SCÈNE IL
LA MARQUISE, Mad. DE FLORVILLE.
Quelle heureuse circonstance me procure l'honneur de voizs recevoir chez moi y Madame ? je mettrai ce jour au nombre de mes jours fortunés.
Mad. DE FLORVILLE.
Depuis long-tems, Madame, je désirais avoir l'honneur de saluer une personne qui jouit d'une réputation touti la fois belle et méritée.
AGt£ lil, SCÈNE II. 5l
Âh! Madame^ un (Compliment si flatteur me trouble , in'embarrasse*
Mad. DEFLOaVILLE. '
Cependant, Madame, ce motif n'est pas le seul qui m'amène. C'est un service , oui, Madame, un bien grand service qu'une mère tendre vient vous demander.
Parlez , Madame , il n'eài rien au monde que je ne fasse pour Vous être agréable j Màd. de Florville peut disposer entièrement de moi.
Mad. DE FLORVILLE.
JPai un fils. Madame, un fils unique et chéri, ce fils vous est connu.
LAMARQUfôE.
l'ai eul'avtintâge de recevoir quelquefois M. lé Chevalier.
Mad. DE FLQRVILLE.
Mon fils vous aime ; qui ne vous aimerait pas I Heureuse
la mère qui vous aura pour sa fille !
Madame, ces mots, dans votre bouche^ ont bien du
prix pour mon cœur.
liad. DB FLORTILLE.
Je les répète. Madame , heureuse la mère qui vous aura pour sa fille. Mon fils s'est flatté que vous lui aviez donné l'espoir d'ôbtetdr votre main.
M. le Chevalier est bien fait pour être aimé ; mais contracter un nouvel engagement! Ah! Madame, qu'une jeune veuve doit bien réfléchir auparavant.
Mad. DE FLORVILLE.
Vous seconderez , Madame , vous seconderez ^ je le
Sa LA MARQUISE DE AtOHTALLË.
VOIS , les eflorts d'une mère. Mon fils vous aime, il ne veut aimer que vous ; jugez de ma confiance dans rélévalion' de votre âme , dans vos vertus y puisque je viens vous prier de le déterminer à en épouser une autre.
Ah! Madame, qu'exige?:-vous de moi?
Mad. PE FLORYILLE.
Un service bien important : Funion de mon fils avec 14ad. deMoutalle aurait comblé tous mes vœuxj mais je ne dois pas lui cacher que le Chevalier est depuis longtcms destiné a Mlle, de Rosange , sa cousine , et qu habituée dès son enfance à le regarder comme son fixtur époux, elle l'aime avec idolâtrie.
Et M. le ci^evalier n'est; san§ doute pas ii^i^ensibl^. . . .
Mad. DE FLORVILLE.
Il Vairoait avant de vous connaître , Madame ; aujourd'hui mes prières, celles de sa famille , le désespoir, de la îeune personne, ne peuvent le décider à un hymen qui , en lui donnant une grande fortune, doit terminer un procès ruineux 5 cette dernière considération me Ëiites-pérer cme vous joindrez nos efforts aux miens pour le ramener à sa cousine : que ne doit-on pas attendre de la vertueuse Madame de Montalle?
Je dois l'avouer , Madame votre fils avait fait sur mon cœur une impression profonde , je Paime ; je ne rougis pa de le dire.rauraîs mis mon bonheur à lui consacrer ma vie.
Mad. DE FLORVILLE.
Vous me déchirez, (à part.) Qu'elle est intéressante! ah ! sans ce malheureux procès.