SCÈNE II
LE RESTAURATEUR, GROSEILLON, puis PEAU-DE-SATIN.
GROSEILLON, entrouvrant la porte d’un cabinet à gauche et passant la tête.
Monsieur, c’est=y vous qu'êtes le bourgeois?
LE RESTAURATEUR, avec empressement.
Oui, monsieur.,. Que désire monsieur?
GROSEILLON, entrant.
Oh ! pour moi, je ne désire rien ; mais c'est toutes ces femmes-làqui disent comme ça qu'elles veulent un petit peu de café ; pour lors, alors, qu’il faut leur en donner, c’est certain.
LE RESTAURATEUR
Je vais le commander, monsieur.
GROSEILLON, lo retenant.
C’est que ces femmes-là ne sont point du tout faciles, allez 1 Y a mam’selle Bérénice qui m’a dit comme ça : « Si tu bouges, tu vas voir! » El}e voulait mo battre... C’est y drôle, ça !
LE RESTAURATEUR
Pardon, je suis un peu pressé.
GROSEILLON, même jeu.
Vous êtes pressé... vous êtes pressé... mais, moi aussi, je le suis... faut que je m’en retourne à Barbével, et je ne le peux pas à cause de ces femmes-là! Mon oncle ne dira rien... je le sais bien qu’il ne dira rien, mon oncle... mais c’est ma tante qui ne va pas être contente 1 (U rentre dans le cabinet & gauche.)
LE RESTAURATEUR, criant.
Joseph! six demi-tasses au 3 !
TEAU-DE-SATIN, venant du salon adroite.
Garçon , le café pour la noce !
LE RESTAURATEUR
Voilà, monsieur, voilà ! (criant.) Versez le café, grand salon !
(il sort par le Coud.)
LA VOIX DU CHEF, au dehors.
Boum !