LE CARNET DU GÉNÉRAI, AIOUSSY
Lundi 7 septembre. — Couché à Ecury, réveillé tous cl 3 heures cl 3 h. 30. Départ 4 heures. Tout va bien. Ordre de tenir. A 8 h. 30 café nous réconforte. Action du M* C. A, ~(21» division, Radiguet) qui cherche à reprendre Morains. El, au Nord, c'est la grande bataille d'où dépend le sort du pays. Relativement tranquille jusqu'à 16 heures. Alors je monte une reconnaissance sur Aulnizeux. Le commandant Jette va l'organiser vers 13 heures. A 1(3 heures, les Allemands reprennent violente canonnade sur Bannes jusqu'à 18 heures. Puis nous [dirigeons à notre tour canonnade] sur Morains jusciu'à 6 h. 30. A 19 heures, nous arrive la nouvelle de l'occupation d'Aulnizeux, apportée par le sous-lieutenant du génie Boucher ; combinée pour 2 h. 30, elle fut faite et arrêtée à 4 h. 30, reprise à 6 h. 30, conduite par le commandant Jette qui fut blessé, ainsi que le capitaine Romet. La canonnade et cette attaque coûtent 120 hommes au 90°.' Le commandant Jette, entraîné par son ardeur, a dépassé mes instructions et me laisse sans chef d'étatmajor.
Mardi 8 septembre. — Au poste de commandement à 4 h. 30. Le commandant Jette a disparu. Blessé ■? Mort ?... Attaque à revers de Grosse et Petite-Ferme; fusillade, canonnade, fuite des 291», 293", 65», de ma cavalerie qui reflue en désordre dans mon artillerie. Recul à 7 h. 30. Suis à 9 heures dans les bois, ligne Monts-Août-P uiis (combinaison du général commandant corps d'armée, une trouvaille ! ! !) Je reprends le commandement du secteur nord, face à Oyes. A 11 h. 30 je reprends la 17° division (crevant !!). Attaque monstre à 1.5 heures.
avec b2« division de réserve sur Fère-Champenoise, que le 11° corps a lâché de 4 kilomètres sud. Q. G, à Ferme Nozet. Il pleut. La marche réussit, violente canonnade à proximité de mon poste. A 6 h. 30, installation Nozet et dîner sous le canon. Je reçois note suivante : « o heures du soir, général Dubois commandant 9* corps au général commandant 17° division (Moussy). — Le général commandant 17» division a commis une erreur grave en laissant partir son chef d'élat-major avec une petite fraction chargée d'une reconnaissance et de l'occupation d'un village. Le chef d'état-major doit rester au cours du combat avec son chef, et ce sont les officiers subalternes qui doivent être employés aux liaisons avec les unités subordonnées. » — Explication du général Moussy : « Je lui avais donné une heure pour organiser cette attaque. Parti à 13 heures; il nest revenu qu'à 19 h. 30, malgré mon ordre formel, porté par le sous-lieutenant Boucher, du génie, qu'il avait gardé avec lui et qui était venu à ce moment me rendre compte qu'Aulnizeuxétaitpris». C'est risqué, mais tant pis. Nuit sur la paille. Vu le sous-lieutenant Ravaux, ancien du 89«, réserviste :245''. Ce régiment est commandé par Lévy, qui fut relevé le lendemain.
Mercredi S septembre, — Couvert : la pluie n'a pas duré. Lever 3 h. 30. Retraite probable de l'ennemi. Allons-nous en avant'? Eh bien, non! Le 11» [corps] a cédé, ainsi que 59» D. R. et. sous une offensive violente, prise à 8 heures par les Allemands, tout recule. On occupait : 1° d'abord la ligne Mont- AoCit-Puits ; 2o Mont-Août Sainte-Sophie, où l'on tient à peine (9ûe), 10 h. 30 à 11 h. 30; 3« 134, Mont-Chal-