‹ La Marne en feuChapitre 19 sur 34 · Mon rapport sur la lialaille de la Marne · texte numérisé non relu

Mon rapport sur la lialaille de la Marne

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son flanc firoit pantelait de plus en plus sous les coups de Franchet d'Espérey et de ce 3« corps, commandé par Hache, dont les divisionnaires s'appelaient Pétain et Mangin : Bùlow n'en avait pu éviter l'enveloppement qu'en le ramenant vivement « en arrière jusqu'à la ligne Margny-Le-Thoult ' ». Mais demain le péril renaîtrait, l'étau se resserrerait, si Kluck n'arrivait pas à se dégager surl'Ourcq et à se ressouderavec la II» armée Se flattant qu'il y réussirait cl jouant son « va-fou t *i) sur celte carte de fortune, Biilow ordonna, dit-il, « pour le '.* septembre, la continuation de l'attaque par l'aile gauche, qui avait d'ailleurs été renforcée dans la journée du 8 par la 24° D. I. de la III» armée ». Foch, de son cùté, rassemblait son effort pour une nouvelle contre-offensive. Rien ne le démontait. « Le clou de la journée de demain, écrivait-il en postscriptum à ses instructions de la nuit (S septembre, 22 heures), va être de déboucher par Fére-Champenoise. » Mais il fallait d abord reprendre Fére. et avec quoi ?

Seule, notre aile gauche tenait bon. Il y avait là la fameuse 4^» division de Verdun, étayée d'ailleurs par une des divisions du 10« corps, et la division marocaine, restée en l'air par le départ du 77» et ([ui s'accrochait désespérément au rebord oriental du plateau de Sézanne : la 1" compagnie du bataillon de zouaves Lachézc perdait à elle seule, devant Oycs, tous ses gradés moins un et les deux fiers de son effectif, l'ar Soizy, le bois de la Branle et Chapton, l'ennemi essayait de se glisser vers Broyés, tandis que, |)ar la rive méridionale des

t. Mon rapport s'ir ta bulaille du la Marne.

Marais et le Signal-du-Poirier, il resserrait son étreinte autour de Mondement.

Mais le vieux château féodal, massif cube de pierre posé sur une falaise qui commande les Marais, malgré un bombardement formidable continuait à résister : tirailleurs et zouaves y faisaient des prodiges avec Blondlat. Gros, Feller et la souple artillerie du 49». La situation cependant était précaire : dans la soirée du 8, une brigade tout entière de Hanovricns avait pu se glisser jusqu'aux tranchées creusées par l'ennemi au pied du château, après qu'il eut emporté Reuves et Oyes. Elle en sortit à l'aube et se jeta sur Mondement. Le château tomba, livrant avec lui la clef des Marais. Et, quelques heures après, à notre droite, pour achever le désastre, l'ennemi nous chassait de Gourgançon ; Moussy lâchait le Mont-Aortt; L'Espée évacuait Mailly...

Tout semble perdu. Une illumination de Foch va tout sauver. Peu importe que Bûlow, au moment où son irréductible adversaire passe de la pensée à l'acte, se soit déjà ravisé : le plan de Foch est né la veille au soir, quand aucune velléité de retraite ne se manifestait encore chez Biilow et chez Hausen, si bien décidés à exploiter largement leur succès de la journée qu'ils renforçaient leurs troupes d'attaque d'une nouvelle division saxonne, et Foch, ce même soir, s'est entendu pour son exécution avec Franchel d'Espérey. Bûlow pourra plus fard passer sous silence la fameuse « manœuvre par les cordes » de son adversaire et attribuer à d'autres causes son brusque désistement personnel ; mais, d'abord, s'il s'était résigne à la retraite dès le matin « en plein accord, dit-il, avec le délégué de

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10. H. L., lieutenant-colonel Hentoch ' », il n en donna l'ordre pour une partie de ses troupes qu'^ d heure de l'après-midi et, pour les autres, beaucoup plus tard. En outre il n'était pas seul en jeu et la manœuvre de Foch visait autant les troupes saxonnes de von Kirchbach que les siennes. Et il est vrai cependant qu'il y eut d'autres causes, plus opérantes, au désistement de Bùlow, lequel entraîna celui d'Hausen, et la première de toutes : l'entêtement de Kluck à ne considérer que sa propre bataille, d'où l'étirement excessif de la ligne ailemande et enfin la rupture de liaison qui s'ensuivit et que Franctiet d'Espérey avait si remarquablement mise à profit. C'est toute la 5» armée française qui va retomber de tout son poids sur le liane de la II» armée allemande, tandis que l'armée anglaise prendra la I" à revers; ce qui n'était hier qu'une menace est en train de devenir la réalité d'aujourd'hui. Franchet d'Espérey et French ont le champ libre devant eux. Maître de ses directions, Franchet peut nous prêter son 10» corps au complet; Foch enlève alors de sa gauche la 42» division et la porte à sa droite otTTl compte qu'elle pourra entrer en action vers midi. Tous ses ordres sont déjà donnés pour la reprise immédiate de l'offensive.

