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CHAPITRE VIT

PÉRIODE PENDANT LAQUELLE LA MARINE MARCHANDE A MÉRICAINE PARTICIPA À LA GUERRE (6 AvRIL 1917-11 NOVEMBRE 1918).

ÏJ. — Construction el mise en service d'un nombre

considérable de bâtiments.

Les Etats-Unis sont à leur tour entrés dans la guerre. Ils vont donc pouvoir mettre à la disposition des Alliés leurs immenses ressources, non seulement en hommes, mais encore en matériel de guerre, en produits d’alimentation et en approvisionnements de toutes sortes. Pourlant, ces ressources seront inuliles si les moyens de transport font défaut. Or, depuis 1914, les Alliés ont subi des pertes de navires qui ont considérablement amoindri leurs moyens d'action. Pour son seul compte, la France a déjà vu ainsi disparaître 500.000 lonneaux {1) sur les deux millions qui consliluaient sa flotte marchande avant

les hostilités ;: elle est malheureusement dans l'im-

(4) Ce chiffre se trouvera porté à plus de 900.000 tonneaux au moment de l'armistice.

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possibilité de récupérer ses perles par ses propres moyens, ses chantiers de constructions navales étant exclusivement occupés depuis 1914 à fabriquer pour elle et ses alliés des canons, des munitions, des lanks. Le problème des bateaux est donc celui qui se pose avec le plus d'acuité; mais qu'il s'agisse des bateaux, du matériel de guerre ou des approvisionnements, le Gouvernement fédéral ne pourra apporter une aide vraiment efficace à ses co-associés que si ces derniers, par une entente étroite et exclusive de tout intérêt personnel, parviennent à dresser en commun le bilan de leurs ressources et de leurs besoins et à centraliser ceux-ci en une seule main. A celte condilion seulement, pourront êlre évilés les confusions et les doubles emplois et par suite la stérilité dans les résultats (1;.

La réalisation d'un tel programme élait donc parüculièrement souhaitable ; mais, pour atteindre ce but, il fallait que chaque nation alliée envoyât un délégué aux Etats-Unis pour y assurer l'entente nécessaire. M. le député André Tardieu fut choisi

par le Gouvernement français el arriva à son poste

(1) L'entente à cet égard donna lieu, sans doute, à de sérieuses difficultés, car elle ne fut un fait accompli qu'à la suite de la Conférence des Alliés tenue à Paris les 2, 3 et 4 décembre 1917 (Voir l'Amérique en armes, de André Tardieu, Fasquelle, éd., 1919, p. 113 et 114).

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en mai 1917, en qualité de Haut-Commissaire de la République française.

D’après M. André Tardieu, la situation du lonnage américain en mai 1917 se présentait comme suit :

« Au point de vue des constructions, difficulté « double, résultant, d'une part, des commandes an- « térieures américaines, anglaises, italiennes encom- « brant les chantiers ; d’autre part, des besoins nou- « veaux des Etats-Unis pour leurs transports mili- « laires ;

« Au point de vue des moyens existants, difficulté « unique mais radicale, résultant de l'importance « médiocre de la flotte de commerce de haute mer des Etats-Unis. »

Le Gouvernement américain ne tarda pas à pren-

dre toutes les mesures qu'il jugeait opportunes pour rendre son action énergique et fructueuse dans un court délai. Nous ne nous attarderons pas à donner le détail de toutes ces mesures, qui, si intéressantes qu’elles puissent êlre, ne sauraient utilement trouver place dans le cadre de cette étude. Nous nous bornerons à signaler les résultats très brillants donnés par celles concernant l’industrie de la construction navale et par l’ulilisation des navires de la flotte de

haute mer.

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