SCENE II
SI Ali I NETTE, « la cantonade.
C'est bien ; Qu'on attende... Personne?... Ah î ça, n'oublions rien. Il s'agit d'épargner aux juges leur besogne, En entraînant Gauthier à l'hôtel de Bourgogne. Si nous devons gigner le procès, mon secours Ne peut déranger rien... nous gagnerons toujours; Et si le Parlement nous condamne, au contraire, En débauchant Gauthier, je gagne encor l'affaire ;
Car Gauthier, bon auteur autant que bon acteur, Met, par son seul talent, ce théâtre en honneur : S'il part, son règne expire et le nôtre commence. Quelle gloire pour moi !... L'on doit rendre sentence Demain... Il s'agit donc de faire vite et bien, Et de ne reculer devant aucun moyen.
Car le vieux cardinal qui, dit-on, les protège, Pourrait bien comme à nous leur donner privilège... Opposons au péril un sang-froid aguerri... Il y va de l'honneur ; il y va d'un pari.
(Apercevant les trois amis qui entrent par la gauche.) A l'œuvre donc !
(Guillaume et Tur lupin se lissent les cheveux et font des
grâces.)
Messieurs, je me tiens trop contente, Je vous vois réunis... Je suis votre servante...
Guillaume, la regardant de travers et fredonnant ; Bourgogne, ton vin est bon...
Salut à Gros Guillaume...
(Mouvement d'êtonnement de celui-ci.) On le remet soudain...
TURLUPIN
A son ventre?
A son air de rondeur et d'entrain, A son regard malin, à sa joyeuse mine, Toujours plaisante à voir... avec ou sans farine. (Guillaume salue grotesquement. — Aux deux autres.) Vous, dont un masque étroit nous dérobe les traits A la scène, gageons que je vous reconnais ? D'abord, monsieur Gauthier, plus grave, plus austère, D'autant plus amusant qu'il a l'air plus sévère ;
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