« La 42» division, mande-t-il de son Q. G. de Plancy, à 10 h. 13, arrivera sur le front Linthcs- Plcurs. Quelle que soit la situation plus ou moins

1. Radio de Biilow : « II» aitnée à 1" armée. D septembre, I h. 15. — L'aile droite de la 11' arin(5e est retirée sur la ligne Le Tlioult-Margny. La D. (J. C, qui a tenu jusqu'à 8 heures du soir vers Dollan (sans doute lo Dolloiz, affluent de la Marne), se replie sous la poussée de l'ennemi dans la direction de Condé-en- Brie. La 5» D. C. est refoulée sur la rive nord do la Marue ».

LA VIGTÛIRR 8'i

reculée du H« corps d'armée, nous comptons reprendre roffensive avec cette 42« division d'infanterie sur Connanlre et Corroy, offensive à laquelle le 9" corps d'armée aura à prendre part contre la droite Morains-FÎTC-Cliampenoise. La 42° division d'infanterie est en route depuis 8 h. 30 et sera en mesure d'agir vers midi. »

Elle ne devait arriver qu'aprî-s 4 lieures du soir et quand l'effort ennemi, qui avait atteint son maximum de violence à 2 h. 43, où le Monl-Aoùt nous était enlevé par la Garde et oii les troupes saxonnes pénétraient dans Gourgaiiçon, commençait seulement à se ralentir sans qu'on en comprît bien la raison. C'est que, dans l'intervalle, BiUow avait transmis à la Garde et aux divisions saxonnes Tordre, tant de fois différé et auquel il se résignait enfin, de battre on retraite sur toute la ligne', — et l'on aura peine à croire, malgré tout, que l'entrée en scène imminente delà 42" division ait été totalement étrangère à cette résolution : de l'avis de bons juges, comme le général Boichut. à qui nous faisions part de nos doutes quand nous écrivions nos Marais de Saint-Gond, la manœuvre de Foch fut probablement, sinon la raison principale, du moins la raison finale qui em|iorla les dernières hésitations de Btilow".

I. Radio Je Biilow ; « II' année à 11'' C. G., ^septembre, \'j II. 15. — Le G. Q. G. ordonne de se retirer, la 1'" armée sur -Soissiins, la 11* armée sur Epernay cl Saint-Quentin (vraiscmblalilenieiit Saint-Quentin-des-Marais, 8 kilomèlres nord-oucsl de Vitr>-li.'-Fran(;ois;. Une nouvelle armée csl en lormalion. »

'• II' urmiie'â a. Q. (r..V septeinbre, 14 /i. 30. — La I" armée bal en r<!traile. Sou aile droite est à Coulombs-Candelu. La 11° armée suspend ses alla(|ues, f(ui progressa ie ni lentement, el gagne 1.1 rive nord de la Marne, son aile droite à Dornians. Un envoi procliaiu d'hommes de remplaccnienl est do nécessité urgente. »

i. « Un avialik nous survolait depuis Hroves, nous disait le

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On sait le reste et comment Foch, sitôt la 42» division en main, reprit immédiatement l'offensive. Ses troupes étaient à bout de souffle; Eydoux, dans son affolement, avait reculé son Q. G. jusqu'à l'Aube, derrière celui du chef de l'armée, et l'ennemi enfin, pour masquer son mouvement, s'était couvert partout de solides arrière-gardes « pourvues d'une forte artillerie »'. Elles ne nous empochèrent pas de reprendre Mondement dans la soirée même et, si la 42° division, trompée par elles et craignant de s'engager par nuit noire en terrain mal connu, se contenta de bombarder Connantre, un élément de la il" division, plus audacieux, poussait droit sur Fère qu'il traversait à 1 heure du matin, dans la nuit du 9 au 10, et louchait Morains à a h. 30. C'est cet élément, commandé par le colonel Simon, qui, de Fère, renseigna Foch sur la réalité de la retraite ennemie. Et Foch, dès ce moment", ne laissait plus de répit à ses chefs de corps. Il n'avait qu'un mot à la bouche : « Bourrez ! Bourrez ! » Tous ne « bourraient » peut-être pas avec la môme énergie : L'Espée et Legrand^ perdaient un teni|)s |)récieu.K h Mailly :

général Ijoicluit (|iii oomtnaiidail, dans la division GrosseUi, les trois groupes du (Jl° régiment d'artillerie (les deuï groupes du 4li= K. A. (^'tanl commandés par le colonel, aujourd'hui général Coflec) et il ne |uil maiii|unr do porter à Biilow la nouvelle de notre intervention imminente. «

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