II
ménages prirent la poste pour se rendre à Paris.
Faut-il écrire encore, ô lecteur, que ces deux charmantes familles menacent de ne pas devoir s'éteindre... Non , pour savoir conclure ainsi, il faut avoir la bonhomie impertinente de Marmontel ou de Berquin. Cela ne s'écrit plus , cela se dit.
J'aime mieux vous apprendre que, pour premier emploi de sa ronde fortune, maester Jack prit un abonnement aux grands et petits journaux de Paris , afin de se nourrir de feuilletons.
Ce régime épicé le mit bientôt à deux doigts de sa perte, et son médecin voulant lui administrer des calmants, lui ordonna la lecture exclusive de la Gazette des Tribunaux.
— Gomment, Monsieur, dit le pauvre homme, devenu blême et étique, vous trouvez que j'ai l'esprit meurtri par les feuilletons du jour, parce qu'ils ne contiennent que des romans à donner la jaunisse , tant ils sont noirs et scandaleux ! et vous m'ordonnez une
gazette de crimes... Vous êtes donc homœopathe?
— N'avez-vous jamais lu la Gazette des Tribunaux , répondit le docteur ?
— Je n'aime pas l'histoire contemporaine , dit Jack en faisant la grimace.
— Cette excellente feuille est , au temps où nous- vivons, le moins horrible des journaux à romans. Je tiens à mon ordonnance.
Jack obéit et fit bien , car il jouit d'une santé superbe , et s'est désabonné aux grandes fabriques de roman-feuilleton.
On rencontre tous les jours, entre neuf et dix heures du matin . ce digne Anglais, dans l'allée des Feuillants, aux Tuileries. On le reconnaîtra, de loin , à la Gazette des Tribunaux qu'il tient déployée dans ses mains. Il suit , depuis un mois , les débats de la cour d'assises de Chambéry, appelée à juger l'assassin Mathieu, ex-régisseur de madame la marquise de Candeuil.
A l'heure qu'il est, nous pouvons apprendre à nos amis que Mathieu, condamné à élre
pendu (car on pend en Savoie), a cessé de ne !
Bonne journée pour nionsieur Texécuteur!
vivre!