‹ La marquise de CourcellesChapitre 9 sur 15 · IV. s · texte numérisé non relu

IV. s

jIZU là marqdise

— Oui, par celle poterne.

— A l'inslant même ii faut nous cmi doiiuer la clé.

— Non, c'est impossible !...

— Tu la donneras, te dis-je, ou je lâche le coup.

— J'obéis, murmura le ministre, d'une vois suffoquée de terreur.

Il lendit la clé à Morcerf.

~- Bien. Deux mots encore, et fuis en surle

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de ne pas nous tromper, car nous allons le lier solideaieuL les membres et te couvrir la bouche d'un bâillon. Si tes renseignements sont taux, à notre retour lu mourras : voilà qui est convenu. Où l'attend la marquise?

— Dans sou boudoir. ^

— Quel chemin [)rouds-lu pour y arriver? sois bref, je connais Thôlei.

— Au bout de l'aventie de tilleuls, de l'autre côté du parterre, est la porte d'un escalier dérobé...

— Qui nièuc au boudoir de la dame. ^J'u as aussi lu clé de C2lle porte?

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— Elle est ouverte.

— Cela suffit^

Sur un signe du vicomte, M. de Louvois fui en un clin d'œil terrassé et lié par huit bras robustes. On le laissa étendu dans le fossé, après ravoir rais dans l'impossibilité de faire un mouvement et de pousser un cri.

Morcerf ouvrit la poterne.

Ses compagnons entrèrent à sa suite dans le jardin de l'hôtel de Lenoncourt, où ils marchèrent à pas lents, avec précaution pour gagner l'escalier secret

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Revenue du bal et rentrée chezelle, Sidonia passait avec l'aide de sa femme de chambre un galant déshabillé, qui laissait à ses formes exquises toute leur souplesse et toute leur grâce.

Madame de Courcelles était souriante, heureuse, enivrée.

Ces fêtes royales auxquelles on l'invite chaque jour, ce tourbillon du plaisir où l'entraîne sa folle nature, cet hommage universel que sa coquetterie absorbe avec délice, tout se réunit pour lui ôter jusqu'au souvenir. C'est bien là Cette cour qu'elle a rêvée, que son ima ginalion de jeune fille lui montrait sous les

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voûtes silencieuses du cloitrel Elle y lient enfin le premier rang, Louis XIV a pour elle des prévenances charmantes, elle est devenue l'amie de madame Henriette. Glorieux de son amour, le ministre l'impose partout comme une reine. Chacun lui prodigue des marques de considération qui exaltent son orgueil et ne permettent même pa^ au reMords de se glisser dans son âme, pour lui dire à quul prix elle achète cet enivrement, ces adorations, ces splendeurs.

Une fois sa toilette achevée, la marquise regarda la pendule, vit qu'il était pns de rai- Diiit, congédia Rosine et resta seule, à demi couchée sur les soyeux coussins d'une ottomane.

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Du bruit se fit ententire du côté de l'escalier.

Ménars entra, \e masque sur le visage. Ses compagnons ne jugeaient pas à propos de se montrer encore. La jeune femme leva la tête et lui envoya son plus doux sourire.

— Pourquoi donc avoir gardé votre masque, monseigneur? dit-elle en lui présentant sa main blanche; la nuit est fort obscure, vous ne couriez aucun risque d'être reconnu.

Celui qu'elle accueillait si gracieusement la repoussa par un geste bi'itai et dit :

— Vous attendiez M. de Louvois, marquise? Il [n'a cédé la placp pour re soir.

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