‹ La Mariane, tragédie;Chapitre 42 sur 112 · INTRODUCTION XLVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XLVII

in-40, la plus mauvaise des éditions publiées du vivant de l'Auteur. C'est sans doute parce qu'elle est la plus commune. Il sait cependant qu'elle n'a pas de mérite. Il dit dans une note ; « On remarquera que j'ai fidèlement reproduit une faute curieuse de l'édition de 1644 ; il y a deux Scène Deuxième dans le troisième Acte. » Mais, là même, il ne s'avise pas qu'il avoue qu'il n'a guère regardé les autres éditions ; il y aurait retrouvé la même « faute curieuse ».

Dans une autre note : « Lonare (au lieu de Zonare) comme le dit — et comme me l'a fait dire — fautivement le texte de 1644. » Pourquoi aller choisir précisément un texte défectueux, et s'y tenir si religieusement ?

Enfin, à propos du vers 87, qu'il donne ainsi : La lumière et le bruit s'espandoient parmy Je monde, voici encore cette note : « Ce vers de treize syllabes, où la faute de typographie devient évidente, lorsqu'on la compare au texte du manuscrit, prouve, ainsi que deux ou trois autres vers faux qu'on rencontrera plus loin, qu'en 1644, Tristan, jugeant son texte bien définitivement arrêté, ne se donnait plus la peine de relire les épreuves et abandonnait à l'imprimeur le soin de les corriger. »

Tout cela vaut le poids d'or ! Il fallait donc élire un autre état du texte, s'enquérir du moment précis où Tristan l'avait « définitivement arrêté ». En outre, il n'était nullement besoin de remonter jusqu'au manuscrit, il suffisait des deux éditions de 1637 pour lire la leçon correcte:/'^/' le monde. Il apparaît de plus en plus que M. Girard n'a eu sous la main que la quatrième édition, et le manuscrit.

Il laisse donc : s'espandoient parmy le monde. Il laisse également : (vers 613) Fîgiire-toy vu fait ; (vers 7^9) ^^ ^^^^ ^^^ anortée ; (vers i348)^Mî n'est point tachée ; (vers 1484) et iene la sçaurois croire. Mais pourquoi redresse-t-il (c'est manque de logique), au vers ^^S9, peust honorer sa tristesse en : peust borner; au vers 171 5, couple infernale en couple infernal; au vers 1796, ne f imaginans pas en ne f imagine pas} Pourquoi repêche-t-il le vers 1652, qui avait disparu de l'édition qu'il suit? — Seuls, naturellement, les exemples les plus saillants, les cas dont il a déjà ici été question, sont cités. Et cela suffit amplement.

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