont nous nous <Kscuperons au chapitre des accidents de la ferrure.

Les plus habiles à manier les instruments mettent leur amour-propre à parer la sole jusqu'à la rosée, à ne laisser plus qu'une mince pellicule de corne, par les pores de laquelle le liquide qui imprègne le tissu velouté vient sourdre en fines gouttelettes. Le grand art pour eux est de pare)r le pied à fond, sans faire boiter le cheval.

Il faudrait que cela se bornât à la paroi, qui est d'autant mieux parée, en réalité, qu'elle n'excède point Ita hauteur normale, ainsi que nous l'avons déjà dit ; mais quant à la sole et à la fourchette , les frottements qu'elles éprouvent naturellement les usent toujours assez. Un pied est donc

Diyiliz

bien paré senlement loraqae les inslmments du maréchal

n'y ont pas touché du tout. Il est même superflu de hâter la chute des parties qui s'en détachent d'elles-mêmes, bien que cela ne puisse avoir, au demeurant, aucun inconvénient

marqué, si ce n'est celui de s'exposer, avec des ouvriers inintelligents, à dépasser le but.

Des clous. — Les clous à l'aide desquels le fer est attaché au pied ont une forme, particulière (fig. 12), qui les

distingue nettement de tous les autres, du moins dans la ferrure usuelle. Ils sont connus sous le nom de elom à chêml. Ils ont une téte, une lame et une pointe. Il y en a de plusieurs dimensions, qui doivent être en rapport avec le volume du pied à ferrer éb avec l'épaisseur de la partie du fer qu'ils servent à attacher.

Ja Ut» plus ou moins volumineuse, représente deux pyramides quadrangulaires unies par leur base, le sommet de la supérieure étant tronqué et celui de rinférieuie continué par k lame, qui forme en ce ix)int mi collet

pour la terme nraèiie. o'est-à-diie Une sorte djétranglemenfc,

• dont dépendent en grande partie la résistance du clou et la solidité de la ferrure. La partie pyramidale inférieure de la téte du clou se loge à frottement dans rétampure du fer, et la supérieure '&it saillie à la snrbioe de celui-ci, jusqu'à ce que l'usm'e Tait mise de niveau, ce qui arrive promptement.

La lame CDE, aplatie ainsi que l'indique son nom, est plus épaisse au niveau du collet et s'amincit ensuite progressivement jusque veis le tieis supérieur de sa longueur.

F£E£UjEI£ usuelle. 49 .

pour conserver ensuite une épaisseui' et une largeur uniformes, jusqu'à son extrémité.

La pomky aplatie sar ohamp, o^est^t-diie en sens inverse de la lame, forme à l'extrémité inférieure du clou une petite masse de fer en pyramide allongée plus ou moins régulière F, qni devia snbir, avant l'emploi dn don, nne pr6paration qu'on appelle affilure, et qui lui ^X-Tmet de pénétrer dans Tépaisseur de la corne, sous Timpolsion des coups frap^ péa snr la tète dn clou.

Pour être de bonne qualité, les clous à cheval doivent être très ductiles; il faut que leur lame puisse plier en tous les sens et ne jamais se rompre , que le fer dont ils sont fisâts soit bien corroyé, dépourvu de pailles, surtout dans la lame. Ce n'est pas là seulement une questions de solidité : les clous •paiUenz se penvent diviser dans répaissenr de la paroi et aller blesser les parties vives.

Avant d'être ,en état de servir à l'attache du fer ou d'être broché, le clou doit avoir subi l'opération de l'affilure. Cette opération consiste à préparer la pointe et à donner de la rigidité à la lame, pour qu'elle puisse pénétrer dans la corne sans se couder et sortir à la hauteur voulue de la surface externe de la paroi, au lieu de se diriger vers les feuillets du tissu podophylleux; et cela sans que la lame du clou puisse se couder dans son trajet, du côté surtout de ce tissu, sur lequel elle produirait une compression douloureuse.

L*aflSlure est donnée par un martela^ à froid de la lame, qiii la rétrécit un peu et l'étiré, eu la redressant si elle était courbée ; la pointe en acquiert ime acuité plus grande, et elle est disposée en biseau sur une de ses faces qui, loi-sffue le clou s'enfonce dans la paroi, est tournée du côté de la sole. On comprend que cette disposition ait pour effet de dirige la lame vers l'extérieur, en lui imposant, à mesure qu'elle s'enfonce, une marche oblique.

Le martelage de l'affilure bien faite est à peine sensible

Diyilizea by

ÔO .LA MARÉCHALEKIE.

enven le miliea de- la lame da clou, qui doit conserver tonte

sa ductilité preniière, afin de fouruir sans se briser le lepli appelé rwet^ qui maintieiit le clou dans la paroi, enformantnn crodiet snr celle-ci, et contribae pour sa part à fixer le fer au sabot d'une manière solide.

