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Mon rapport sur la bataille de la Marne

t. En suivant not soldats de l'Ouest. Oberlhur, Rennes.

croire à la guerre, car on n'entend pas un coup de canon, pas un coup de fusil. » Et c'est ainsi qu'on atteignit la ville du sacre.

Était-ce la « base » cherchée par Jofîre? Les noninitiés le croyaient. Ce vaste camp retranché, avec ses forts détachés de Fresnes, deWitry,de Béru,de Nogent-l'Abbesse, de la Pompelle, de Saint-Thierry, surtout de Brimont, paraissait imprenable. Ils bastionnent la ville comme autant de gigantesques brise-lames : bétonnés, cuirassés, garnis de pièces lourdes, ils pouvaient apporter l'appui le plus efficace à l'armée qui se déploierait autour d'eux; même si celle-ci continuait son mouvement de repli, ils avaient encore un rùle utile à jouer, comme Liège, Namur et Maubeuge, en obligeant l'ennemi à les masquer par d'assez gros détachements, ce qui diminuerait d'autant ses disponibilités au jour de la bataille. Le 1" septembre, dès son arrivée à Geray-les-Reims, le commandant du 9» corps tentait de se mettre en rapport avec le gouverneur de la place. Mais déjà cet officier général et son état-major avaient été dirigés sur l'arrière et il ne restait à son poste que le commandant de l'artillerie du front Est, lequel n'avait pas d'ordres. Ce silence des forts, l'écoulement de nos troupes, les raidsdes uhlans, letravail souterrain desespions, qui n'étaient nulle part aussi nombreux et aussi remuants qu'à Reims, avaient jeté l'alarme dans la région dont toutes les routes s'encombraient de fuyards. Et, dans l'après-midi du 2, au milieu de ce « tohu-bohu », on avait la surprise de voir deux autos allemandes pénétrer dans la ville avec des parlementaires.

« Ce sont les généraux von Arnim etvonKummer,

lit-on dans le carnet de route d'un officier supérieur de la 42« division ', qui viennent demander à la ville une indemnité de guerre de deux millions pour lui éviter le bombardement. Une femme du peuple giffle un des généraux qu'on fait rentrer dans la mairie. Mais pourquoi ces parlementaires ont-ils des armes dans leurs voitures, n'ont-ils pas les yeux bandés et ne se sont-ils pas arrêtés aux avant-postes ? Je ne sais ce qu'iladvintd'eux,maisMargot[colonel du 94»R.l. de la 42» D.] envoya ses hommes en tenue très propre pour crâner devant les Boches. Le général commandant à Reims ayant refusé de les recevoir, on envoya un colonel d'artillerie fort piteux s'entretenir avec eux, tandis que ces généraux marquaient fort bien... »

La veille, assez tard dans la soirée, ordre était venu du Grand Quartier de désarmer les forts, « en emmenant tous les canons mobiles et en mettant hors de service ceux sur plate-forme ». Cet ordre devait être exécuté le 2 au matin. Il y eut ce jour-là, nous l'avons dit, une espèce de trêve qui s'étendit à presque toute l'aile gauche de l'armée française : l'ennemi, qui connaissait peut-être les intentions premières de Joffre, mais qui ne savait pas qu'il s'était ravisé, s'imaginait-il que nous allions passer à l'attaque et se tenait-il prudemment sur l'expectative'? On l'a supposé, mais le rapport de Biilow, si sec et si linéaire d'ailleurs, ne laisse rien voir de semblable ; il y est même question d'une brigade française que «le X« C. R., appuyé par le 1" C. C, dispersa » et qui devait avoir une vertu de résistance peu commune pour qu'une si petite unité ait exigé

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