M. & périr
155 Mais qui me peut choquer ? & qu'ay-je plus à craindre
Au faiste du bon-heur où Ton me voit atteindre? Rien n'est assez puissant pour me perdre auiourd'huy, Si le Ciel en tombant ne m'accable sous luy : le ne puis succomber que par vne auanture
160 Dont le coup soit fatal à toute la Nature.
Tous les Asmoneans sont dedans le tombeau, On voit dessus le Thrône vn Monarque nouueau, Qui tient sous les Lauriers sa Couronne & sa teste Pour iamaisà l'abry des coups de la tempeste.
165 le sçay bien quel support Auguste m'a promis,
Me voulant receuoir au rang de ses amis; Et i'ay tant de faueur auprès de son Génie, Que i'y suis asseuré contre la calomnie : Ceux qu'il aime le mieux d'entre ses Courtisans
170 Font cas de ma vertu, comme de mes presens : Et i'ay mille secrets par où le Jourdain libre N'a point à redouter la colère du Tybre.