ACTE II, SCÈNE XI
Le fait est que M. de Clarasse, sous prétexte..-
FLORTILLE.
Noii) je neveux rien entendre; Eugénie doit-elle se justifier?
Laissez-moi donc parler; M. de Clarasse, sous prétexte de me remettre une lettre d'une Comtesse de province que je connais fort peu y s'est Ëiit annoncer sous un nom supposé, et il est ainsi parvenu jusqu'à moi.
FLORVILLE
S'introduire sous un faux nom ! L'insolent! je saurai. •.
Gardez- vous, Chevalier, de donner des suites à cette incartade.
FLORVIELE.
Non , il faut qu'il soit puni de son impertinence.
Chevalier , voudrîez-vous donc me compromettre et d'une visite insignifiante faire une afFaire scandaleuse ? je n'avais jamais vu M. deClarasse, je ne connaissais que sa réputation ^ je ne sais ce qui a pu lui inspirer le désir de venir chez moi... Il s'est d'ailleurs comporté fort décemment; je n'ai rien à lui reprocher que sa visite. Je V^i signalé à mes gens , il tenterait vainement désormais de pénétrer dans l'hôtel.
FLORVILLE
Vous le voulez , cette affaire en restera là , si toutefois M. de Clarasse, dont le talent pour perdre les femmes est connu, ne se permet pas de propos. Mais que pourrait-il contre vous?
48 L\ MARQUISE Bt MONTALLË.
Rien !... j'ose au moins Pespérer. Je n'ai pu aller à Fhos^ pice de la Charité, ainsi que je vous Pavais fait dire. La pauvre veuve ckez laquelle j'étais, s'est trouvée si malade... j'ai pensé,que Igrsque vous sauriez le motif de mon. manque de parole. . .
FLORVILLB.
Eugénie, dois-je vous reprocher une bonne action? il me reste à moi un acte de justice à iaîf e, c'est de chasser ce misérable qui , par mille propos. . •
Contre qui?...
FLORVILLE
Contre vous, Eugénie.
Ah ! Frontin , ne vousai-je pas toujours montré de Pin-
tel et?
PRONTÏN , à pan. . ,. .
O femelle maudite !
FLORVILLE
Sors, malheureux ! ingrat ! Sors , et ne t'offre, jamais à mes yeux !
Non, cher Florville , vous allez lui pardonner; c-cst vitie
grâce que je vous demande.
FLORVILLE
11 est trop coupable.
Frontin , demandez pardon à votre maître.
FRONTIN
Monsieur, pardon, {à pari) J'enrage !
FLORVILLE
Vous ne le méritez pas ; tombez aux genoux de celte femme divine et remerciez-la.
AGt£ Il , SCÂNB Xn. 49
FRONTIN
Madame j recevez mes remerciemens et le vœu que je forme... {à part,) Que le diable t'emporte!
Cest assez, Ffontîn. Mon cher FlorvîUe, je suis obligée de vous renvoyer ^ vous comptiez diner avec moi y peut-être, mais je dine en ville. Adieu donc, mon ami.
FLOaviLLE.
Hélas ! ne tous reverraî-je plus aujourd'hui ?
Ne paraissez done pas triste comme cela. Méchant I vous
me fendez le cœur.
FLORVILLE
Je ne vous ai pas vite une demi-heure danâ la journée , et vous voulez que je sois gai !
LA MARQtrrSE.
Cher Chevatiefr, il faut s'imposer quelquefois des pri« v4iiîonfly il est des devoirs à r^dplir. Croyez qpi'ii ne B^en Oo&te pa» moins qu'à y ou». aditfiDk! Adieu?
( La Marqube semble craindre de ne |>ottr«Lr résister au sentimen^ qu'elle éprouve j eUe se retire arec précipitation tn ayant l'air de faire un effort sur elle-même. )