LETTRE A MONSEIGNEVR
limites de cet Estât s'estendront au moins aussi loing souz le Règne du victorieux Lovis, que souz celuy de Char-
25 LEMAGNE : Et VosTRE Altesse sei'uira saus doute beaucoup à ce digne establissement. Soit que vous commandiez vne Armée au delà des Alpes, pour aller rechercher dans l'Italie les droicts de vos Prédécesseurs ; soit qu'auec de plus grandes forces, vous alliez oster le ioug à la Grèce,
50 pour le donner à toute l'Asie, selon la voix des Oracles, MoNSEiGNEVR ; Vous ferez des choses plus qu'humaines, & qui feront entreprendre de beaux efforts aux excellens Esprits de ce Siècle, afin de les immortaliser. Il ne faudra guère d'inuention pour donner après ces emplois,
Î5 beaucoup de splandeur à l'image de vostre vie, il suffira si l'on peut représenter naïfuement les Lauriers dont vous serez couronné. le n'ay pas tellement vieilly au seruice de Vostre Altesse, que ie ne puisse encore espérer de voir ces progrez, & de produire mesme alors quelque
40 Œuure, qui rende tesmoignage de vostre Gloire, & de mon tres-humble zelle à vostre seruice ; vous faisant auoûer qu'après le plaisir qu'on sent à faire de belles actions, il n'y en a point d'esgal à celuy de s'entendre louer de bonne grâce. le suis,