‹ La marquise de Montalle: comédie en cinq actesChapitre 58 sur 106 · ACTE III, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE X

bllgçrait k feindre 7 O le plus injuste ! ô le plus aveugle de tous les hommes ! crois-tu donc que ces larmes que fait couler ton ingratitude sont aussi une ruse^ un prestige ? . . infortunée !..

(Elle pleure.) FLORVILLE.

Pardonnez, pardonnez, Eugém*e.

Pardonner ! • . et dans un instant, peut-être, de nouteaux soupçons. . •

FLORVILLE

Non, non, je reconnais mon injustice. Eugénie! ne oyez pas inexorable.

«Ah! quel empire exercez- vous sur moi ! malgré vos afireux procédés , je ne puis refuser ce pardon; Florville, 4e méritez-vous ?

FLORVILLE

Peu suis indigne auUnt que vous êtes généreuse. Mais, dites-moi, dites-moi que tout est oublié !

LA MARQUISE, tendrement.

Oui , tout est oublié I

Mon amie , terminez mes tpurmens j marchons à l'autel .

Chevalier, le tems n'est pas encore venu ; ne parlons

pas de bonheur , mon cœur est si troublé Vous ne

connabsiez pas le comte d'Oldemback ?

FLORVILLE

J'en ai entendu parler.

Sa conversation est bien fatigante , j'ai été forcée, par

78 tk MARQUISE DE MONTÀLLE.

une circonstance assez singulière , de )e garder à diner , ëi j'ai manqué à une invitation que je m'étais j&it un devoir d'accepter.

FLORVILLE

Laissons cela, Eugénie, je vous en supplie; une seule de vos larmes suffit pour me persuader.

Eh bien ! n'en parlons plus. Ce Comte connaît tout lé inonde ^ je ne sais combien d'histoires il m'a racontées 9 il vient d^arriver quelque chose de bien fàcheax:à cette pauvre demoiselle de Rosange.

FLORVILLE

Mademoiselle de Rosange !

Une aventure horriblement scandaleuse. Quelles sont funestes les suites d'une mauvaise éducation ! C'est une jeune personne perdue.

FLORVILLE

Mademoiselle de Rosange ! Mais c'est llia parente. Qutf

lui est-il donc arrivé ?

Votre parente ! ah ! quelle imprudence !

FLORVILLE

Je vous en prie, ne me^cachez rien 5 cette afiairëmë Itouche plus que vous ne pensez.

Non, c'e^ déjà un tort d'en avoir parl^ , j'en siûs au désespoir.

FLORVILLE

Je vous en supplie, dites donc.

Non , je ne puis, j'en ai beaucoup trop dit, je nié reprocherais toute ma vie. . .

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