‹ La marine des anciensChapitre 25 sur 37 · DESTRUCTION DE L'ARMÉE D'IMILGON · texte numérisé non relu

DESTRUCTION DE L'ARMÉE D'IMILGON

pour qu'on ne soit pas tenté de flairer sous leurs nombreux désastres une absence complète de police. Ces camps, qui se convertissent si promptement en cloaques, [auraient probablement gagné à connaître et à emprunter à la loi religieuse des Juifs les règlements de salubrité de Moïse.

Une armée en proie à la peste est une armée facile à surprendre. Les Carthaginois avaient déjà perdu cinquante mille hommes; Denys jugea le moment venu de les aller assaillir dans leurs lignes. Leptine et Pharacidas reçurent Tordre d'attaquer, à la pointe du jour, les navires ennemis. Denys se chargea de seconder ce mouvement par une diversion. Éveillés en sursaut, les soldats d'Imilcon se portent en toute hâte sur le point où le danger parait le plus pressant; Denys vient de s'emparer, à l'exemple de Gylippe , d'un des forts du Plemmyrion. En ce monoient même , les vaisseaux de Leptine et de Pharacidas se détachent du rivage. Avant que les soldats d'Imilcon aient pu remonter à bord des trières abandonnées aux rameurs , la flotte de Syracuse a engagé l'action. Aux clameurs qui s'élèvent , au fracas retentissant des proues qui se heurtent, Denys reconnaît que ses ordres ont été fidèlement exécutés; il accourt à cheval, suivi de ses troupes. Un groupe, composé de quarante quinquérèmes , résistait encore : a Des torches I

apportez des torches I On brûlera ce qu'on n'a pu couler n Un vent violent régnait dans la baie ; la flamme est portée des bâtiments à rames aux navires de charge ; les câbles prennent feu, et les vaisseaux, qui s'en vont en dérive , propagent d'un bout de la ligne à l'autre l'incendie. Il restait aux Carthaginois quarante trières ; les troupes d'élite s'embarquèrent avec Imilcon sur ces quarante vaisseaux, dans l'espoir de pouvoir gagner le large à la faveur des ombres de la nuit. Les Corinthiens découvrirent l'escadre fugitive au moment même où elle fran* chissait la passe. Ils se mirent, sans perdre un instant, à sa poursuite; ils ne purent néanmoins atteindre que quelques vaisseaux retenus, par l'infériorité de leur marche, en arrière. Le gros de l'armée avait été abandonné par Imilcon sur la terre de Sicile. Cette foule sacrifiée n'essaya pas de se défendre; les Sicules gagnèrent la montagne) les mercenaires , jetant au loin leurs armes , demandèrent la vie. Seuls, les Ibères, réunis en corps ^ gardaient vis-à-vis de l'ennemi une attitude menaçante. Avant de se soumettre , ils firent leurs conditions; Denys les incorpora dans l'armée sicilienne.

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