‹ La marin anglaisChapitre 45 sur 88 · Lord) Brassey, British Seamen, p · texte numérisé non relu

Lord) Brassey, British Seamen, p

que les marins soient partis : ils seront, au moins, sûrs que les hommes ne resteront pas à terre au dernier moment! — Si ce régime a mis un terme à de notables abus, il en a occasionné d'autres. Peu de personnes acceptent les notes des armateurs. Jack rejoindra-t-il effectivement son bord? Aussi le malheureux tombe-t-il généralement dans les mains de « requins » [sharks) — expression par laquelle les Anglais se plaisent à désigner les usuriers.

De nombreux matelots ayant déserté au premier port de relâche, encore en Europe, il fallut y mettre bon ordre. L'époque fixée pour le versement est aujourd'hui un certain nombre de jours après le départ définitif des Iles Britanniques. L'armateur se trouve moins exposé à des surprises; d'autre part, le matelot, qui offre moins de sécurité à son prêteur, doit abandonner une fraction encore plus considérable de la somme à verser: parfois 20, 25, 30, même 40 %; 10 % semblent plutôt la règle ; 5 % est la limite inférieure.

En Angleterre, les avances faites aux matelots ont eu des conséquences déplorables; l'on s'y est même demandé s'il ne serait pas préférable, peutêtre urgent, de prendre une mesure radicale, de les supprimer purement et simplement. En fait, les notes servent très rarement à des achats sérieux : elles procurent de l'argent pour boire avant le départ ; les capitaines doivent tenir des magasins de vêtements, s'ils ne veulent pas,

comme tel d'entre eux, prêter leurs propres habits à l'homme de la barre \

Beaucoup de matelots ne rejoignent pas leur navire ou désertent à cause de ces notes. Echappent-ils à la surveillance de leur prêteur? Ils recherchent d'autre part une nouvelle circonstance de gains aussi faciles. En tout cas, ils se trouvent dans un tel état d'ivresse que, même avec la meilleure volonté du monde, ils ne peuvent pas regagner les quais et leur bateau sans un bras secourable.

Le rôle des notes est actuellement d'assurer la présence à bord des matelots par le concours direct et effectif des usuriers !

La loi a fait peu de chose. Elle a déclaré légal le contrat par lequel un armateur promet des avances, lorsque celles-ci s'élèvent au plus au montant d'un mois de salaire. Et elle a interdit tout contrat, visant le payement anticipé de sommes quelconques et passé entre capitaines et matelots (art. 140 G. mar.).

Le syndicat des matelots s'est longtemps montré très hostile à ce qu'il appelle lAduance Note System. Aujourd'hui, cependant, il fait volteface, et cherche à le développer. Le principal motif mérite d'en être indiqué, tel qu'il se trouve dans un ^r«c^ distribué à profusion. « Beaucoup de matelots et de chauffeurs s'embarquent et ne demandent pas d'avances, par désir d'économie.

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