‹ La Mariane, tragédie;Chapitre 59 sur 112 · M. Le ieune Aristobule aparut — • 107. M. O Dieux · texte numérisé non relu

M. Le ieune Aristobule aparut — • 107. M. O Dieux

T12. La feste des tabernacles, que nous célébrons auec grande célébrité... losEPHE, Ant., XV, III.

111-116. Le ieune Aristobulus qui auoit alors dix-sept ans passez, monta à l'autel pour faire le seruice diuin selon la Loy, ayant ses ornemens sacerdotaux, & obseruoit les cérémonies fort proprement : au demeurant sa grande beauté luy donnoit lustre, & sa stature plus grande que son aage ne le requeroit, & sa face monstrant la noblesse de sa race, faisoient que les yeux de tous estoyent dressez sur luy, & tous auoyent leurs affections à lay, reduisans en mémoire les faits vertueux de son grand père Aristobulus. Iosephe, XV, m. — Caussin, 338-375.

Son corps estoit enflé de l'eau qu'il auoit beuë, I20 Ses cheueux tous mouillez luy tomboient sur la veuë, Les flots auoientesteint la clarté de ses yeux, Qui s'estoient en mourant tournez deuers les Cieux; Il sembloit que l'eff^ort d'vne cruelle rage Auoit laissé l'horreur peinte sur son visage, 125 Et que de sang meurtry tout son teint se couurist, Et sa bouche estoit morte encor qu'elle s'ouurist.

Ses propos dés l'abord, ont esté des iniures, Des reproches sanglans : mais tous plains d'impostures. Il a fait contre moy mille imprécations, 130 II m'est venu charger de malédictions,

M'a parlé de rigueurs sur son père exercées, M'imputant tous les maux de nos guerres passées : Bref voyant qu'il osoit ainsi s'émanciper, A la fin i'ay leué le bras pour le fraper :

151. Af, C, D. M'a parlé des rigueurs 133-134. M, A. Bref il m'en a tant dit osant s'émanciper Qu'à la fin

118-126. Apres que la feste fut passée, HeroJes appelé au banquet en la maison d'Alexandra, feit tant par paroles gracieuses, & douces contenances, qu'il attira le jeune homme en vn lieu commode pour faire ce qu'il pretendoit, & monstroit que pour l'amour de luy il vouloit bien ioiier & s'esbatre à la façon des ieunes garçons. Le lieu où ils s'esbatoyent estoit trop chaud de sa nature : parquoy ils furent tantost lassez, & laissèrent leur ieu : & se retirèrent près des grans viuiers & estangs qui estoyent à l'entour du palais, où on prenoit la fraischeur sur le midy. Là premièrement ils se mirent à regarder aucuns de leurs amiz & seruiteurs qui nageoient. Puis après Herodes prouoqua Aristobulus : & feit tant qu'iceluy se ietta dedans l'eauë auec les autres, se baignant auec eux. Aucuns des amiz d'Herodes qui auoyent receu ce mandement du Roy, plongeoyent Aristobulus dedans l'eauë ainsi qu'il nageoit, & faisoyent cela comme follastrans & se iouans auec luy : mais ils ne quittèrent ce ieu iusques à ce qu'il fust estoufé dedans l'eauë. Iosephe, AiiL, XV, m. — Caussin, 382-409,

131. Caussin, 188-191. — Alexandre fut aussi tué : car Scipion lui fit treucher la teste en Antioche, pour leschosesqu'ilauoitfaites contre les Romains. Iosephe, Guerre, I, vu.

15s Mais pensant de la main repousser cet outrage, le n'ay trouué que Pair au lieu de son visage : Ainsi de violence, & d'horreur trauaillé, Auec vn cry fort haut ie me suis esueillé. Voila quel est mon songe : & bien que vous en semble,

140 Salome, qu'en dis-tu ?

Salome.

Moy ? le dis quei'en tremble.

Pherore.

le ne celeray pas que i'en suis effrayé.

Salome.

C'est quelque auis du Ciel qui vous est enuoyé.

Herode.

L'auis à déchifrer est si fort difficile Qu'il n'eust pu m'obliger d'vn soin plus inutile.

Salome.

145 L'Estatj d'vn changement peut estre menacé.

Herode.

Ce qu'escrit le Destin ne peut estre efface. Il faut bon-gré, mal-gré, que l'ame résolue Suiue ce qu'a marqué sa puissance absolue : De ses pièges secrets on ne peut s'afranchir, 150 Nous y courons plus droit en pensant les gauchir. Uhomme à qui la Fortune a fait des auantages, Est comme le vaisseau sauué de cent orages ; Qui subiet toutefois aux caprices du sort. Peut se perdre à la rade, ou périr dans le port.

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