SCENE DEVXIESME
Tharé Capitaine des Gardes, Herode, Pherore.
Tharé.
Que vous plaist-il, Sire ?
Herode.
Ah ! voicy Pherore.
Pherore.
On me disoit icy que vous dormiez encore. Herode.
Tu m'as bien entendu quand i'ay parlé tout haut le me suis éueillé tout à l'heure en sursaut, Apres la vision la plus mélancolique 10 Qui puisse deuancer vn accident tragique.
Pherore.
Les songes Jes plus noirs que l'on puisse inuenter, Seroient-ils suffisans de vous epouuenter : Vous qui sçauez brauer les forces indomptables. Et qui craignez si peu les périls véritables ? .a^ Ce sont des visions qui n'ont iamais d'effet.
M. (Pas de division scénique.) —A. SCENE DEVXIESME. Herode Thare Capitaine des Gardes, Pherore.
21-22. Quoy ? d'vn songe fascheux Sabine est trauaillée ? Tristan, La Mort de Seneque, tragédie. 1645.
l6 LA M ARIANE ^
Herodé.
Mon esprit est troublé du songe que i'ay fait : Il m'en reuient sans cesse vne idée importune, Qui ne doit m'auertir que de quelque infortune : C'est vn auant-coureur de quelque aduersité.
Pherore.
îo On ne doit pas en faire vne nécessité ; Ces apparitions sont comme les images Qu'vn meslange confus forme dans les nuages ; C'est vn sombre tableau d'hommes & d'animaux Qui ne fait arriver ny des biens ny des maux.
Herode.
3 s Quand tu nous fus rauy par un destin contraire, Mon généreux aisné, braue et fidelle frère, l'appris ton accident par vn mesme rapport : le fus par mesme voye aduerty de ta mort :
26. Puis ie suis efFrayé d'vn songe que i'ay fait. La mort de Chrispe, ou les malheurs domestiques du grand Constantin. Par le s' Tristan L'Her-