AVANT LE DÉCRET DU 20 MESSIDOR AN III I4 JUILLET IJQD
Extrait du proccs-verbal de la séance de la Convention du vendredi 2 S septembre ijqz
i"On lit une lettredu ministrede la Guerre Servanqui proposede célébrer l'heureux événement qui affranchit la Savoie, en faisant chanter à jour fixe dans la place de la Révolution VHymne des Marseillais.
2" Sur la proposition dun membre, qui convertit en motion la demande faite d'une fête par le ministre de la Guerre, la Convention nationale décrète que pour célébrer les succès qui ont suivi les armes françaises en Savoie, une fête sera célébrée dans toute la République ei que VHymne des Marseillais scva solennellement chanté dans la place de la Révoltuion( i).
LETTRE DU GENERAL SERVAN, MINISTIŒ DE LA GUERRE, AU GÉNÉRAL KELLERMANN, APRES LA BATAILLE DE VALMY
Extrait
Du 2 6 septembre lyg^.
J'ai reçu, général, vos dépèches du 24 de ce mois et je renvoie dans cette lettre les réponses que j'ai à vous faire sur différents sujets qui ne tiennent qu'indirectement au service :
I" La mode des reDe/^w est passée, il faut y substituer quelque chose de plus utile et de plus conforme à l'esprit public : je vous autorise donc, général, si vous croyez avoir besoin d'autorisation, à faire chanter solennellement, et avec la même pompe que vous auriez mise au Te Deiim, Lliimine des Marseillais que je joins icy à cet effet. Si le même jour quelque éloquent et chaud patriote veut se charger de prononcer quelque harangue énergique et digne de la cause et de ses défenseurs, bon encore.
{Archives historiques du Ministère de la guerre; registre de copies des minutes.)
(l) La fêle decrolcc eut lieu à l^aris, le I ( octobre ()2. selon le proç/iamine îtommaiiemciit indique ci-dessus. I/Assemblce nationale et la niunicipaTile y prirent part.
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RKPONSK DU gem:kal kellermann au ministre 1)k la guerre servan
Du quartier général de Dampierrc-sur- Aisne, le 2() septembre i/f)2, l'an I de la République. — A'" -/-/•
.lai reçu, monsieur, la lettre que vous m'avez fait l'honneur de mécrirc en date du 26 de ce mois, par laquelle vous m'accusez la réception d'une des dépèches du 2^. Je substituerai très volontiers au Te Deum V Hymne des Marseillais que j'ai trouvé joint à votre lettre et le ferai chanter solennellement avec la. même pompe que j'aurais mise au Te Deum. Je lâcherai de trouver un éloquent et chaud patriote pour prononcer quelques harani^ues ci\eri^iques et dignes de la cause et de ses défenseurs...
(Archives liistoriques du Ministère de la i>uerre.)
LE i>RINCE ROYAL DE PRUSSE ET LA MARSEILLAISE APRES VALMY
Le fascicule de novembre 1817 (n" 4()o) : Lettres autographes et ducnnients historiques, publié par l'érudit M. Noël Charavay, signale un intéressant manuscrit inédit du divisionnaire Jean-Baptiste Beaufort, alors adjudantmajor à l'armée de Dumouriez en septembre 1792, où l'on trouve des détails curieux concernant la Marseillaise. Pendant les pourparlers, préliminaires de la convention de retraite de l'armée prussienne, le prince royal de Prusse qui figurait dans l'état-major ennemi, entendant constamment les musiques des troupes françaises jouer la Marseillaise, pria l'officier accompagnant les parlementaires, le lieutenant Goste, de lui rapporter LA MUSIQUE de la Marseillaise. Geste, en revenant aux avant-postes ennemis avec les parlementaires, remit au prince la Marseillaise complète, la musique et \qs paroles. Le prince lui dit en riam : « Vous auriez pu garder les paroles pour vous! »
Le général Beaufort, né à Paris en 1761, engage volontaire à seize ans dans l'ancienne armée, avait rapidement mérité tons les grades d'officier et de général par ses énergiques services sur les champs de bataille du Nord et de la Vendée; son républicanisme lui valut aussi d'être appelé à Paris pour défendre la Gonvention en thermidor, en prairial, en vendémiaire. En i7()8 il était placé à la tète de la 4" division de l'armée d'Angleterre. Il ne rigure plus dans les cadres après le 18 brumaire; il s'était retiré à Gorbeil (Seineet-Oise), où il meurt en 1825.
Son manuscrit offre encore ce curieux trait relatif, celui-ci, aux opéralions après Valmy : « Virtgt-quatre heures avant la retraite des Prussiens, un capitaine du nom de Glause, appartenant à la légion commandée par Westermann, demanda une permission au général en chef pour aller à Ghâlons faire mettre un verre à sa montre. Le général Dumouriez lui répondit : <f Demain tu en feras mettre un à N'erdun; les Prussiens s'en vont celle nuit. »
340 i.A M A Ksi; I i.LA I sp;
OUDRK DU JOl R DV GI'.NllRAL DUMOURIEZ A L ARMEE J)K BELGIQUE
APRÈS LA j)i':faite de ses avant-postes
COMMANl)l';S PAR SON LIEUTENANT, LE GÉNÉRAL VALJCNCE, SUR LA ROËR, LE l" MARS 1/93
Mes biavcs camaiiules, mes amis, mes entants, vous venez, dessuyer lin échec, cl il semble que votre tiertc républicaine, que ce courage indomptable qui a fait mes succès soit diminué en ce moment. Ce revers est dû à votre négligence; qu il vous rende aussi sages et aussi prudents que je vous ai connus braves.' Vous êtes plus forts du double de vos ennemis qui vous ont fait quitter votre poste; ces ennemis sont les mômes que ceux que nous avons vaincus ensemble dans les plaines de la Champagne et de la Belgique. Rappele/.-vous que n'étant qu'une poignée de monde, nous avons bravé plus de quatre-vingt mille hommes dans les champs de Grandpré et de Sainte-Menehould. Les mêmes généraux vous guident encore; donnez-leur une entière confiance. Si l'ennemi veut passer la Meuse, serrez vos bataillons, baissez vos baïonnettes, entonne- l'Hvmne i>Es Marseillais et vous vaincrez. Trois places-fortes, hérissées d'une artillerie formidable, environnées d'une inondation inaccessible, Breda, Klundert, Gertruydenberg, viennent en huit jours de succomber sous les efforts de nos bataillons venus de France, qui n'avaient pas encore combattu. Jugez ce que vous devez faire, vous qui avez toujours triomphé! Je ne peux pas vous joindre d'ici à quelques jours; c'est pour me réunir à vous avec des vivres, des armes, de l'argent, des munitions et de nouveaux alliés que je me suis séparé pour peu de temps; mais mon œil veille sur vous, mes conseils guident vos généraux qui sont mes élèves et mes amis. Rougissez d'avoir pu manquer un moment de confiance et d'audace relevez vos fronts républicains; pensez à la vengeance et mourez libres ou soyez vainqueurs.
Je vous embrasse et vous aime tous comme un bon père aime ses enfants. 1
Le •^encrai en chef, Du MOU RIEZ.