Le seul défaut qu'on puisse reprocher aux dous employés dans la ferrure usuelle se rapporte à la forme de leur tête. On ne comprend pas bien l'avantage de cette tête si volumineuse, relativement à la force de la lame, et qui nécessite un collet, par où les clous se brisent le pins souvent. La saOlie que fait cette tête en dehors de Tétampure n'a que des inconvénients. ïant qu'elle dure, Tanimal marchant sur un sol résistant ou snr un pavé, eUe s'oppose à l'appui franc du pied, et les ébranlements qu'elle reçoit de ces chocs dérangent la solidit/é de la ferrure, quand le collet du dou résiste.

En outre, pour se loger par moitié dans T^^mpure, elle nécessite une étendue de celle-ci qui diminue considérable- .ment 1^ force de résistance des branches du fer. C'est en grande partie à cause des exigences de cette étampure que celles-ci, dans le fer ordinaire, ddvent avoir autant de couverture, ce dont nous avons fait ressortir les mauvaises conséquences. Le fer anglais, à branches étroites, porte une rainure dans laquelle se loge la tête du clou, qui est d'une forme différente et beaucoup moins volumineuse.

Nous verrons plus loin comment il a été remédié à ce défaut dans la ferrure française. Auparavant, il fout ache\'er, par ce qui concerne le pied ferré, notre examen de la pratique usuelle.

Aspect du pied ferré. — La forme des fers ordinaires, des clous, et l'aspect du pied paré étant connus, nous n'avons que peu de diose à dire sur ce qui se présente lorsque le travail du maréchal est terminé.

Avant d'attacher le fer ajusté, il a eu soin de le faire por-

FERRURE USUELLE

ter à chaud bot tous les points du oontonr plantaire de la

paroi, brûlant toutes les parties de la corne qui pouvaient mettre obstacle à une coaptation exacte. S'il a ferré à froid, ce qui se pratique anssii la coaptation a été obtenue à Taide de ses instruments.

£n brochant les clous^ son habileté a consisté non seulement à les implanter tons complètement d'un seul coup pour chacun, sans avoir besoin de les redresser ni de les arracher, mis encore à les faire sortir uniionnément de la paroi suivant une ligne oblique d'avant en arrière de la pince auquar-, tier, c'est-à-dire à des hauteurs successivement décroissantes et suffisantes pour assurer la solidité de Timplantation. L'irrégularité de ces hauteurs fait dire^ en termes d'atelier, que les clous sont broehès m musique, sans doute parce que les rivets font alors en quelque sorte l'effet de notes écrites sur les diverses lignes d'une portée musicale.]

Ces rivets, rognés de court et un peu logés dans une petite ' xcavation de la paroi, ont reçu le plus souvent les atteintes de la râpe dont se sert l'ouvrier, pour obtenir l'affleurement de la paroi, vers son bord plantaire, avec la rive externe du 1er. Avant l'application de celui-ci, il avait râpé de môme depuis la mamelle eicteme jusqu'au talon, où le fer, dans a pratique usudle, doit excéder l'étendue de la corne ou avoir de la garnitm^e, ainsi que nous l'avons dit déjà.

Dans cette pratique, considérée comme irréprochable, le sabot a donc été rftpé depuis le contour plantaire jusqu'au niveau des rivets. Mais ce sont les ouvriers intelligents et réputés habiles qui s'en tiennent là. Trop souvent les maréchaux croi^t faire œuvre méritoire en râpant toute la surface externe de la paroi. Ils appellent cela faire un Jmtjk

En privant ainsi la corne de l'enduit naturel qui lui vient

du périople et qui la maintient dans Fétat d'hygi'ométrieité favorable à sa souplesse, ils nuisent à ses fonctions et pro-

Diyi

62 LA MAE.ECHATiEB.IE.

Voquent dans un grand nombre de cas ces ruptures de sa

continuité appelées seimes. C'est une pratique des plus vicieuses, dont il importe beaucoup de s'abstenir, dût le sabot avoir un aspect moins flatteur pour Tœil, ce qui est loin d'être vrai. Comme couleur et conmie forme, la nuance luisante de la paroi naturelle lui donne des propriétés plus agréables que les traces de la rftpe, sans compter lenr ntilité, qui devrait en tout cas prédominer.

£n somme, indépendamment des particularités qui viennent d^être exposées, ce qui frappe surtout le phyâologisté dans Texamen du sabot ferre selon le mode usuel, ce sont •les modifications que sa forme naturelle en a subies. Il me paraît incontestable que la tradition artistique a fait au obeval un sabot à son image. Au lieu de s'inspirer de la nature, elle a eu la prétention de la corriger, d'après ses propres conceptions plus on moins mal raisonnées, et, bien entendu, croyant faire œuvre d'amélioration.

Cette prétention est familière à l'houmie, dans toutes les applications de ses facultés. U aime mienx, en général, abs* traire qu'observer. On loi a tant dit qne sa puissance d'abstraction le faisait roi de la création !

Mais nne réaction salutaire se produit en ce temps. Les méthodes pour arriver à la connaissance se sont grandement perfectionnées. Un nombre cliaque jour plus grand de travailleurs se persuadent qu'il n'y a pas d'autre voie sûre, pour la recherche dn vrai, que celle de Tobservation, et le succès couronne lem's efforts. L'étude de l'art de ferrer les chevaux n'est point restée en dehors de cette heureuse tendance. Nous allons voir le contingent qu'elle en a reçu.

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