‹ La Mariane, tragédie;Chapitre 38 sur 112 · INTRODUCTION XLIII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLIII

De tout ce qui précède depuis 1637 la tragédie de Tristan ne sort, en général, que plus ou moins gravement défigurée . Mais voici ce qu'on pourrait appeler : une intention (au dix-huitième siècle) d'édition critique. Les « Rédacteurs » se sont, pour ce volume de leur collection comme pour les autres, appliqués à donner un texte, à leur sens, le meilleur possible, et même un texte comparé, et aussi à éclairer ce texte et toute l'œuvre à l'aide des renseignements et des documents qu'ils étaient en mesure de rassembler.

La Vie de Tristan n'est, il faut bien l'avouer, qu'un démarquage de celle qui orne l'édition de François Flahault, 1724; toutefois des bavardages par trop oiseux y ont cédé la place à des précisions biographiques infiniment plus utiles. Le Catalogue des Pièces n'est autre chose qu'une bibliographie embryonnaire et non sans erreurs de la Mariane, puis des ouvrages dramatiques que le poëte écrivit ensuite. Le Catalogue des Tragédies sur le même sujet est une nouvelle bibliographie commentée qui vient compléter la première. Les Jugements et Anecdotes essaient de fournir quelques détails sur les représentations et sur le succès qu'obtint la pièce.

La Note des Rédacteurs dit : « Nous avons eu grand soin, pour cette Pièce, de comparer toutes les Editions que nous avons pu nous en procurer ; mais c'est surtout au Manuscrit indiqué dans notre Catalogue des Pièces de Tristan que nous devons les variantes importantes de notre Edition. »

Tout cela est fort louable. Malheureusement, ce qui manque trop à cette édition critique, c'est la méthode et le scrupule critiques.

Il fallait d'abord y mettre moins d'indépendance. Tristan ayant intitulé son œuvre : La Mariane, il n'y avait pas de raisons de lui imposer ce titre de : Mariamne, qui est celui qu'avait adopté Hardy et que Voltaire avait repris, avant de l'allonger en Hérode et Mariamne. Pourquoi préférer, en dépit du poëte, cette orthographe, même d'allure plus historique ? et pourquoi enlever l'article, qui est une mode de parler du temps de La Mariane ? Il n'y avait également aucun motif de nommer l'héroïne Mariamne tout au long du dialogue.

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