LE CARNET DU GÉNÉRAL MOUSSY
J apprends que Coquet ' est relevé [de ses fonctions]. Coucher à 'J h. 15. Bonne nuit.
Vendredi 4 septembre. — Départ 4 heures matin. Retards causés par émigrants et coincement dans tournants difficiles de Condé-sur-Marnc. Je coupe la roule, suivie avec le 89», pour aller de Mareuil au camp. Le 68» forme arricre-garde, risque d'être accroché, mais s'en tire grâce au brouiHard (départ du colonel Génot, fatigué). A 8 heures, dégagé à Jalons, grande chaleur ; à Champigneul à 10 h. 30 ; halte à la Tour près Poucancy, puis à Rennevilie à midi ; arrivée a Voipreux à 2 heures. Déjeuner. Village vide, voitures d'émigrants pleines d'enfants et de femmes. Image de la désolation et de notre impuissance. Une attaque de nuit a été repoussée aux Petites-Loges, à 3 h. 30, par la 9» compagnie : 3 tués, 12 blessés et le commandant de la compagnie. On a fait 4 prisonniers et rapporté une vingtaine de casques. On m'en offre un.
Samedi 5 septembre. — Départ 2 h. 4."j par Bergères-les-Vertus, Ecury et Fère-Champenoise, pour Œuvy. Temps frais et couvert jusqu'à H heures, puis soleil et chaud. A Fére-Chainpenoise, contreordre : au lieu de prendre offensive demain, on va faire plastron au Mont-Toulon. Hésitation et retard au C. A. Déjeuner à 2 h. 30. Mouvement délicat. Demain, on devait reprendre offensive, seulement derrière l'Aube, efon la prend avant. Pourquoi ?... Nous sommes ici au-dessous de la ligne Paris-Chàlons. Alors les Allemands ne doivent pas être loin
1. Le général coiiimandaat la 52' D. R., remplacé par un de ses brigadiers : Balteeti.
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de la capitale ! Cantonnement excellent à Fèro- Ghampcnoise : inquiétude jusqu'à minuit sur 133». Etat-Major ii Vort-la-Gravellc : coucher, à cette heure là (minuit), el réveil ix 3 h. ;J0 du matin.
Dimanche 0 septembre. — Départ ii 4 h. 30, en auto, à Bannes, à Aulnizeux, la Chapelle'; tir sur Corniont : obus nous ramènent à Bannes. A 9 heures, prôls k l'offe'nsivc sur Champaubert. Mais aucun ordre. Armée allemande se renforce : 135» cède à 10 heures. Alors, ordre reprendre Mont- Toulon h 10 h. 45. Envoi du TT». Pris d'écharpê, 11 h. 45, s'arrête Coizard. Mon poste, vers lîJû (arbre), pris dans salves shrapnells, obus, explosifs de lOo. De H h. 15 h 12 heures, avec artillerie : on s'en tire sans perles. Mais quelle émotion ! Quelle fatigue ! Le 135» dépasse Bannes. Impossible de 1 arrêter : nous restons seuls avec artillerie. Arrêt aux Meules : un cheval tué. Je vais aux bois, personne : j'obtiens soutien de 52» division de réserve (58» bataillon chasseurs) qui vient bien à contrecœur!!! Nous revenons dans vallon sud de Bannes de 2 h. 30 à D h. 30. Plateau toujours arrosé projectiles direction Bannes, Broussy, à 6 h. 45 aux bois... d'où débouche la 33» brigade qui va occuper 154, Bannes, Champ-de-Bataille, Petite- Ferme. Tout se passe bien. A v) h. 30, h la ferme Nozet *, diner rapide ; couché dans un grenier : réveillé à 1 h. 30 matin.
1. « l^a Cliapelle, f. coimmhiih" ilAuliiizoux »; •< Cormont, inonUjjnc boisée, comnninu fie Vurlus « (Auguste Longnon ; Dictionnaire topographiijue du département de la Marne).
2. Ou No/.ay, « f. comniunp tic Coniianlro » (Loiiguou, ibid.) au pied du MuDl-Aoûl.