ALFRED DE MUSSET ET LA POLOGNE
Ce n'est pas seulement en 1841, en réponse à Téternelle insolence, aux ambitions démesurées de la presse allemande qu'Alfred de Musset parlait en grand pccto et en grand Français.
Dès i83i, quand Armand Carrel écrivait dans le National la série de ses tiers et politiques articles qui sont aujourd'hui d'une poignante actualité, sur la guerre d'indépendance soutenue par la Pologne contre le tsarisme, le poète de Naniouna saluait de son côté l'héroïque nation dans ces vers, restés longtemps inédits et lidèlement cités par son frère Paul de Musset, dans l'excellente biographie placée en tête de ses œuvres complètes. En 1847 Musset reviendra encore sur le martyre de la Pologne à propos de Gracovie.
A LA POLOGNE (l83'l'
.Jusqu'au jour, ô Pologne, où tu nous montreras Quelque désastre atfreux, comme ceux de la Grèce, Quelque Missolonghi d'une nouvelle espèce. Quoique tu puisses faire on ne te croira pas. Battez- vous et mourez, braves gens. — L'heure arrive. Battez-vous; la pitié de l'Europe est tardive; Il lui faut des levains qui ne soient point usés. Battez-vous et mourez, car nous sommes blasés.