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La marquise de Clérol William De La Rive

L’an passé, me trouvant à Carlsbad, j’y rencontrai le baron de Bley, connu dans toute l’Europe pour sa mémoire extraordinaire. Il me conta le récit qu’avec son autorisation j’entreprends aujourd’hui de transcrire. Je sens que ce récit serait fort incomplet, si M. Cabonat, curé à Varanne-le- Bourg, qui, depuis plusieurs années, s’occupe d’écrire une histoire de l’illustre maison de Varanne, ne mettait à ma disposition ses souvenirs, ses documents et ses manuscrits. Quand il a eu connaissance de mon projet, M. Cabonat m’a pressé de m’installer chez lui.

— Comme cela, m’a-t-il dit, vous connaîtrez le pays dont vous voulez parler. Ensuite l’àge est venu. Je me souviens lentement, et, peu à peu, je vous dirai beaucoup de

choses qui vous seront utiles. D'ailleurs, a-t-il ajouté, je ne saurais permettre la publication de toutes les pièces que je vous confie. Vous aurez, en particulier, à faire un choix parmi les lettres que j’ai achetées de l’abbé Bousquet, et je désire contrôler ce choix.

Voilà comment il se fait qu’en ce moment je suis assis dans le vieux fauteuil du lion curé, et que l’hirondelle qui décrit ses cercles rapides devant ma fenêtre, a peut-être sa nichée appendue à quelque solive du château de Varanne.

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