CHAPITRE XVI
Afin de pourvoir aux dépenses de la flotte, le ministre, secrétaire d'Etat de la marine, remettait au secrétaire d'État de la finance, dans les derniers mois de chaque année, un projet par aperçu des fonds nécessaires pour le service de l'année suivante. Le ministre de la marine, comme d'ailleurs ses autres collègues, était ordonnateur dans son département. Quand les fonds demandés avaient été accordés par le roi, le ministre de la finance donnait au garde du trésor royal l'ordre de verser par mois, au trésorier général de la marine, les sommes attribuées.
Le projet par aperçu pour l'année 1790 se montait à 40.500.000 livres, dont 10.500.000 étaient destinées aux besoins des colonies; 30.000.000 étaient donc nécessaires pour le seul service de la marine royale. Ce budget est tracé avec une clarté parfaite. Dans le but de faciliter le travail des personnes chargées de vérifier les comptes, afin de leur éviter de descendre « au détail infime d'une nomenclature immense », on y a
adopté une classification qui rend fort aisée la lecture de ce document. Trois chapitres principaux le divisent : 1'^ les dépenses fixes, comprenant la solde des officiers de l'armée de mer et des employés, le service des chiourmes et des hôpitaux; 2° les dépenses variables, c'est-à-dire les constructions navales, les radoubs, l'entretien du matériel, l'approvisionnement; 3" les colonies'. Le détail des principaux articles ne manque pas d'intérêt, par la comparaison qu'on en peut faire avec nos dépenses actuelles de la marine, qui sont sur le point d'atteindre 2o0 millions.