‹ La marin anglaisChapitre 14 sur 88 · Guild Gazette, août · texte numérisé non relu

Guild Gazette, août

pool Shipowners' Society, Liverpool Steamship Owners' Association...; cependant une seule association centrale, dite Fédération, mérite aujourd'hui de nous retenir. Bien que de très importantes Compagnies et maisons d'armement s'en tiennent à l'écart pour préférer leur autonomie et être en mesure de se défendre ellesmêmes, elle n'en a pas moins les sept-huitièmes environ du tonnage total des bateaux anglais inscrits sur ses registres.

En septembre 1890, dans les circonstances indiquées plus haut, étaient jetées les bases de la Shipping Fédération : « Nous nous occuperons des questions ouvrières de toutes sortes; nous verserons une indemnité aux armateurs lorsque leurs vaisseaux seront arrêtés à la suite d'une décision prise par nous; nous protégerons les officiers, les équipages et, d'une façon générale, tous les employés des armateurs contre les mesures d'intimidation provenant du syndicat ou de membres de syndicats. » Tel demeure dans ses grandes lignes le programme de cette institution.

Peuvent faire partie de la Fédération les associations diverses d'armateurs, ainsi les Protection and Indeinnitu Associations, \qs Compagnies de navigation et les armateurs isolés.

Sur l'organisation et le fonctionnement de la Fédération, lisons tout d'abord quelques articles des statuts ^ :

1 . Publiés dans les Minutes of the Royal Commission of Labour, groupe B., t. î, p. C15.

« Les affaires de la Compagnie sont sous le contrôle et la surveillance d'un comité exécutif » [Executive Council) (art. 22), «composé de représentants élus par ses divers membres » (art. 23). Chaque membre a le droit d'élire des représentants au conseil exécutif d'après l'échelle suivante :

Pour les 100.000 premières tonnes, 1 représentant. — — 150.000 — — 2 —

Pour chaque 150.000 premières tonnes, au delà des premières 150.000,1 représentant en plus (art. 26).

(( Le comité exécutif a pouvoir et autorité pour régler les différends d'ordre juridique et disposer des fonds de la Compagnie...» (art. 29). Composé de 80 membres environ, il se réunit deux fois par an. Des Comités [General Purpose^ Légal Indemnity^ Finance^ Benefit Funcl^ Tonnage) se chargent des questions de détail; au cas d'urgence, on Q,onNO(\\iQ^\d, Commis s ion ofEmergencjj.

« Il peut être (et il a été) créé des comités de district [District Committee) » (art. 59), composés des membres du comité exécutif de la région (art. 60) et chargés de la solution des questions locales (art. 61).

Un directeur général (art. 90), un secrétaire (art. 91), des directeurs ou agents de district (art. 95) gèreitt la société, sous le contrôle des comités.

« Les fonds destinés à mener à bien les opéra tions de la Compagnie sont perçus par la voie

d'appels que, sur une décision du comité exécutif, l'on adresse de temps à autre aux adhérents en proportion 'avec le tonnage de chacun ; les armateurs possédant des voiliers ne payent cependant que pour le tiers de leur tonnage réel » (art. 15).

La Fédération avait pour but originel, qui est demeuré son but principal, d' « assurer à tous la liberté de travailler à leurs propres conditions sans interférence quelconque, qu'il s'agît ou non de membres d'une Union d. « Lorsque l'on cherche à empêcher les matelots, les ouvriers des ports ou tous autres ouvriers d'accepter du travail aux conditions offertes, ou à leur faire rompre des engagements pris, elle agit contre ceux qui violent la loi, protège ceux qui sont menacés et procure, si besoin, des remplaçants. Elle n'intervient pas dans les différends relatifs aux salaires. Elle fournit aux armateurs des équipages et des travailleurs aux conditions courantes. Elle donne éventuellement des indemnités à ceux qui, d'accord avec son comité exécutif, suspendent leur activité ^ ».

Notre exposé historique éclaire ces indications précises, mais sèches. D'une façon générale, la Fédération s'oppose à la tyrannie des syndicats ouvriers, sans créer à proprement parler une institution identique dans le milieu patronal. Elle

1. Minutes of the Royal Commision of^Lahour, groupe B, t. I, p. 621.

opère sur un terrain strictement légal ; son arme est le principe de la liberté du travail^ qu'elle fait respecter en poursuivant ceux qui veulent y porter atteinte et dont elle profite en recrutant de la main-d'œuvre dans l'armée généralement nombreuse des sans- travail. M. Laws a compris qu'une pareille défense valait mieux qu'une attaque ; et il ne s'est pas trompé au moindre point de vue.

Contre les boycotts qui étaient devenues la principale arme des syndicats lors du mouvement neW'Unionist et qui sont demeurées très dangereuses avec un patronat désuni, la Fédération a créé un système d'indemnités. Tel de ses membres résiste-t-il aux prétentions de ses employés, dans Vintérêt général et avec l'appui moral de la Fédération? Il reçoit une somme, calculée sur la base de 2 à 4 pence par jour de suspension d'activité et par tonneau de jauge ^ Les « mises à l'index », dont l'effet s'est singulièrement atténué, sont devenues plus rares, exceptionnelles, au lieu de demeurer une menace perpétuelle.

Assurer le recrutement des équipages les meilleurs possible et combattre les abus d'ordre général — ainsi que l'alcoolisme et la désertion, — dont souffrent les armateurs anglais : tels sont, dans un domaine semi-actif, les soucis de la Fédération. Celle-ci a des bureaux d'embarquement ; elle inscrit sur sa « liste noire » [blacklist) ceux qui ont commis des fautes ; elle promet à ceux qui

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