ACTE ï", SCENE m
L^întèrêt n'a jamais guidé ma maîtresse j si ton maître lui convient^ elle Pépousera , ri'eût-îl rien au monde.
FRONTIN
Voilà de bien beaux sentimens.
LISETTE
Je me suis aperçue plusieurs fois que tu essayais de dénigrer ses actions, mais sa réputation est établie. Faire le bien y c'est son seul plaisir. Si tu connaissais comme moi cette belle âme , tu en parlerais avec plus de respect.
FRONTIN
Une soubrette qui dit du bien de sa maîtresse, quel prodige ! Je sais que tout Paris retentit des vertus, de la bienfaisance, de la ^iété de madame la Marquise. Dieu me préserve de n'être pas de l'avis de tout le monde ! .
LISETTE
Oui, de tout le monde.
FRONTIN
Ah ! qu'il me tarde d'être installé chez vous, c'est le séjour des justes^ qu'on doit y être bien ! Mais ma béatitude serait plus. grande encore si vous vouliez, divine personne, abaisser un peu vos regards sur les choses de ce monde.
LISETTE
Je suis comme ma maîtresse, l'intérêt n'est pour rien dans mes actions.
FRONTIN
Vous ne pouvez mieux le prouver, aimable objet, qu'en faisant choix de votre serviteur j on verra que ma personne seule vous a charmée ; cela prouvera votre désintéressement et votre bon goût, et nous fera honneur à^^ous deux.
8 liA MARQUISE DE MONT ALLE.
LISETTE
Tu es trop mauTais sujet pour me plaire,
FRONTIN
Mauvais sujet! est-ce ainsi qu'on encourage la vertu ? Depuis que nous vous aimons ^ mon maître et moi y nous imitons en tous points ta maitresse , nous visitons les hospices^ nous quêtpns, nous sommes de toutes les sociétés charitables, philantropiques et maternelles ; nous distribuons je ne sais combien de soupes économiques. Si des procédés si chrétiens ne réussissent pas, je me fais Turc h la St.- Michel prochaine,
LISETTE
.Ce n'est que par une telle conduite , que monsieur le Chevalier peut plaire à Madame... Mais il tarde biçn à paraître aujourd'hui.
FRONTIN
Je suis certain qu'il n'est pas loin. Il sait quetamal^ tresse n'aime pas qu'on change l'heure de ses visites,
LISETTE
Elle s'est imposée tant de devoirs.