‹ La Mariane, tragédie;Chapitre 48 sur 112 · ODE POVR · texte numérisé non relu

ODE POVR

Poursuy, Gaston, prens vne pique, Et va combattre à coups de main Le rauissant Lion Belgique, Et le superbe Aigle Romain.

Portant tes armes inuincibles Contre des Monstres si nuisibles Par qui nos champs sont désolez ; Fay sortir après tant de guerres De leurs ongles & de leurs serres 30 Les Estats qu'ils nous ont volez.

Suy la Victoire qui t'apelle Escartant de toy le mal-heur, Et gagne vne palme immortelle Qu'elle propose à ta valeur :

L'Artois soupire en sa misère Sous vne Puissance estrangere Qui le tient en captiuité ; Auiourd'huy ta fatale espée Ne peut estre mieux occupée 40 Qii'à luy rendre sa liberté.

Milan dont l'horrible Couleuure Nous a tant deuoré d'Enfans, Doit estre le second chef d'œuure De tous ces exploits triomphans.

Le Pô dessus son lit humide, Prédit de toy qu'vn ieune Al ci de Est sur le point de l'écorner ; Et que de ta iuste colère La Sicile aura le salaire 50 Des Vespres qu'elle fit sonner.

L'art dont i'escris les belles choses N'attend que tes gestes guerriers :

Comme ie t'ay donné des roses, le te veux offrir des lauriers.

Fen les escadrons comme vn foudre, Et nous fay voir dessus la poudre Vn nouuel Hector aterré.

le dépeindray si bien l'image Des merueilles de ton courage, 60 Qu'Alexandre en auroit pleuré.

Mais sois ialoux de cette gloire due le Temps ne pourra finir; Tesmoigne aux filles de Mémoire Qu'elles sont en ton souuenir.

Gaston, ces Vierges cognoissantes.

Attendent sans estre pressantes Le Bien qu'elles ont mérité :

Et laissent aux lasches courages La poursuite des auantages 70 Qu'on a par importunité.

Tristan.

3. L. nompareilles — 7. L. M'oblige à changer — 21. L. Prince Illustre, prens — 26. L. Contre ces Monstres — 49. L. La Sicile attend C, D. (L'Ode n'est pas signée.)

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