‹ La Mariane, tragédie;Chapitre 21 sur 112 · XXVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXVI INTRODUCTION

La Picardie, depuis que les rois de France avaient perdu jusqu'à leur suzeraineté sur l'Artois, était province frontière avec les Flandres espagnoles. Dans l'été de 1636, les Impériaux, évitant la ville libre de Liège qui ne voulait pas les laisser passer, entrèrent en France, prirent La Capelle le 9 juillet et Le Catelet le 25, prirent encore Roye le 4 août et Corbie le 15, et ravagèrent impitoyablement tout le pays entre la Somme et l'Oise. Paris était menacé. La cour délibéra de se retirer au-dessous de la Loire. Mais Paris leva une armée de près de trente mille hommes, dont l'artillerie était traînée par des chevaux de carrosse. Louis XIII la donna à commander à son frère, venu de Blois avec une troupe de huit cents maîtres et les gentilshommes de sa suite, dont Tristan sans aucun doute. Le 1 5 septembre, Monsieur mit le siège devant Roye qui, au bout de trois jours, « se rendit, après avoir, à ce qu'en disent les Mémoires de Puységur, souffert vingt ou trente coups de canon. » Pour Corbie, les opérations durèrent plus. La ville fut investie le 29 septembre. Un mois s'écoula à faire les lignes avec des forts et des redoutes. La garnison capitula le 9 novembre, au dixième jour de tranchée ouverte.

Après quoi les Impériaux repassèrent la frontière.

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