‹ La marquise de Barol, sa vie et ses œuvresChapitre 30 sur 32 · LES ECOLES · texte numérisé non relu

LES ECOLES

C'est une opinion généralement répandue parmi les adversaires de l'Église catholique, qu'elle est l'ennemie de l'instruction et qu'elle base sa domination sur l'ignorance. Le peuple lui-même, qui envoie ses enfants aux écoles qu'elle a fondées, répète comme un axiome cette calomnie. Cependant, sans aller chercher, dans le passé, les couvents où, pendant les ténèbres du moyen âge, s'étaient réfugiées les lettres et les sciences, et d'où elles sont sorties pour éclairer l'Europe et les universités qui, jusqu'à ces derniers temps, ont été des foyers do science et des sources de découvertes , il n'est pas aujourd'hui une congrégation , et presque une œuvre de charité importante, où l'instruction n'occupe une

place. Les ordres religieux associent presque tous l'enseignement du peuple au soin de ses maladies et au soulagement de ses misères; la plupart sont à la fois hospitaliers et instituteurs. Quelques-uns, comme les frères du bienheureux de la Salle, se vouent entièrement aux écoles du peuple , et n'ont d'autre but que son instruction.

Les écoles les plus nombreuses sont aux mains des frères et des sœurs ; les classes d'adultes , qui arrivent en ce moment jusqu'aux hameaux les plus abandonnés , et dont le gouvernement et le pays sont fiers comme d'une magnifique conquête sur l'ignorance, ont été fondées par les frères après 1830, et c'est dans une maison dirigée par eux et soutenue par la charité, qu'a été inaugurée la première des écoles professionnelles pratiques, qu'une loi vient d'adopter pour toute la France.

Les catholiques ont fondé les patronages, imités par d'autres, qui luttent contre toutes les difficultés de l'apprentissage, et travaillent efficacement à corriger les abus si énergiquement signalés par les plaintes des ouvriers.

Dans les régions plus hautes de la science, par-

lout OÙ les défiances politiques et les préventions générales ne leur interdisent pas d'entrer, les jésuites signalent leur arrivée par l'érection de collèges , et ri'pondcnt au reproche de l'insuffisance de leur enseignement, en obtenant pour leurs élèves les premières places aux écoles spéciales, comme ceux des frères ont les premiers prix dans les concours entre toutes les écoles de la ville de Paris. Pendant que, d'un côté, on accuse l'Église de son goût pour l'ignorance et de son désir de la perpétuer : de l'autre , elle effraie la concurrence et la prévention par l'habileté de ses professeurs , et on cherche à mettre une barrière à son succès dans l'enseignement. Des œuvres catholiques se proposent de fonder, de développer les bibliothèques populaires , et de faire parvenir des livres partout où il y a une école ou un presbytère pour les recevoir; les premiers cercles établis en France pour les ouvriers , où ils trouvent tout ce qui peut favoriser leur bien-être physique et intellectuel , ont été des œuvres de la charité chrétienne. Il est vrai que dans ces écoles , dans ces bibliothèques , dans ces cercles, comme dans les fondations de M'^''de Barol, l'esprit chrétien règne et inspire; l'Évangile est la loi, et Dieu est présent. L'instruction n'est pas

séparée de l'éducation , la science de la morale, et le développement de l'intelligence s'accorde avec le perfectionnement de l'àme.

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