ACTE II, SCÈNE m
CLARASSE.
. Vous mentez^ Bel enfant. Esi-ce ainsi que vous me receliez naguère ! Âhl perfide Eugénie, avez-vous donc oublié lues protestations et mes serments ? (// continue c^fairç sa toilette. ) Donne-moi un coup de vergeite, N'avez-vous pas craint de porter le désespoir et la niort dans un cœur sensible et enflammé ! dans un cœur qui ne bat quepour vous ? Lisette > tu lui repéteras cela mot pour mot y en-r ^ends-tu. Si tu ne l'as pas appris, je m'en vais te le j^edire : O perfide Eugénie ! avez-vous oublié. . .
LISETTE
Monsieur, j'ai bien entendu.
Ce serait biei^ le caç dp Vjerser des larmes , mais depuis .quelque tems ma sensibilité est toute interne.
LISETTE, à jart.
Je tremble que Florville n'arrive.
CLARASSE.
Va donc lui répéter les accens de ma douleur.
(Il chante.) LISETTE.
Je vous assure , Moi^sieur , que madame la Marquise .est sortie.
CLARASSE.
En ce cas, je l'attends ici. {Il s' assied et prend un lit^re.) Eh bien ! tu es encore là ? va I ne t'inquiète pas de moi , je vais m'amuser , dans ce fauteuil , à pleurer son absence.
LISETTE , à part.
On ne pourra pas s'en débarrasser ; où en serait notre réputation si l'on savait qu'un pareil ^ujet est entré dans la piaison.
28 LA MARQUISE PE MONTAtLE.
CLARASSE.
Tu te consultes pour savoir ^ Madame y sçra ou 9'y sera pas.
LISETTE
Je vais m'en informer.
CLARASSE.
h la bonne heure.
LISETTE , à pan.
Je croîs entendre Frontîn ; quelle contrariété !
CLAKASSE.
Mais va donc.
(Licette parait emfaarrauëc.) LISETTE.
Ecoutez, M. le Chevalier, il vient à tout moment du monde dans cette salle, et Madame a tant déménagemens à garder. ...
CLARASSE.
C'est une fille précieuse que Lisette; comme eUe est soigneuse de l'honneur de sa maîtresse! elle n'en ferait pas plus pour le sien*
LISETTE
M. le Chevalier, allez £iire un tour dans le jardin.. • je vais avertir Madame ^ je you9 préviendrai quand elle sera visible.
CLAMASSE, lipart.
On attend quelqu'un. {Haut.y YoîXk un accommodeineut très^acceplablp. Tu vois qu avec des procédés , on fait de moi tout ce qu'gu veut , et que je sais aller me promener lorsqu'on m'y eiivoie ppliment. Cruelles personnes! ne me laissez pas tout-à-^fait évnporçr eu soupir^; regarde ^ Lisette , je suis déjà réduit à riçu.
f II ya dam le jardin. )