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réplique : affranchis de l'Autriche, bientôt République batave, ils contresignent l'alliance avec la France dans des fêtes où la Marseillaise est saluée comme la nouvelle souveraine de fraternité et de liberté. Et que de plants d'arbres de la Liberté au sublime accompagnement!
Quoi des cohortes étrangères Feraient la loi dans nos foyers!
C'est en janvier 1798 au chant de la Marseillaise que le pays de Vaud se soulève contre l'oligarchie bernoise! Les lettrés et les vaillants de Lausanne se donnent aussi, à côté, un hymne national sur l'air & Allons^ enfants de la patrie... »
La vieille république aristocratique de Gènes ne tombe pas seulement sous le contre-coup des victoires italiennes de Bonaparte : le complot de Vitaliani, de-Morando, de Doria a éclaté; les conjurés, la foule à leur suite traversent la ville, marchant à l'assaut du palais ducal « poussant des clameurs terribles, des cris effrayants, chantant la Marseillaise... C'était un hymne dont l'air entraînant excita plus d'une fois les hommes de cette époque à des entreprises extraordinaires » écrit le bon historien piémontais Carlo Botta que le général Joubert fera un instant membre du gouvernement provisoire de son pays et qui voudra en i8o3 la réunion du Piémont à la France.
Des patriotes romains chantent la Marseillaise en pleine capitale papale et même de très bonne heure, dès gS : notre malheureux ministre^ Bassville, assassiné le i3 janvier par la populace romaine, a pris un- trop brave plaisir civique à écouter l'hymne français dans quelques bouches italiennes patriotes, à se parer dans les rues de la cocarde nationale.
Des patriotes toscans, à Florence, vont sous les fenêtres des ambassades de la coalition chanter le grand refrain ; et il n'est pas, au delà de l'Océan, jusqu'à nos colonies atlantiques, les Petites Antilles, la courageuse Tabago qui, à la veille de succomber et de passer, contrainte, sous un autre drapeau, ne lancent par la bouche de nos créoles et de nos noirs affranchis l'immortel écho de liberté au Nouveau-Monde.