OCTOBRE 1795 - JANVIER
Il est facile de comprendre Tobligation pour le Directoire, au lendemain de Vendémiaire, de prévenir ou de réprimer les tumultes que pouvait entraîner dans les théâtres, lievix quotidiens de réunions simultanées, le conflit extériorisé des opinions. C'est à quoi vise son arrêté du i8 nivôse an IV (8 janvier 1796) prescrivant au ministre de la Police de tenir la main à- ce que les directeurs et entrepreneurs de spectacles ne laissent ou ne fassent chanter sur la scène que <ics chants et airs iionimcnicnt ciésii^ncs, à /'exclusion de tels et même de tous autres. (^^. ci-après.)
Les troupes de la garnison se trouvaient, concurremment, avec les troupes de police., appelées à maintenir Tordre de jour et de nuit. C'est à litre de général en chef de Tarmée de Fintérieur et de commandant de la 17" division (1) et comme premier fonctionnaire parisien aux côtés du ministre de la Police, que Bonaparte doit intervenir. En exécution de Tarrété directorial du 18 nivôse, deux jours après, le 20 (10 janvier 1796), le futur général en chef de l'armée d'Italie adresse à son chef d'état-major un plan détaillé des mesures et dispositions à prendre : il n'aurait mis ni plus de détails ni plus de soins à dresser un ordre de manœuvres en véritable campagne. Nous donnons cette pièce après l'arrêté du Directoire : il est intéressant de voir Bonaparte veiller à l'exécution obligatoire et à l'audition paisible de la Marseillaise.