‹ La marin anglaisChapitre 41 sur 88 · HoLMAN. llandy Dook, p · texte numérisé non relu

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bien), « G. » [good^ bien), « inscription non demandée » [endorsement not required), ou encore « voyage interrompu » [voyage not completed). Le carnet est une sorte de curriculum vitas. dont on saisit toute l'importance. « V. G. », maintes fois répétés, recommandent chaleureusement le porteur ; « G. » est utile ; « inscription non demandée » laisse des doutes, car elle suppose un « refus de donner son avis », motivé peut-être par une mauvaise conduite ; « voyage interrompu » se rapporte soit à un acte de désertion, soit à une maladie, soit à un naufrage.

Le livret lui-même et le système actuel des certificats ont été violemment attaqués. Celui qui a un mauvais certificat le « perd », et avec quelque habileté en obtient un second, soit sous prétexte d'un accident en mer, soit en se présentant comme un nouveau matelot. Un capitaine injuste peut faire le plus grand tort à un homme honnête ; il est vrai que l'on vient d'établir la faculté d'appel devant le surintendant de la marine ^ Les notes dépendent plus des principes des armateurs que de la conduite des matelots : tel écrit devant tous les noms V. G., tel autre G., tel encore « refus de donner son avis » . Lorsqu'un capitaine a à se plaindre de quelqu'un, il est si désireux de s'en débarrasser et de ne pas soule-

1. La British Shipmasters' and Officers' Protective Society a protesté, avec vigueur, dans son dernier rapport annuel, contre cette réforme.

ver de discussions qu'il s'empresse généralement de tracer les lettres V. G.^.

D'autre part, tout le monde reconnaît que les dernières réformes ont marqué un progrès. Le livret permet un certain classement ; il facilite l'emploi de ceux qui possèdent de bons certificats. Si le système n'est pas parfait, tant s'en faut, au Board of Trade de l'améliorer !

La presque totalité des armateurs anglais faisant partie de la Shipping Fédération, le recrutement des matelots est en général l'œuvre de celle-ci, surtout depuis qu'on l'a autorisée expressément à servir d'intermédiaire — point de droit demeuré longtemps douteux.

Les armateurs, qui ne font pas partie de la Fédération, tantôt ont un bureau particulier, tantôt s'adressent à des « marchands d'hommes», munis d'une autorisation du Board of Trade ; ceux-ci se portent garants de l'embarquement de tous les matelots et procurent au besoin des remplaçants qualifiés.

Le bureau d'embarquement de la Fédération n'impose personne aux capitaines, qui peuvent avoir leurs préférences pour certains hommes connus depuis longtemps ; il se contente de fournir tout ou partie de l'équipage à ceux qui le demandent.

Jack se présente aux bureaux d'inscription

1. Report of the Committee on the Mercantile Marine , t. II, passim.

de la Fédération. Il remet la carte qu'il a obtenue auparavant. Celle-ci est-elle en règle ? On lui délivre le certificat d'assurance contre les accidents à bord. Enfin, on s'assure qu'il ne se trouve pas sur la «liste noire » [black list)^ où sont inscrits ceux qui ont déserté, n'ont pas rejoint leur bord ou ont commis quelque acte dolosif, et qui empêche les coupables de trouver un emploi sur les bateaux de la Fédération durant une période d'un mois à perpétuité, selon la gravité de la faute. Jack lia. plus qu'à signer son engagement.

m. — L'engagement des matelots.

Les matelots sont engagés soit aux bureaux de la marine, soit à bord des bateaux. La loi impose la signature d'un contrat spécial [agreement mththe crew) (art. 113, C. mar.), dont elle détermine longuement le contenu. Contentons-nous de reproduire la loi.

Mentions obligatoires :

« a) Soit la nature et, autant que possible, la durée du voyage projeté ou de l'engagement, soit la durée maximum du voyage ou de l'engagement et les lieux ou pays du monde, s'il y a lieu, auxquels ne doit pas s'étendre le voyage ;

« b) La composition numérique et la désignation de l'équipage avec la spécification du nombre d'hommes engagés comme matelots;

« c) L'époque à laquelle chaque marin doit être à bord et commencer son service ;

« d) En quelle qualité chaque marin doit servir;

« é) La mention des salaires que chaque marin doit recevoir ;

« f) Une liste des provisions qui doivent être fournies à chaque marin;

« g) Tous règlements concernant la conduite à bord, les amendes, les rationnements de vivres ou autres pénalités légales pour mauvaise conduite, approuvés par le Board of Trade. »

En plus, on inscrit toutes les stipulations, non contraires à la loi et adoptées par le capitaine et les marins (art. H4).

La loi anglaise, comme celle de tous les pays, cherche à retenir l'attention des matelots sur les conditions principales de leur engagement. Deux seules questions mériteraient des observations spéciales : les stipulations relatives d'une part aux provisions (/) et de l'autre aux amendes conventionnelles [g)\ mais mieux vaut en remettre Tétude au moment oii nous parlerons des graves problèmes de la nourriture et de la discipline à bord des bateaux.

L'engagement est signé par chaque marin en présence d'un surintendant, après qu'il a été relu et expliqué par celui-ci; exception est faite pour les remplaçants, lorsqu'il n'est pas possible de renouveler toute la procédure (art. 115).

Lorsque le contrat est passé à l'étranger ou

dans les colonies, des formalités voisines doivent avoir lieu devant le consul d'Angleterre ou les autorités locales (art. 124).

Un texte spécial (art. 125) vise l'engagement des Lascars. « Le capitaine, au début de tout voyage ou de tout engagement, fait apposer une copie lisible de l'engagement sur une partie quelconque du navire accessible à l'équipage » (art. 120).

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