TECHNIQUE
Jl n'est pas dans nos intentions d'étudier dans tous ses détails la technique de la thyroïdectomie qui est et a été l’objet de travaux aussi remarquables que nombreux. Nous fixerons simplement les points que nous aurons à envisager de plus près au cours du chapitre d'anatomie.
La thyroïdectomie subtotale large est réalisée suivant différentes modalités. Mais son but est toujours le même : enlever le maximum de parenchyme thyroïdien tout en laissant subsister la quantité de tissu nécessaire à la bonne marche des fonctions de l'organisme et surlout en respectant anatomiquement et physiologiquement le récurrent et les parathyroïdes. Comment ce but est-il atteint ?
Avant d'envisager la technique proprement dite, 1l est nécessaire de rappeler un certain nombre de règles absolument capitales.
Il n'y a pas une technique standard, mais des techniques qui permettent au chirurgien de s'adapter, d'intervenir avec souplesse à la demande des lésions.
Tout\ d'abord, il faut faire preuve d’une grande douceur, d'une grande minutie au cours de l'intervention en raison de l'extrême sensi- - bilité du récurrent et des parathyroïdes aux traumatismes les plus légers.
L'hémostase, réalisée préventivement suivant le procédé de Halsted, doit être absolument parfaite. Dans cette chirurgie de dissection, chaque vaisseau doit être pincé avant d’être sectionné. Dans ce travail d’hémostase on ne doit à aucun prix s'éloigner de la surface de la glande. En effet, le simple fait de placer une pince après coup et de dévier de quelques millimètres est un grand danger pour le récurrent, les parathyroïdes et leurs vaisseaux. |
La graisse périthyroïdienne doit être respectée avec un très grand soin; elle peut masquer une parathyroïde. Enfin, une attention extrême doit être apportée à la reconstruction exacte de chaque plan aux. fins d'éviter des cicatrices qui, par la suite, pourraient altérer le bon fonc-
tionnement de ces mêmes parathyroïdes,
Ces points acquis, il est nécessaire d’avoir une parfaite connaissance de l'anatomie de la région et de ses anomalies. C’est seulement ainsi que l’on pourra éviter les parathyroïdes qui seront immédiatement greffées en cas d'accident (Lahey, Von Eiselsberg, Welti, Wilmoth) et mettre à l'abri le récurrent, soit en le disséquant (Stierlin, Lahey, Welti), soit mieux, en cherchant à l’éviter (Cuile, Buffalo, Noehren, De Quervain, J.-C. Bloch, Barraya).
Nous exposerons ici la technique décrite par J.-C. Bloch, celle à peu de chose près que nous avons toujours vu employer par le docteur Barraya.
Le malade doit être bien placé. Une bonne position est la suivante : malade à ‘demi assis, la tête en hyperextension. Il est inutile d’insister sur l'éclairage. Il est évident qu'il doit être parfait si l’on veut déceler les moindres détails, les moindres différences de coloration qui pourront faire soupçonner la présence d’une parathyroïde ou du récurrent et, à chaque instant, permettra d’avoir la notion complète des éléments en présence, surtout dans la zone dangereuse.
Tous les modes d’anesthésie : générale, régionale, locale ont pu être envisagés. Mais le moyen le plus simple est l'infiltration locale des plans superficiels et, en cours de route, des pédicules à la novocaine à 0,5 %. Ce mode d’anesthésie, entre autres avantages, permet de garder le contrôle du fonctionnement des récurrents au cours de l'intervention.
L'intervention proprement dite comprend une série de temps que l’on peut grouper en trois chapitres :
— Abord de la glande.
— Libération successive des lobes.
— Reconstruction des différents plans.