SCÈNE III
LISETTE, FRONTIN
LISETTE
Ma maîtresse a accepté le billet.
FRONTIN
Que dit il donc h ta maîtresse, ^ns cette grande
lettre qu'il lui écrit tous les jours ? U la cachette si bien
que je n'y ai jamais pu lire que des hélas ! dès ô ! et
des ah ! U n'y a peut-être que cela , c'est Péloquence du cœur.
LISflTTE.
Misérable ! abuser de la confiance de ton maître , quelle immoralité !
Je voulais me perfectionner dans l'étude du sentiment, c'est une si belle chose ! Cependant, il est tems que tout cela finisse. Dis à ta maîtresse , de ma pari , que je la prie d'épouser mon maître le plutôt possible ; il est in!» convenant de rester veuve avec sa figure et sa fortune , et je suis las de courir les rues.
LISETTE
Tu peux lui donner toi-même ce conseil , moi, Je ne me mêle pas de pareilles affaires.
FRONTIN
Je croirais asseac que tu nous es contraire.
LISETTE
Vraiment ?
FRONTIN
11 y a un certain comte d'Oldemback, un seigneur allemand , qu'on dit fort riche , qui vient depuis quelque tems dans la maison.
LISETTE
11 est venu une fois ou deux en visite.
FRONTIN
Ta maîtresse passe pour être fort a son aite. La fortune de M. de Florville , quoiqu'honnête , n'approche pas de celle de son rival, et je crains fort que la richesse du Comte ne l'emporte sur les beaux yeux du Cheva- Ker.