‹ La marquise de Montalle: comédie en cinq actesChapitre 57 sur 106 · LA MARQUISE, FLORVILLE · texte numérisé non relu

LA MARQUISE, FLORVILLE

LA MARQUISE j avec vivacité.

Ah ! Chevalier, Chevalier ! il feut. avouer que votre ' jconduiie est inexcusable. Me compromettre à ce point aux yeux d'un homme que je connais à peine, d'un homme q«i voit tout Paris , et qui passe pour méchani. Que va-t-il penser ? que va-t-H dire ? Le Chevalier de Flor ville est tous les jours chez la marquise de Montalle, il lui Ëiit accepter ses présens > il boude parce qu'elle cause avec d'autres. Le chevalier de Florville est l'amant heureux de la marquise de Montalle, voilà ce qu'on va répéter demain dans vitigt salons! Et me^ regards et mon émotion qui me trahissaient... Malheureuse Eugénie ! je suis perdue !

FLOfiVILLE.

Cruelle ! vous m'avez trompé.

Ingrat! vous, pour qui je me perds, osez-vous bien

me soupçonner ! Chevalier, je vous aime, mds Tlnjus-

tice finît par révolter. Vous méconnaissez ce cœur que

vous déchirez, ou voustte savez pas l'apprécier; si vous

le connaissiez , écouteriez- vous d'injustes soppçons ?

FLORVILLE

P'injustes soupçons ! ah ! plût au ciel !

Mais de. quoi m'accusez-yous ? quel est mon orime ? Parlez !

FLORVILLE

Votre cœur ne vous reproche-t-il rien ?

Que ne pouvez- vous y lire ! le jour n^est pas plus pur. Hélas! quel. avenir me préparez-vous^ Chevalier ? Les circonstatices les plus naturelles, les démarches les plus innocentes sont regardées par vous comme des crimes ; votre âme jalouse et soupçonneuse ne voit partout que trahison. Je suis simple et sans détour, nos caractères difiFerent trop. Ce n'est point un appui, ce n'est pas un ami que je trouverais en vous, c'est un tyran. Dfeut renoncer l'un à l'autre j malheureuse Eugénie !

FLORVILLE

Renoncer l'un à l'autre ! • . Dieu !

Qu'est-ce qu'un amour qui n'est pas fondé sur l'estime, / Si vous m'estimiez, ingrat ! me réduiriez-vous à me justifier? Plein d'une douce confiance, ne diriez-vous pas: Eugénie m'aime puisqu'elle me le dît,

FLORVILLE

Eugénie m'aime ! , .

Et VOUS, si vous m'aimiez, seriez-vous le bourreau, d'un cœur dont le seul crime est d'être trop sensible ?

Eugénie !

Pourquoi voudrais-je vous tron^per ? quel serait mon dessein , mon but ?. . Si je ne vous aimais pas , qui m'o-

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